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 Le risque double zéro n'existe pas. (Neil)

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MessageSujet: Le risque double zéro n'existe pas. (Neil)   Lun 10 Sep - 17:49

Les précautions toujours, pas de risques inutiles.

Malgré toutes les précautions que Locke avaient prises, rien n’avait fonctionné comme prévu cette nuit là. Il suffit d’une toute petite chose pour qu’un destin bascule. Quand on s’attaque à quelqu’un de puissant mieux vaut y réfléchir à deux fois. Le gout du défi, l’appât du gain, le tirage de ses dés l’avaient décidé à cambrioler un gros gros loup dans sa tanière. Pas le genre gentil bourgeois mais plus un escroc notable. Il avait compté le nombre de toits à franchir avant de pouvoir se rendre dans une de ses caches, le nombre de pas à l’obscurité et ceux à découvert, les habitudes des gens des gens du quartier, quand fermaient ils leur volet. Il s’était renseigné autant que possible sur les alentours de la tanière avant de se concentrer sur l’objectif principal. Nombre de personne entrant et sortant du bâtiment. L’homme était du genre précautionneux, bien protégé. Il faudrait faire preuve de ruse et d’habilité. Locke avait une grande estime de lui-même et puis quand on veut rentrer dans l’histoire il faut bien parfois prendre un risque calculé.

En face de la demeure, Locke avait solidement attaché une corde. Vérifié qu’elle tenait bien avant de traverser. Il suffit d’un rien qui est parfois beaucoup. L’use ou le poids du voleur et la corde avait lâché en plein milieu. Il aimait penser que c’était l’usure plutôt que son poids. Il n’avait pas vérifié la corde. Au moins ou il avait sentit la corde devenir lâche et se détendre, il s’était accroché de toutes ses forces sentant sa dernière heure arrivée. Chance, malchance il avait fracassé une fenêtre pour atterrir à l’intérieur de la maison de sa proie. Dans le genre entrée fracassante peu discrète on faisait pas mieux. Mais il était vivant, des contusions dues au choc mais vivant. C’était l’essentiel. Le bruit du verre brisé avait aussitôt alerté le maitre, un homme toujours ses gardes. IL n’avait pas mis dix ans à réagir et déjà ses sbires fonçaient dans la pièce ou se trouvait le voleur.

Fuir n’est pas lacheté. Il ne faisait pas le poids face à des hommes entrainés et équipés. Il s’était déjà relevé pour courir. L’un d’eux lança une cordelette très fine. Seul le réflexe de mettre sa main empêcha cette dernière de l’étrangler net et de cisailler sa gorge. Bordel de merde. Oui rien ne fonctionnait comme prévue, ni son entrée, ni sa fuite, fait comme un rat avec un type qui donnait l’ordre de le tuer. Charmant. Et il ne voyait guère comment s’en sortir. Sa main luttant pour empêcher la corde de se resserrer sur sa précieuse trachée d’une part, l’autre cherchant à sa taille son poignard. Défendre sa vie. La corde l’avait fait reculer jusqu’au propriétaire. Quand au deuxième il sortait déjà une lame pour l’embrocher.

Non Locke n’était pas mort ce soir là. Il existe des miracles dans la vie. Ou une bonne dose de chance. Tout c’était passé très vite. Désespéré il avait donné un coup de talon sur le pied de l’homme derrière lui le déséquilibrant une seconde, avant d’enfoncer son poignard au hasard derrière lui. Touché le rendant plus furieux. Mais cette petite liberté de mouvement avait permis que son cœur ne se fasse pas transpercer. Malgré tout il n’avait pu éviter la lame de l’adversaire. Il s’était déboité le bras, avait réussi à se dégager de la corde, des types et était tout bonnement…tombé par la fenêtre d’où il était rentré. Certaine personne sont faites pour vivre. Ses vêtements s’étaient accrochés sur des branches ralentissant sa chute et un buisson avait fait office de terrain d’atterrissage.

La douleur, forte, très forte. Oui vivant mais bien mal en point. Les autres allaient forcément descendre et même si il était à deux doigts de lacher prise, faut croire que sa volonté de vivre fut plus forte. Boitant, les doigts violets gonflés de la main droite, le bras disloqués, le côté droit saignant, heureusement l’avait encore sa main gauche pour appuyer sur la plaie. Fix aurait pu arranger ça…mais Fix était mort. Et il allait pas pouvoir aller bien loin avant d’être rattrapé. Les précautions toujours…oui…il se souvenait il y avait un médecin dans le quartier, juste là à côté. Il n’avait pas perdu son trousseau d’outil toujours à sa taille. Il s’était trainé à la porte, l’avait crocheté sans aucune délicatesse priant ne pas s’être trompé de porte. Que le docteur dorme ou pas…au moins cela lui laissait un refuge pendant quelques secondes. Le millième de seconde chanceuse, à l’instant même ou il avait refermé la porte derrière pour s’appuyer contre il avait senti l’ombre de ceux qui le recherchaient arriver. Rien ne s’était déroulé comme prévu mais il était encore vivant….pour l’instant. A deux doigts de défaillir et d’enfin s’évanouir après tant d’effort mais c’était un détail. Restait plus qu'a réveiller le doc ou l'attendre ou...bref le trouver et le choper.
MessageSujet: Re: Le risque double zéro n'existe pas. (Neil)   Ven 14 Sep - 16:59

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 « Neilouuuuuuuuuuu, Tu as oublié ma crème contre les hémorroïiiiiiiiides ! »
Une nouvelle fois le médecin soupira, plaçant une main théâtrale sur son front soigneusement enduit d'un masque hydratant – médecin certes, mais belle peau quand même, le teint ça s'entretient – et louant le ciel de lui avoir offert une mère si douce, si gentille, et avec des affections si formidables à soigner. Un fils ne pouvait rêver pareil géniteur. Tous les princes de la science l'avaient comblé.

De sa voix grave – que l'on aurait imaginé grêle et chevrotante mais non... mystère de l'univers – il rassura sa tendre môman qu'il allait de ce pas chercher le divin onguent, et descendit les escaliers avec précaution – ils étaient un peu dangereux tout de même, on pouvait glisser !

Son étrange chevelure – actuellement pleine de bigoudis et autres objets à usage disciplinaire – se prenaient dans les toiles d'araignée du plafond, faisant fuir au passage les malheureuse propriétaires de ces lieux désormais égarés. Il sifflota un peu en sautant la dernière marche et se dirigeait vers la pièce d'eau lorsqu'il entendit un bruit sur la porte d'entrée. Intrigué il ne bougea pas, tournant légèrement la tête vers la gauche en fixant l'abattement de bois soigneusement sculpté par ses soins – en forme de fioles, d'éprouvettes et de seringues.

L'objet céda la place à l'être le plus incongru et le plus mal en point qui lui eut été donné de voir – en réalité non, il avait vu bien pire dans sa moyenne carrière mais il aimait bien l'idée que chaque cas était toujours plus atteint que l'autre.
Il compris qu'un malappris entrait chez lui sans être invité, sans même demander la permission et en plus dans une tenue parfaitement négligée. Il poussa un bref cri horrifié, un cri étonnement aigu pour sa voix grave, et pointa l'être d'un doigt accusateur :
« Vous êtes en train de salir mon entrée !  »
Pas avec son sang bien sûr – le sang ne salissait jamais, il mettait en valeur – mais avec ses chaussures crottées !

N'ayant pas grand chose sous la main, il se baissa pour attraper l'un de ses chaussons fourré et le lança sur l'individu. Comme ça ne suffisait pas il lui vint à l'idée de s'emparer d'un de ses bigoudis de métal et de l'expédier à son tour dans la même direction que l'objet précédent :
« On ôte ses chausses avant d'entrer ! Votre mère ne vous a donc rien appris ?! »

L'éducation était probablement le cadet des soucis du pauvre blessé mais pour Neil c'était une toute autre affaire. Même à l'agonie rien n'empêchait d'être bien élevé !

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MessageSujet: Re: Le risque double zéro n'existe pas. (Neil)   Sam 22 Sep - 9:52

En voilà un qui était bien réveillé. Un peu trop à son gout. Locke était rentré sans aucune discrétion. Il avait bien du mal à penser mais le cri lui perça le tympan. Oui bonjour la discrétion. Mais plus que le cri et la vision du médecin chez qui il était rentré par effraction…il resta interdit face à l’allure de ce dernier. Mais ou il était tombé. Il avait du se tromper de porte. Folle et hystérique furent les deux mots qui lui vinrent à l’esprit. Les yeux fixés sur les cheveux il ne bougea. Pas tellement en état non plus de faire quoi que ce soit de plus. Il avait réussi par miracle à se trainer jusqu’ici mais son corps menaçait de le lacher sous peu. Il serra un peu les dents et ce con en criant risquait bien d’attirer ceux qui le cherchaient. Voilà une pensée qui était sensé parmi ce foutoir. Ça serait con de foutre en l’air un si beau miracle non ? Réussir à se relever, se trainer et se cacher juste pour au final être direct repris ? C’était avoir fait beaucoup d’effort pour rien.

« Fermez votre putain de gueule. »

La voix le surpris. SA voix le surpris. Grave, rocailleuse. Ce n’était pas sa voix habituelle. Ce n’était pas sa voix. Enfin si ses mots venaient assurément de sortir de sa bouche mais il n’en reconnaissait pas le son. Il avait l’impression que de prononcer juste ses quatre petits mots venaient de déchirer sa gorge. Sa trachée…oui bien sur elle avait été abimée. Est-ce qu’il y avait un endroit de son corps qui n’était pas abimé. Franchement c’était totalement surréaliste et l’autre qui lui balançait des chaussons, il se sentait pris d’une envie de rire complètement hystérique. Mais il était en train d’halluciner ? C’était bien ça ? Il avait de la fièvre à cause de toutes ces blessures. Ou c’était le premier passage vers l’enfer mais pour ça il faudrait être mort, or il ne l’était pas n’est ce pas ?

La douleur….elle s’estompait. Il ne sentait plus son bras. Oh…oh….mauvais signe. Le voleur baissa les yeux vers son bras droit et ses doigts violet. Il ne sentait plus rien de ce côté-là. Holly shit. Il était pas crédible un sous pour menacer l’autre fou mais quelle importance ? Non la question était…est ce qu’il était vraiment chez le médecin ou pas ? ça changeait un peu la donne selon que oui ou non. En parlant de sous…il devait avoir une pièce sur lui. Il lacha sa plaie de sa main gauche pour farfouiller sa poche, sortir la pièce et lui balancer pleine de sang poisseux bonjour. Médecin ou pas si ça pouvait le calmer, qu’il se taise, vienne le soigner ou le laisse crever. Qu’il euh…..que l’étrange bonhomme se calme, voilà qui devrait faire l’affaire.

Quand à lui il ne tenait plus debout et ses chaussons bigoudis ou autres rien à carre, il fallait juste qu’il se traine sur une chaise pour s’asseoir – s’écrouler – qu’il s’estime heureux qu’il ne vienne pas dégueulasser son canapé. Il essaya de bouger les doigts de sa main droite sans succès. Merde si il perdait son bras – dans l’optique ou il allait survivre bien évidemment – il perdrait son outil de travail le plus précieux. Et puis le côté droit en plus….la poisse. Il était pas spécialement ambidextre même si il savait se servir de son côté gauche pour les besoins de la cause. Il s’était déjà retrouvé dans une mauvaise posture mais à ce point là jamais.
MessageSujet: Re: Le risque double zéro n'existe pas. (Neil)   Lun 24 Sep - 10:43

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Les mots plein de juron faillir faire exploser les tendres oreilles du médecin qui garda la bouche grande ouverte, comme bloqué dans une attitude de choc profond. Il lui fallut agripper à la barrière pour ne pas tomber à la renverse et il secoua plusieurs fois la tête, dépité devant tant d'impolitesse et de manque de savoir-vivre. Les jeunes gens n'étaient décidément plus ce qu'ils étaient auparavant et c'était fort dommage. Où allait donc le monde, je vous le demande ?

Neil vit une pièce sale passer près de lui et n'esquissa pas le moindre geste pour la récupérer. Elle fit un bruit métallique en tomba sur le parquet en bois, et roula un instant, résonnant dans le silence devenu épais de la mansarde. Le légiste fixa l'objet un long moment avant de lever la tête, fixer le blessé, puis la pièce, puis à nouveau le blessé. Le jour se fit enfin dans sa tête d'allumé et il déclara en secouant tristement la tête, soufflant de dépit par son grand nez crochu :
« Il fallait le dire plus tôt que vous veniez pour des soins... votre bouche sert à quelque chose mon garçon ! Utilisez-là ! »
Il n'en était pas capable ? Mais si enfin, tout le monde le pouvait, c'était une simple question de volonté !

Avec luxe de précautions, Neil récupéra son chausson, l'enfila et se dirigea vers l'énergumène, désormais installé sur la malheureuse chaise de son salon. Il croisa ses longs doigts fins puis saisit le type à bras le corps, montrant une force étonnante pour un long corps aussi maigre.
« Pas ici enfin, vous voulez que je m'occupe de vous dans un environnement non stérile et sans aucun matériel ? »
Qu'importait la douleur du malade, il n'avait pas assez d'empathie pour la ressentir, la comprendre et la prendre en compte. Il soutint le blessé sans aucune douceur, le forçant à descendre les longs escaliers qui menaient à sa cave, et à son laboratoire. Il traînait l'individu plus qu'il ne le portait – peut-être même avait-il perdu connaissance, Neil avait l'impression d'entendre ses pieds racler le sol – mais après un temps qui lui part bien trop long, il finit par l'allonger sur une couche dure et raide, qui sentait fort l'alcool à brûler.

Il fixa l'intrus, de son regard qui observait ; et son petit cœur commença à battre beaucouplus fort, enchanté par toutes ces nouvelles blessures : ces os déboîtés, ces chairs martyrisées, ce corps à l'agonie. La blessure du bras était particulièrement vilaine mais il ne pouvait pas la traiter en priorité.

« On dirait que vous êtes passé par une fenêtre ! »
Lâcha le savant fou non pas sur un ton de constat mais plutôt en donnant l'impression du type que la nouvelle amuse au plus haut point.

Il se déplaça vers une grande armoire et l'ouvrit, montrant ainsi sa splendide collection d'embryons au formol et de squelettes de bébés. Il fouilla parmi les fioles jusqu'à trouver une petite fiole noirâtre aux reflets argentés, qu'il fit bouger dans la lumière verdâtre de sa lampe d'étude. Il revint et déposer l'objet à côté du blessé, l'air beaucoup plus grave.
« Vu votre état je vais devoir faire beaucoup de choses, toucher votre corps un peu partout, remplacer, décaler, tailler. Je ne sais pas pourquoi mais les gens ont mal en général, c'est absurde... comme je suis quelqu'un de... très gentil, très concerné par mes patients, je n'ai que de la Sélidoine à vous proposer, elle vous fera assez planer pour vous donner l'impression que tout ce que je fais est agréable – et c'est bien le cas même sans cela, croyez-moi ! »
Neil récupéra des gants et les mit en place, puis s'empara de ses outils qu'il désinfecta avec soin, avant d'ajouter.
« Mais je ne cacherai pas que la Sélidoine est terriblement addictive, une seule goutte et vous finirez obligé d'en chercher en permanence pour vous satisfaire. Je suis sympa, je préviens, faites votre choix : prenez, ou profitez pleinement des opérations. Moi je préférerai l'option 2 ! »
Évidemment... lui qui n'avait jamais rien eu de plus grave qu'une vague coupure à l'index, il ne pouvait pas comprendre.
De toute façon il ne ressentait même pas la douleur.

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MessageSujet: Re: Le risque double zéro n'existe pas. (Neil)   Sam 13 Oct - 11:57

Locke puait le sang, la poisse, les coups, le mal être, la mort aussi peut être mais fallait qu’il dise qu’il venait pour des soins ? Non mais allo ça ne se voyait peut être pas juste en le regardant, à tout hasard. Non non il venait juste de rentrer pour venir boire un thé et parler de la pluie et du beau temps. C’était plus qu’évident enfin. Manque de chance il était tombé chez un crétin. Le bout du bout. Le…. Y avait pas de mot. A ce rythme là ce n’était plus de la poisse. Le jeune homme ne savait pas ce que ça pouvait être à part un bien mauvais rêve qui dépassait toutes ses espérances. Dès fois ça sert à rien de lutter contre le destin. Il ferait mieux de lacher prise, de fermer les yeux ouais et de laisser tomber. Peut être aurait il du laisser les premiers crétins l’achever. Quoi que non...question d’orgueil et d’honneur. Certes il avait fuit...était tombé...peu importe il estimait son honneur sauf d’avoir survécu. Seul détail le deuxième crétin juste en face là allait achever le travail commencé. Parfait. Parfait.

Le jeune voleur perdit le fil. L’espèce de fou le trainait dieu sait oui. Dans un caveau peut être. Peut être était ce un espèce de psychopathe qui allait lui arracher le foi et le manger plus tard avec de bon haricot verts. Etrange idée. Il était passé de assis à un sol dur en bois. La planche à découper ? Sûrement. Il avait l’impression que le monde tournait et quoi que cet espèce d’énergumène lui fasse il ne pourrait pas lutter. Il regarda d’un œil le type qui bougeait autour de lui. Tout ça était vraiment bizarre, surréaliste. Il avait l’impression que le diable en personne se penchait sur son futur cadavre. Il essaya vainement de rire...le son sonna comme un croassement. Tailler couper mais oui mais oui et il lui proposait de la Sélidoine histoire de faire passer la pilule.

« Fous la toi dans le fion et fais ton travail. »

Si tant soit que ça soit bien son job…. Planer ? Il ne savait pas s’il planait mais il avait le sentiment d’être entre deux hallucinations. La douleur….il l’avait sentie puis maintenant il ne la sentait plus. Au moins cela le réveillerait il. Ou bien il s’évanouierait … ou encore il allait crever. Il n’était pas du genre à penser à ce point à sa fin mais pour le coup….il sentait la mort roder autour de lui. C’était...glaçant. De la seule main qui voulait bien encore lui répondre il la bougea tout doucement et attrapa un petit cube au fond de sa poche. Même son dé était froid. Il referma ses doigts autour avant de les laisser se déplier, le dé tomba et roula. Il aurait voulu voir le chiffre mais il en fut incapable. Il croyait sincèrement qu’un chiffre déterminera son destin. Paire...impaire. IL y en avait des meilleurs que d’autres. Son chiffre porte bonheur étant le cinq.

« Donne moi un truc à mordre. »

Oui un baillon…. Il ferma les yeux. Fallait il vraiment qu’il se serve de sa bouche pour tout lui expliquer ? Ça le tuait. Il n’en pouvait plus. Vraiment plus.
MessageSujet: Re: Le risque double zéro n'existe pas. (Neil)   Lun 22 Oct - 10:43

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A nouveau Neil fut fortement choqué par le comportement plus que déplacé de l'individu. Ah comme les vivants étaient désagréables... c'était bien pour ça qu'il préférait les morts, eux au moins se montraient polis et causant juste ce qu'il faut. Même les plus mal-élevés apprenaient vite les règles de base de la politesse et ça mettait le médecin en joie.

Tout comme l'annonce – toujours aussi rude – de son patient. Pas de sélidoine ? A nouveau il sautilla sur place en tapotant des mains, aussi heureux qu'un enfant. C'était tellement plus amusant de se faire plaisir sans que son cobaye ne soit inconscient. Il allait pouvoir lui faire vivre une expérience unique, à nulle autre pareille ! Que de joie !

Un petit son dur atteint ses oreilles sensibles et il se pencha pour observer un carré roulant. Neil n'avait jamais joué de sa vie et jamais vu non plus ce type d'objet – étant quelque peu monomaniaque au niveau de ses passions et passe-temps – et il mit du temps à comprendre que les petits points représentaient des chiffres.
« Tiens... un six. C'est un bon chiffre le six, le nombre de la Bête ! »
Il avait lu ça dans un vieux livre sur la religion de Draümbell, celle qui avait existé bien avant, à l'apogée de la cité, bien avant que tout ne disparaisse et que le système actuel se mette en place. Très intéressant cet ouvrage, d'ailleurs, quoique bien peu renseigné.

Un nouveau claquement de mains, et voilà que Neil s'éloigna vers son établi à la recherche de quelque chose à « mordre », puisque son patient le lui avait si gentiment demandé. Il repéra une grosse cuillère en bois qui avait servi pour des expériences sur du sperme de Minier. Parfait. Le bois c'était idéal pour mordre, même si l'objet n'était pas très propre.

Sans douceur il cala ça entre les chicots du malheureux puis il déclara, toujours parfaitement inconscient des souffrances du pauvre homme :
« C'est l'heure de s'amuser ! »
Qui s'amusait ? La réponse était facile, le niveau de hype n'était clairement pas le même chez les deux individus.

Pour commencer le médecin prit le temps de se laver les mains : il versa un mélange de savon et d'alcool qu'il frotta soigneusement sous ses ongles, sur sa paume puis le long de ses bras, jusqu'aux coudes. Il enfila ensuite une blouse peu rassurante – vous l'avez là ? L'image du savant fou ? Avec les bigoudis en prime ? - et se décala pour appuyer sur un bouton contre la paroi. Un étrange petit bruit se fit entendre, comme un sas que l'on referme, et l'air dans la pièce se fit plus rare, gênant la respiration.
L'espace venait d'être stérilisé. Ces Ingénieurs étaient utiles parfois, même si leur science se trouvait bien en dessous de la médecine, évidemment.

Il termina sa tenue avec un masque en tissu – rose, parce qu'il aimait le rose – et stérilisa un à un ses outils.
On pouvait commencer.

Nous passerons les détails des multiples opérations, histoire de ne pas faire vaciller le cœur d'un lecteur impressionnable. Sachez simplement que le travail dura de très nombreuses heures, probablement une torture pour le blessé. Il fallait remettre les os en place, réparer les chairs, stopper les hémorragies. Neil dut retirer la rate – explosée lors de la chute. L'individu n'était pas passé loin de la mort, c'était le moins qu'on puisse dire, et il peina à réparer certains organes sévèrement touchés : une côte avait perforé un poumon et ce fut probablement l'une des opérations les plus délicates que de retirer les morceaux et réparer ce qu'il pouvait réparer.
Entre temps il avait fallu trouver du sang compatible dans sa petite banque personnelle, mise en place dans une grande chambre froide à l'arrière de la maison – installation parfaitement illégale. Comme il n'avait pas eu le temps de faire les tests en usage – histoire d'éviter les rejets – il dut se contenter d'un peu de logique et de chance. Si le patient mourrait il saurait pourquoi. En partie.

Il cautérisa, recousit, banda avec soin avant de s'éloigner, couvert de sang et fatigué, mais heureux. Quel chantier splendide ! Probablement l'un des plus formidables depuis ces dernières années !
Il regretta que son apprentie ne fût pas là pour nettoyer la pièce, il détestait ça.

Rapidement, Neil vérifia que le semi-cadavre était encore en vie. Restait à savoir ce qu'il allait faire de lui maintenant.
Les soins post-opératoires ce n'était pas son dada.

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Dernière édition par Neil K. Grüber le Sam 17 Nov - 21:54, édité 2 fois
MessageSujet: Re: Le risque double zéro n'existe pas. (Neil)   Ven 2 Nov - 12:49

En voyant à travers ses yeux demi ouvert l’homme sensé être un médecin sautiller et taper dans ses mains, la seule pensée qu’eut Locke c’était... “
c’est la fin” (vous entendez la petite musique de skyfall là ? Moi oui "This is the end...") C’était sur et certain il allait définitivement mourir charcuter par ce pauvre ère. Enfin de compte cet homme...n’était certainement pas un médecin. Plutôt un illuminé qui se décrétait comme tel et faisait des expériences sur les gens assez désespéré pour venir. Peut être...le voleur à moitié mourant aurait il du accepter la sélidoine enfin de compte...oui il aurait du. Quitte à mourir autant que ce soit en planant non ? Maudite fierté. Le chiffre six ne vint que confirmé que sa destinée devait s’arrêter ici.

Il parait qu’au moment de mourir on voit défiler sa vie. C’est à la fois vrai et faux. Non Locke ne voyait pas défiler sa vie mais il se demandait... en résumé ce qu’il avait pu faire de sa vie. Il s’agit ni plus ni moins d’un examen de conscience interrompu par les mouvements du médecin qui lui cala une cuillère en bois entre les dents. Ces interventions n’aidaient pas à réfléchir sur ce qu’il avait pu faire de bien ou de mal dans sa vie. Du mal oui...ah oui...beaucoup de mal, à sa pauvre mère. Elle le méritait ! Mais par ricochet pour tout ce mal fait à sa propre génitrice peut être méritait il lui aussi ces souffrances présentes. Peut être.... Malgré tout il trouvait qu’il n’y avait pas...comparaison, ou de mi mesure. Sa mère avait peut être le coeur torturé des agissements de son fils mais putain lui là souffrait le martyr et ce n’était que le début.

Quand vint le moment de voir le docteur travailler...ou s’amuser, le voleur perdit pied. La douleur explosa dans tout son corps jusqu’à le rendre fou. Ses dents s’enfoncèrent dans le bois tel un carnivore, son corps se tendit et un son rauque tel un feulement essayait de sortir de sa gorge. Il sentit des déchirures, vit des millions d’étoile cru mourir plus d’une fois, oh délivrance....mais revint malheureusement plus d’une fois  à lui également perdant toute raison de qui il était ou il était, seule comptait la douleur atroce. Cette impression d’être écartelé de partout, découpé, torturé. La folie envahit son esprit, des visions d’horreur embrumait ses capacités de raisonnement et perdurait même quand il tombait dans le noir. De soulagement ? Il n’y en au aucun. Il aurait aimé être mort. Oh oui il aurait aimé. Peut être était ça l’enfer oui... surement. Bien entendu aucun être humain ne peut tenir face à de telles opérations et il fut inconscient de nombreuses fois pendant de nombreux moment mais son ressenti fut seulement un long cauchemar éveillé interminable.

Il prit fin à un moment donné. Le corps était là mais l’esprit était parti loin. Quand il rouvrit de nouveau les yeux, il n’y eut que le vide et la douleur. Il voyait, il entendait mais il n’arrivait plus à penser. Il voyait des choses étranges, des poupées l’entourant de chaque coté certaines plus qu’effrayante. Etait il revenu à l’état d’enfant ? Un renouveau ? Ses yeux se refermèrent de nouveau vers un sommeil agité. Des poupées devenant vivantes, du sang sortant de leur orifice et elles s’approchaient mains tendues pour l’attraper. Elles voulaient le démembrer, dévorer sa chaire pour devenir des êtres humains. Le rire d’un homme en rose dotée de petite corne diabolique qui guidait ces espèces de pantins sans vie. Ne resterait rien pas même son coeur. Il chercha son âme, quelque chose à se raccrocher parmi ce cauchemar.

Un cauchemar...ou la réalité ? Quand il rouvrit encore les yeux il y avait bien ces espèces de poupées là. Et il y avait ces douleurs...dans tous ces membres. Il essaya tant bien que mal de voir son corps, sans succès. Il n’arrivait pas à bouger ni soulever sa tête. Rien ne lui venait à l’esprit de ou il était, qui il était...et sur cette souffrance qui le tiraillait. Etait il seulement encore un homme ?
MessageSujet: Re: Le risque double zéro n'existe pas. (Neil)   Sam 17 Nov - 22:21

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« Oh ! Vous êtes réveillé ! Mon petit chou va en être tout frisé ! »
Celle qui parlait ainsi avait une petite voix aigu de tête, qui vous perforait les tympans en vrille taille 43 mm. Sur son visage rond s'étalaient les couleurs de l'arc en ciel : du jaune au dessus des yeux, du rose sur les joues, du rouge sur les lèvres : du maquillage cher, à n'en pas douter, et de qualité. Dommage qu'il fut si déplorablement étalé sur un visage de pomme ridée, toute couverte de cicatrices de petite variole. Un gros nez épaté vint se placer juste devant les yeux du malade et une main bourrue se plaqua sur le front, assommant à moitié le malheureux dans une tentative approximative de prendre le niveau de fièvre. Constatant qu'elle ne parviendrait à rien avec le dos de sa main, la matrone préféra retaper les oreillers, enfonçant au passage son coude dans la pommette de son invité.

Une fois son travail effectué, l'infirmière improvisée servit du thé tout chaud et un plateau de petits gâteaux, que le malheureux opéré n'aurait probablement ni la force ni l'envie de déguster.  
D'un autre côté... dans un espace pareil aucun être humain ne pouvait développer le don de la faim. Tout autour du lit, placées sur des files et des files d'étagères, des poupées de toutes les couleurs dardaient sur le dormeur leurs regards vides et fardé. Les robes étaient belles, travaillées avec soin et détail, mais les visages... oh les visages étaient terribles : des teints plombés, des yeux en bille creuses, des sourires grimaçants et des plaies béantes.

Mme Maman de Neil trottina jusqu'à une demoiselle qui – attirée vers l'avant par le poids de sa robe – menaçait de chuter. Elle la replaça avec amour et expliqua – plus pour elle-même que pour le blessé d'ailleurs :
« Bernadette a la maudite manie de vouloir s'envoyer en l'air ! Elle n'a aucune raison d'ailleurs... n'est-elle pas magnifique ? La robe c'est de moi, évidemment, et le visage a été splendidement peint par mon fils. Quel talent... il sait tout faire ce garçon, toutes les portes lui sont ouvertes ! »
Mais pas l'entrée de l'école des beaux-arts, c'était certain... Un musée de l'horreur peut-être, à la rigueur...

Sur ces mots, la matrone quitta la pièce de son pas lourd – pourtant désiré léger et trottinant – et peina à passer l'huis de la porte, son auguste popotin n'étant pas adapté au gabarit global. A se demander comment cette petite femme aux allures d'aimable barrique avait pu donner naissance à un grand échalas maigre. On ne pouvait cependant nier l'appartenance familiale : probablement cette lueur de folie dans l’œil, qui se transmettait de génération en génération.

Après un long moment de silence et d'apaisement, le docteur en personne fit son apparition dans la pièce, essayant de rentrer avec flegme et classe – objectif quelque peu perturbé par le contact brutal d'un front trop haut avec une porte trop basse.

Sans qu'on ne puisse réellement comprendre pourquoi, Neil tira de sa robe de chambre une montre à gousset en or, qu'il observa avec attention – alors même que ladite montre ne fonctionnait plus depuis bien longtemps.
« Mon infirmière...
MAMAN. JE SUIS MAMAN. »
Intervint ladite infirmière, apparemment peu au fait des normes nominatives en vigueur. Par politesse – et parce qu'il aimait sa mère, comme tout enfant bien élevé – Neil rectifia :
« Maman m'a dit que vous étiez sorti de votre épisode délirant. Pour information vous avez dormi exactement 1 semaine, trois jours, quatre heures, six minutes et quarante-deux... quarante-trois... quarante-quatre... »
Il continua ainsi un certain temps avant de comprendre qu'il ne pourrait fixer le temps. Encore un objectif à rajouter sur sa longue liste de projets.
« Quarante-cinq secondes. Rassurez-vous, maman vous a soigneusement nourri avec du bouillon et l'un de ces charmants petits entonnoirs que l'on utilise pour gaver les volatiles »
Du moins ceux qui arrivaient à survivre plus de deux jours dans l'air néfaste de leur arrière cour. Un jour ils y arriveraient... en attendant les animaux empaillés faisaient « bien » au dessus de la cheminée.
« J'espère que personne ne vous attend... »
S'enquit le médecin avant d'ajouter, réprimant un début de fou-rire :
« Sinon il doit vous croire mort ! »
Comme c'était amusant !

֍.֍
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Le risque double zéro n'existe pas. (Neil)
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