Partagez | 
 

 Examen de routine... et la scie ? Oubliez-la...

Aller en bas 
AuteurMessage
MessageSujet: Examen de routine... et la scie ? Oubliez-la...   Lun 16 Juil - 17:27

֍.֍

Le médecin était en joie. En réalité, le médecin était toujours en joie, c'était son truc à lui : sourire, rire – de manière plus qu'étrange, d'ailleurs – sautiller gaiement dans l'allée en dépassant les Miniers aux mines lourdes et plombées. Neil n'effectuait son service dans les Faubourgs que deux jours par semaine – deux jours de trop, de l'avis des habitants – et il était donc particulièrement satisfait lorsque venait le temps de quitter ses cadavres pour explorer le vivant.
Ou le presque vivant.
Qui ne le restait jamais bien longtemps entre ses longues mains blanches.

Il avait ses petites habitudes. D'abord il baissait la lumière – trop clair tout ça, beaucoup trop clair – ensuite il ouvrait les bocaux d'alcool à brûler – son petit truc à lui pour détendre l'atmosphère, quel parfum somptueux par une somptueuse matinée – et enfin il se préparait une grande tasse de tisane énergisante – histoire d'offrir de la bonne humeur tout la sainte journée. Malgré tous ses efforts, les patients ne semblaient jamais heureux de venir le voir, c'était étrange.
D'un autre côté... ils étaient malades après tout ! On ne pouvait pas être joyeux en étant malade.

D'un geste tranquille il replaça correctement son nœud papillon, puis s'empara du dossier que le secrétaire lui avait laissé à l'entrée : la liste des patients du jour ; seulement deux noms. C'était un monde ça ! Ses collègues se plaignaient toujours que leurs journées aux Mines étaient trop chargées, et lui ne voyait jamais arriver la moindre petite âme. Comment pouvait-il montrer l'étendu de son génie avec seulement deux individus ? Non vraiment, c'était injuste. Sa maman avait raison, les collègues avaient dû se liguer contre lui !
Il fit la moue, posa à nouveau les yeux sur sa liste et reprit soudain le sourire.
Meryl Rosenthal.
Il battit des mains, soudain excité. C'était lui qui avait demandé à la voir – comme le second individu, d'ailleurs – mais elle avait un petit quelque chose de vraiment passionnant qui le mettait en joie. Ah il avait bataillé ferme depuis qu'il avait repéré son adorable visage de singe ! Et il en avait essuyé des refus de la part de l'administration. Il ne comprenait pas pourtant, y mettait les formes pour essayer de la convoquer et chaque fois on lui répondait : « elle n'est pas malade, occupez-vous des blessés ».
Si on ne pouvait même plus choisir ses patients ! Décidément dans quel monde vivions nous ?

Cette fois... oh oui cette fois il avait trouvé une bonne raison, ils n'avaient pas trouvé d'excuse. Obligés de la faire venir !
« Petite examen de routine après contact avec des cadavres ».
Le médecin effectua quelques pas de danses enthousiastes. Quel génie, mais quel génie !
Comme il avait hâte de travailler ce corps différent, cette physionomie qu'il n'avait encore jamais vue !
Et si elle était malade ?
Encore mieux...
Quelle partie d'elle allait-il conserver pour sa collection ?

֍.֍


Dernière édition par Neil K. Grüber le Mer 18 Juil - 16:41, édité 1 fois
MessageSujet: Re: Examen de routine... et la scie ? Oubliez-la...   Lun 16 Juil - 18:41

Il y avait rarement du courrier glissé sous la porte. Pour quoi faire ? Pas de facture, tout était payé par la collectivité. Pas de réclame non plus, les Miniers n'avaient pas d'argent. Des lettres ? C'était pour les bourges de la Haute ça, personne faisait ça ici. Puis Saltzburg, tout le monde connait tout le monde, si y a des sales nouvelles on va annoncer en personne.
Un p’tit mot coquin, à la rigueur, si on n’arrivait pas à coincer sa douce entre deux journées de turbin…et encore, ça devait pas être habituel.

Meryl en avait déjà vu, des lettres. Pas si cloche, hein ! La Mère en avait déjà eu quelques fois. Mais elle jamais.

D’ailleurs ça comptait pas pour une lettre, y avait même pas d’enveloppe, juste un carton jauni aux armes de l’administration. Les rupins voulaient pas gaspiller leur monnaie pour les Miniers. Et là c’était son nom. Meryl Rosenthal. Elle le reconnaissait malgré les caractères d’imprimerie un peu différents.
Elle avait secoué le papier du bout des doigts comme si ça allait changer quelque chose. Meryl Rosenthal. Sur un papier officiel. C’était moche ça. Rarement des bonnes nouvelles. Et puis elle pouvait pas lire le reste, évidement. Faudrait demander à La Mère. C’était pas de gaîté de cœur mais autant que ça reste dans la famille. Pas envie de se faire entourlouper par le premier venu qui profiterait qu’elle savait pas bien les lettres pour lui faire des misères.

….

Est-ce que tous les bâtiments étaient construits en pierre grise ou bien c’était la fumée qui les rendaient comme ça ?
Meryl lécha son pouce et frotta le coin du mur. Le gris devint plus foncé et la tâche humide s’étala. Gris sur gris.

Elle essuya son pouce sur sa jupe, sans succès. C’était bien la peine de s’être lavée les mains et la mouille pour aller se coller de la suie partout, Meryl ma fille t’es pas croyable.
Derrière le bureau, un homme fatigué prit son carton et le lui rendit tout aussi vite, comme s’il s’était brûlé. Faut dire que le « contact prolongé avec des cadavres » dans le motif de visite, ça faisait pas bien net.

La prochaine fois elle laisserait tous ces salauds nettoyer leurs macchabées eux-mêmes. Et quand elle saurait qui avait été baver à l’administration qu’elle avait la peste, la lèpre ou Djel sait quoi. Le secrétaire lui indiqua la porte d’une main hésitant et Meryl lui agrippa le poignet. Elle la serra assez fort pour qu’il ne puisse pas se dégager et fixa sa paume pendant que le malheureux retenait son souffle

« Il y a un boiteux dans votre entourage qui ne vous veut pas du bien…Méfiez-vous »


Dès qu’elle relâcha son emprise, le secrétaire se précipita sur son tiroir, en sortit un mouchoir éliminé et se frotta frénétiquement la main. Meryl frappa à la porte du médecin en contenant un sourire satisfait.

La moitié de la Mine marchait de guingois, le type avait pas fini de voir flou.
MessageSujet: Re: Examen de routine... et la scie ? Oubliez-la...   Mer 18 Juil - 17:05

֍.֍

Des applaudissements enthousiastes résonnèrent dans l'entrée. L'origine ? Pas difficile de la repérer : Neil se tenait sur le seuil, observant l'étrange échange entre le secrétaire et la jeune fille au visage si particulier.
Le son n'avait rien de ces bruits puissants et graves qui récompensent les prestations d'artistes ; il ressemblait plutôt aux claquements trop enthousiastes d'un type surexcité, qui ne tapotait que du bout des doigts, avec une cadence folle.
« C'est drôle, comme c'est drôle : Un boiteux »
Ça le faisait rire, beaucoup rire, très aigu. Allez savoir pourquoi d'ailleurs, ça n'avait absolument rien de drôle.

Il fit un coucou de loin, puis invitant à entrer d'un large signe de la main. Il était pressé, oh oui si pressé, prêt à faire ce qu'il aimait  le plus.
Alors que la demoiselle approchait il plia le buste avec élégance, fit un grand moulinet du bras et se présenta correctement – parce que sa maman disait qu'un grand garçon était toujours poli avec les dames, même quand ils ont très envie de les disséquer.
« Je suis Neil Kahn Grüber, spécialiste du corps humain, docteur en fluides, expert en os, amateur de blessures hors du commun. »
Beau C.V : il le trouvait très chic, très impressionnant, digne d'un vrai médecin.  
« Allez-y, entrez, prenez place ma très chère ».
On soignait ses patients on les gâtait, on leur montrait fièrement son antre soigneusement aménagée du matin avec tous ses formidables outils pointus et tranchants à portée de main.
Et les seringues, évidemment, pour effectuer les prélèvements sanguins.
Et ceux de tissus.
De cheveux.
De salive.
De fluides génitaux.
Ouh comme il avait hâte.

« Désirez-vous boire quelque chose ? Je n'ai pas d'alcool, bien spur – trop mauvais pour notre si précieux corps – mais j'ai de très bonnes tisanes, de l'eau – évidemment, meilleure que la vôtre – et même quelques petites douceurs pour mes précieux malades. »
Il était chouette hein ? Accueillant, gentil, de quoi mettre en confiance. Si avec ça il n'avait pas plus de visites, il en mangeait son élégant chapeau haut-de-forme !

Mais il n'écouta pas la réponse, et ne servit rien de ce qui fut – peut-être – demandé. Neil avait déjà récupéré ses notes préliminaires, et consultait un dossier qu'il connaissait déjà par cœur : toutes les notes officielles, celles recueillies par ses collègues, et l'administration.
« Tut, tut, tut... »
Émit-il en remuant la tête, essayant de prendre un air colérique, qui contrastait avec son grand sourire.
« Toucher les cadavres comme ça ce n'est pas bien, forcément il faut vous regarder de près, après. »
Il se mit à rire, un peu.
« Vous avez vu ? Je joue sur les mots... c'est drôle, non ? »
Hilarant... pourtant elle avait l'air un peu tendue, cette charmante demoiselle.

֍.֍
MessageSujet: Re: Examen de routine... et la scie ? Oubliez-la...   Jeu 19 Juil - 10:36

Les battements de mains frénétiques lui firent tourner la tête. Qui c’était ce gugusse ? C’était pas le médecin habituel…

Le souvenir d’une annonce publique placardée sur le mur extérieur de l’administration lui revint en mémoire. Enfin pas le texte, évidement. Le petit attroupement devant, les murmures et les yeux tristes. Vrai qu’il avait calenché, le médecin d’avant. Ca lui était sorti de l’esprit. Faut dire que bon, elle l’avait vu deux ou trois fois, pas plus. Fallait vraiment avoir un pied dans la tombe pour obtenir le droit d’aller chez le médecin.

Y avait la petite visite quand les enfants quittaient l’école, avant d’aller travailler. Pour déterminer s’ils pouvaient aller à la Mine ou si on leur filait un autre boulot. On avait trouvé Meryl assez robuste, ce qui était assez ironique vu sa constitution, mais la barre était pas haute, tous les gosses du coin étaient un peu malingres…Fallait voir la vie qu’ils menaient aussi.

Et puis y avait la fois où elle s’était cassée le bras. Son premier coup de grisou. Elle avait pas encore les bons réflexes, les autres s’étaient collés aux parois et sous les échafaudages, pour éviter les chutes de pierres et espérer être abrités en cas d’effrondrement. Meryl n’avait pas été assez rapide et un bloc de roche lui avait broyé l’humérus. Deux jours. Deux jours qu’elle avait attendu qu’on vienne la chercher, en essayant de bouger le moins possible par peur de voir son os sortir de son bras.

Ca lui faisait pas beaucoup de souvenirs avec le docteur. Elle se souvenait qu’il était vieux, avec une grosse moustache. Pas très causant mais loin d’être désagréable. Un vieux type usé qui faisait ce qu’il pouvait, en somme. Il lui avait joliment rabiboché le bras, remarque. Y avait pas eu de plaie, pas de cicatrice et son atelle était pas si mal. Comme c’était une bosseuse et qu’elle était plus utile fonctionnelle qu’estropiée, elle avait même eu droit à des rations de lait supplémentaires pour sa convalescence. C’était pas le cas de tout l’monde.

Bref, rien à voir avec le gars qu’elle avait maintenant sous le nez. Fin et nerveux, l’air surexcité et les cheveux comme s’il s’était mangé un coup de jus de derrière les fagots. Pis il souriait aussi. Y a pas idée de sourire comme ça dans le Faubourg. Surtout pour une remarque pareille. Quel idiot, il allait faire passer sa prédiction pour une blague.

«  ‘jour…Meryl Rosenthal »


Elle inclina vaguement la tête, comme on apprenait aux gamins d’ici si jamais par miracle ils croisaient du monde d’la ville. Avoir l’air humble, qu’on leur disait. Ils vous nourrissent et ils vous logent.
Sa voix lui sonna aux oreilles de manière peu agréable. Fluides, c’était quoi ça le fluide ? Elle fronça les sourcils, pas très sûre de sa remarque et rentra dans le cabinet.

« Mon fluide va très bien. » lâcha-t-elle, méfiante

Non mais qu’il aille pas lui dégoter des maladies qu’elle avait pas, hein !!! Elle entra dans le cabinet et se laissa tomber peu élégamment sur la chaise bancale en l’écoutant déblatérer.

« J’veux une tisane s’vous plaît. Et des douceurs aussi. »


Bah quoi ? C’est lui qu’avait mis ça sur le tapis hein, elle allait pas refuser de boire un truc chaud qui ressemblait pas à de la pisse et de manger des trucs gratuitement. Fallait être zinzin pour pas sauter sur l’occasion.

Tut tut tut ? Mais qu’est ce que c’était que ce zigoto ? Il lui parlait comme si elle avait encore des langes ? C’était un coup fourré ? Est-ce qu’il était vraiment médecin au moins ? Il avait le nom, mais bon ça voulait rien dire, ça. Elle s’appelait bien Rosenthal pour aucune autre raison que La Mère avait trouvé ça chic.

« Faut bien que quelqu’un il s’occupe des corps hein. Ils les ressortent des boyaux tout crasseux et plein d’sang, c’est pas présentable pour la famille, faut bien que j’les nettoie un peu pour qu’ils puissent dire au revoir avant d’les enterrer quand même, on est pas des sauvages dans le faubourg. Pis j’ai rincé mes mains après, je sais bien comment faut faire. Mouillé c’est lavé, sec c’est propre.»
récita Meryl, comme sa mère lui avait appris

Rincé ses mains dans le seau de l’eau de la toilette, sans savon. Mais y avait plus de sang, alors bon.
La « blague » la fit ciller, trop littéraire pour son niveau, elle n’avait même pas saisi de quoi il parlait mais se fendit d’une moue crispée qui essayer d’imiter un sourire. Elle voulait sortir d’ici sans ennuis, si ça voulait dire faire semblant de se gausser aux conneries du médecin, elle avait fait bien pire.
MessageSujet: Re: Examen de routine... et la scie ? Oubliez-la...   Sam 18 Aoû - 18:17

֍.֍

"Mon fluide va très bien"... Oui bien sûr ! Ça c'est ce qu'ils disaient tous, ce qu'ils pensaient en oubliant que, dans un corps, les fluides ce n'était pas le plus important. Oh il y avait tellement d'autres choses si merveilleuses et si fragiles, tous ces tissus, ces fils organiques, cette énergie électrique et ces os... oh de si beaux os. La demoiselle en avait déjà cassé un d'ailleurs, une belle blessure. Comme Neil aurait donné cher pour pouvoir la réparer...

La demande de tisane et de douceur était passée à l'as, il était déjà concentré sur autre chose, anticipait avec une joie mal dissimulée toutes les choses qu'il pouvait faire, tous les tests dont il rêvait depuis... oula... au moins cinq minutes !

Et soudain Neil fut absolument horrifié par l'adage simpliste et bien peu scientifique de la demoiselle. Le sang qui s'était mélangé à celui de la cité était-il donc appauvri au point de créer un esprit aussi faiblement stupide ? Quel être sensé pouvait-il donner crédit à quelque chose de si... de si...
Comment trouver les mots ? S'il avait été moins solide le médecin serait probablement tombé en pamoison. Il avait besoin de s'éventer, peut-être même de se requinquer. Avec la frénésie et l'exagération qui lui étaient coutumiers il s'éventa avec les mains, s'obligeant à respirer profondément.

"Oh innocente et laide petite chose... n'avez-vous donc jamais entendu parler de ces tous petits êtres que l'eau ne tue pas, et même pas le savon non plus ? Les cadavres sont plein de minuscules êtres dangereux qui semblent bien innocents mais qui peuvent faire pourrir votre chair sur vos os, tomber vos cheveux et vos dents, créer des furoncles plein d'un pus jaunâtre qui se poseront sur votre sexe, sur vos jambes, dans votre cou..."
Toutes ces braves petits maladies, toujours fidèles à elles-même ! Elles ne décevaient pas leurs admirateurs.

"On touche les morts avec des gants et en couvrant son nez, on les enterre dans des trous de chaux et des cercueils et on oublie toutes ces bêtises avec les pieux, les pierres entre les dents et compagnie. Peut-être un petit cours s'impose-t-il ici... mais que fait donc le Professeur en charge ! Où va le monde, je vous le demande !"
Il prit une pause en fixant la jeune fille, offrant un sourire tranquille.
"C'est rhétorique évidemment, je ne le demande pas à vous, je sais que vous êtes trop bête"
Et ce n'était pas même une insulte, les mots ne se teintaient ni de méchanceté, ni de mépris mais s'offraient avec douceur et affection, comme si cette innocente bêtise, cette éducation ratée, était la plus jolie de toute les choses de cette terre.

"Trêve de bavardages... Déshabillez-vous et installez-vous sur la table. Promis, j'ai les mains chaudes !"
Du moins selon ses critères.

֍.֍
MessageSujet: Re: Examen de routine... et la scie ? Oubliez-la...   Mar 28 Aoû - 18:35

Elle était pourtant résolue, Meryl. Pas d’esclandre, sortir d’ici sans problème et qu’on la laisse tranquille. Mais la tirade du docteur la fit se raidir plus vite qu’elle ne l’aurait cru. Innocente oui, d’accord…mais laide ? LAIDE ? Il s’était vu l’autre dindon ? Un grand échalas avec le regard complètement allumé et les cheveux qu’avaient l’air d’avoir vécu un coup de grisou ? Fallait pas être gêné pour dire des horreurs pareilles. Surtout quand on voyait le nombre des gars qui lui courraient aux fesses à Meryl. Ca manquait pas. Alors que lui, les demoiselles devaient pas faire la queue pour remplir son carnet de bal, hein.
Elle plissa les yeux

« C’est plus facile d’pas être un laideron quand on vit pas dans la fumée, qu’on peut s’laver comme on veut pis qu’on mange correctement. Vous qu’êtes d’jà pas avantagé par la nature ben vous vivez une semaine ici, j’vous jure que même un cadavre l’aura rien à vous envier. Alors qu’moi y m’suffira d’un bon bain pis de bien manger. »


La langue dans sa poche, c’était pour quand on l’agressait pas. Le médecin continua son délire en essayant de lui faire croire qu’il y avait des lutins ou des farfadets ou Djel sait quoi dans les cadavres. L’avait pas dû en voir beaucoup hein. Meryl avait jamais vu des trucs pareils, il délirait. Pis elle avait jamais rien eu de ce qu’il racontait non plus.

« N’a pas d’gant ni d’masque. »


Il croyait quoi ? Les fournitures du dispensaire étaient déjà pas suffisantes pour les médecins, jamais on en filerait aux mineurs pour qu’ils s’occupent des cadavres. Et puis c’était quoi ces conneries, les gants c’était un trucs d’aristocrates, quel rapport avec les morts ? Les gens de la Haute ils portaient pas des gants pour enterrer des cadavres, ils faisaient jamais rien de leurs dix doigts…
Ses sens étaient en alerte, elle n’aimait pas ce type, n’aimait pas ce qu’il racontait, ne comprenait rien et détestait son ton méprisant. Encore plus quand il lui affirma qu’elle était bête. Il ne savait sûrement pas pour la lecture, mais ça restait désagréable. L’air butée, elle fit corps avec sa chaise.

« J’croyais qu’j’avais une tisane pis des douceurs ? »


L’allusion aux mains chaudes lui avait beaucoup déplue. Hors de question d’être abusée par un médecin allumé, ça non.
MessageSujet: Re: Examen de routine... et la scie ? Oubliez-la...   Ven 14 Sep - 15:55

֍.֍

Neil gloussa à la réponse de la demoiselle, sans même sentir les attaques, l'ironie ou la plus petite trace d'acidité dans la voix de la jeune fille. Tout dans son monde n'était que bonheur, papillon et gentils fleurs pleines de produits toxiques et de fluides visqueux. Il ne comprenait tout bonnement pas, ni le cynisme, ni l'humour, prenant au premier degré ce qui passait au second voire au troisième ou quatrième. Un simple d'esprit, en quelque sorte, des œillères étranges qui rendaient tout plus joli.
La fille était gentille, lui donner une semaine c'était beaucoup trop : il n'aurait pas même tenu deux heures.

« Ah oui, oui, ces trucs. Je reviens. Ne bougez pas ».
Où aurait-elle pu aller de toute façon ? L'infirmerie n'avait rien d'un paradis mais au moins on y était approximativement au chaud, un peu plus loin des fumées que dehors, et de toute façon la porte était fermée et – très naïvement – Neil s'imaginait qu'on ne pouvait pas quitter un endroit avec porte fermée sans qu'on ne donne l'autorisation, c'était très impoli.

Dans son petit monde, la tête folle perdue dans les nuages de l'esprit, Neil récupéra une boule serrée d'herbes séchées et la jeta dans une tasse en porcelaine qui tranchait dans un endroit pareil. Il versa l'eau – en oubliant de la faire chauffer – et déposa sur une coupelle proprette quelques vieux biscuits rances mais qui – pour cet homme à l'appétit d'oiseau – s'apparentait le plus à une exquise gourmandise.

Avec délicatesse et cérémonie, il déposa le tout – avec une rudesse maladroite – entre les mains de celle qu'il considérait plus comme une invité que comme une patiente.
Voilà, les quelques usages de politesse venaient d'être effectués, ne restait plus désormais qu'à passer aux choses sérieuses.
Enfin.
Comme il avait peur de tout oublier, Neil avait noté avec soin les différents prélèvements qu'il voulait effectuer dans le but de mener ses recherches. Son grand cœur rouge pulsait avec force, boosté par une excitation qu'il considérait comme bien légitime.

Toujours souriant – à se demander s'il s'était pas coincé les chicots dans le fond de la mâchoire – Neil s'installa face à son sujet d'expérience en faisant claquer – de manière théâtrale il est vrai – ses gants de protection. Les maladies sur les autres c'était fascinant, sur lui... beaucoup moins. Vous imaginez le médecin malade ? Quelle cruelle ironie !

Sans plus de politesse il fourra son index et son pouce dans la bouche – peut-être déjà occupé par de la nourriture et du liquide, il n'avait pas vérifié – et commença à inspecter les dents, la langue et puis les gencives. Avec soin il nota le positionnement de chaque élément puis sortit une petite réglette afin de calculer les écarts, les trous, les bosses, les imperfections et particularités de la cavité buccale.
«  Comme c'est amusant ! Vous m'autoriseriez à faire un prélèvement ? »
Il avait déjà la tenaille en main, prête à arracher une quenotte pour l'étudier de la pointe à la racine. Peut-être l’émail serait-elle différente qui sait ? Vous imaginer ? Il prévoyait déjà le plan de sa litographie, et peut-être même un titre : « de la composition et de la solidité d'un individu métis au faciès de singe », signé Neil K. Grüber. Avec pareil article ses condisciples daigneraient enfin poser un œil un peu plus bienveillant sur lui ! C'était évident !

« Et au passage... vous êtes vous déjà portée grosse ? Avez-vous déjà mis bas, par hasard ? »
Avec un peu de chance ces animaux-là se reproduisaient vite et il pourrait étudier un bébé ou un embryon !

Il ne pensa pas au fait que la demoiselle ne pouvait répondre, ayant toujours dans la bouche une main gantée.

֍.֍
MessageSujet: Re: Examen de routine... et la scie ? Oubliez-la...   Dim 23 Sep - 12:34

Meryl considéra la tasse que l’étrange médecin venait de lui coller entre les mains. Pas de fumée, aucune odeur et l’eau était claire, avec un petit amas d’herbes qui flottait tristement en son centre. Elle effleura l’émail : il était froid.
Qu’est ce qui était le pire ? Que ce type soit authentiquement cinglé ou qu’il se foute d’elle ? Dur à dire…

Le biscuit qu’elle saisit se cassa mollement en trois ou quatre morceaux sous ses doigts. Il devait être posé dans un coin depuis des lustres et quand elle en porta un bout à sa bouche, une odeur rance lui envahit le nez. Il paraissait qu’à la Haute, ils avaient des biscuits pour leurs chiens. C’était un garde qui avait raconté ça en riant à Meryl. Chelou comme il était, il avait pu lui refiler de la bouffe à clébard. Dans le doute, elle reposa la friandise à côté de sa tasse en se retenant de recracher ce qu’elle avait déjà dans la bouche.
Mais ça n’était rien à côté des doigts qui s’introduirent sans cérémonie dans sa bouche. Elle n’eut même pas le temps de protester et tenta de reculer en émettant un son outré. Le seul résultat fut la tasse renversée sur sa robe, rien de bien concluant.

Il était pas net ce type, c’était quoi ces manières, est-ce qu’elle lui fourrait ses doigts dans sa bouche, elle ? Attrapant son poignet, elle gémit et essaya de le faire reculer, avant d’apercevoir la pince.
Un prélèvement ? A la pince ? Elle était pas beaucoup allée à l’école et le stress l’embrouillait un peu mais cet hurluberlu essayait de lui arracher un chicot non ? Histoire de lui montrer qu’ils étaient tous bien accrochés dans ses gencives, elle mordit la main et se dégagea de sa chaise, restant debout contre le mur, le souffle court

« Non !!! J’en ai b’soin figurez-vous. Vous prévelez rien du tout, c’pas ça qu’font les toubibs. Vous avez un diplôme au moins ? »


C’était peut-être juste un étudiant…ou un..un dingue ? Un étudiant dingue ? L’autre question l’ébranla. Quoi ? Ca allait pas la tête ? Quelqu’un lui avait parlé des gardes sous les porches ?

« Mais non !!! J’ai même pas d’mari ! »


Sa main allât lisser le devant de sa robe, dans un geste qui se voulait respectable.
MessageSujet: Re: Examen de routine... et la scie ? Oubliez-la...   Lun 24 Sep - 10:59

֍.֍
Elle venait de le mordre. C'était une première ça : un singe parlant qui osait mordre un génie tel que lui ! Il recula la main plus par réflexe qu'autre chose, puisqu'il ne ressentait absolument aucune douleur. Inquiet de ce qu'il pouvait attraper, il se dirigea en courant vers le coton et le désinfectant, versant une bonne dose de liquide avant de frotter comme un damné, priant pour que la maladie n'entre pas. Quelles genres de bactéries pouvait donc avoir cet animal dans la bouche ?
D'abord il fut inquiet, puis fasciné, et finit par sourire de toutes ses dents : tellement de possibilités, tellement de choses à voir, à découvrir, à explorer. Il sentit des larmes de joie lui monter au regard et le lac déborda peut-être même un peu, puisqu'il dut écraser une larmiche du bout de l'index.

« Bien sûr que j'ai un diplôme ! Je suis un authentique spécialiste, j'ai moi-même inventé bon nombre de précieux antidotes »
Et c'était vrai d'ailleurs, raison pour laquelle on ne l'avait pas encore fait enfermé dans un sanatorium. Il avait trouvé le moyen de lutter contre bon nombre de maladies terriblement dangereuses et prouvé l'existence de ces fameuses « petites bêtes invisibles à l’œil nu » dont il parlait plus tôt. Il avait même suggéré de les appeler les « Neil », en hommage à lui même, mais le doyen avait refusé et cherchait encore une appellation valable.

« Je n'ai l'habitude d'avoir des patients aussi... remuants. Je suis médecin légiste, voyez-vous, mes « amis » habituels sont moins causants et plus ouverts à mes techniques. Vous par contre vous ne faites aucun effort ! »
Et ce n'était pas étonnant qu'elle n'aie pas de mari vu son sale caractère ! Une femme se devait d'être beaucoup plus douce et beaucoup plus conciliante. Il pensa à sa précieuse maman : l'être le plus gentil et le plus doux que cette terre avait pu donner et qui – pourtant – n'avait plus retrouvé de mari après le décès – brutal et louche – du père de Neil.
Il fit d'ailleurs sa réflexion à voix haute :
« Et ça vous étonne ? Avec un caractère aussi épouvantable et un faciès aussi incongru vous ne risquez pas de trouver quelqu'un... moi en tout cas je n'oserai même pas vous toucher »
Ce qui était peut-être mieux pour elle d'ailleurs, et ne devait pas étonner. Les femmes ne l'attiraient pas, pas plus que les hommes d'ailleurs. Il leur manquait à tout deux cet aspect un peu passé qu'ont les morts. Oui, voilà, eux étaient attirants avec leurs yeux vitreux et leur inanité. Ils n'étaient pas remuant et inquiétants, à vous juger avec vos vilains petits yeux actifs et donneurs de leçon, leurs paroles aigres et méchantes qui vous plantaient des épingles plein le palpitant. Ils étaient froids aussi, d'une froideur si attirante, si parfaitement...
Morte.
La vie était dégoûtante.

« Si vous ne faites pas plus d'efforts je ne vous soignerais pas ! »
Finit-il par lâcher en tapant du pieds, boudeur.
« Et pourtant vous en avez besoin, sans moi vous ne pouvez que mourir ! »
Avec lui aussi d'ailleurs mais chut. Détail.

֍.֍


Dernière édition par Neil K. Grüber le Dim 7 Oct - 13:35, édité 2 fois
MessageSujet: Re: Examen de routine... et la scie ? Oubliez-la...   Lun 24 Sep - 19:28

Aucun effort ? Meryl n’était pas d’accord du tout. Elle l’avait légèrement mordu alors qu’il avait essayé de lui arracher une quenotte, c’était pas grand-chose tout de même ! Et puis elle s’était vue offrir de l’eau froide aux herbes et des biscuits pour chiens à la place des douceurs promises. Sans même parler de l’attitude globalement odieuse du toubib qui la confondait avec une bête en gestation. Elle faisait ENORMEMENT d’efforts.

Avec un autre, elle aurait peut-être tenté de jouer de ses charmes, mais elle avait le présentiment que ça ne servait à rien. Et l’idée même d’un contact physique avec le corps glacial de ce type lui faisait remonter l’estomac dans la bouche. Quelle horreur.

« Ben moi j’ai pas l’habitude des médecins comme vous, et pis vous faites pas d’effort non plus, j’vous f’rais dire ! »


Elle essayait vraiment de rester calme et patiente mais il l’usait à petit feu. Elle se pencha en avant dans une posture agressive

« Mais y a aucune fille qui voudrait s’faire toucher par un gugusse comme vous, j’vous jure ! Alors pas la peine d’faire la fine bouche. Vous croyez quoi, qu’on est tellement désespérée d’se trouver un pov’ type pour vivre sa vie avec ? »


Faciès de singe, faciès de singe !!!! Elle aurait aimé être une sorcière, une vraie, et maudire ce type. Faire pourrir sa langue dans sa bouche, lui liquéfier les yeux à l’intérieur de ses orbites, retourner ses ongles à l’intérieur de ses doigts. Elle tapa du plat de la main sur le bureau.

« J’suis pas malade, vous voyez bien !!! Donnez moi mon papier et puis c’est marre »
MessageSujet: Re: Examen de routine... et la scie ? Oubliez-la...   Dim 7 Oct - 14:53

֍.֍

Soudain Neil se sentit heureux. « je n'ai pas l'habitude des médecins comme vous », cela voulait donc dire qu'il était unique ? Pouvait-on faire plus beau compliment que celui-là ? Personne ne le valait, ne l'égalait, et il avait de quoi être fier. De nouveau il se sentit ému, touché, et un regard beaucoup plus doux et tendre se posa sur ce petit être ridicule. La seconde partie de la phrase entra par une esgourde et sortit aussitôt par l'autre sans laisser aucune trace dans l'étrange cervelle.
Puis la discussion tourna sur tout autre chose, un sujet sur lequel Neil – bon fils à maman qui n'avait jamais connu l'ombre d'une nudité féminine – ne pouvait pas dire grand chose.
« Vivre avec ? Mais enfin il n'est pas question de vivre, les femmes ne font que vivre au crochet d'un mari et font des enfants, c'est dans les règles naturelles de la nature. Les porteurs reçoivent la bénédiction de la vie transmise par l'homme. »
Comment pouvait-on être aussi innovateur en médecine et aussi attardé sur des choses aussi... changeantes ? Neil ne voyait les femmes que comme des éléments indispensable pour la reproduction de l'espèce, ni plus ni moins. Il avait cependant la même vision de l'Homme. Sauf lui bien sûr, il était un génie et échappait à ce genre de bassesses.

« Bien sûr que vous n'êtes pas malade, vous le sauriez. »
Et il comprit que la demoiselle était farouche et qu'il fallait envisager une autre approche. Cette guenon lui faisait perdre son temps à ruer dans les brancards : ce que les petites gens pouvaient être fatigants...

Il se déplaça comme une ombre, glissant au sol en faisant traîner ses pieds. Son sourire se voulait rassurant mais ressemblait plutôt au faciès dérangé d'un tueur en série découpeur de femmes.
Un clic se fit entendre.
Parce qu'il avait passé la main sur la porté et tourné la clef de verrouillage.
Qui se trouvait désormais bien au chaud dans sa poche.

Bien, bien, bien.
« Et si on passait aux choses sérieuses ? »

֍.֍


Dernière édition par Neil K. Grüber le Lun 22 Oct - 10:45, édité 1 fois
MessageSujet: Re: Examen de routine... et la scie ? Oubliez-la...   Dim 21 Oct - 18:21

Chaque mot qui sortait de la bouche du médecin confortait un peu plus Meryl dans sa résolution : se tirer d’ici au plus vite. Une vie de chien, à trimer dans la mine, s’occuper des mioches, d’un mari épuisé, sale et colérique…non merci. Pas pour elle.
La liberté avait certainement un prix et elle le paierait. Elle vendrait sa propre mère plutôt que de finir ses jours ici. D’ailleurs ça l’arrangerait peut-être La Mère. Avec la vie qu’elle avait eue, y avait pas de quoi prier pour que ça s’éternise.

Inspire, expire. Inspire, expire. Inspire, expire. Pas la peine de répondre, ce type était complètement à côté de la plaque.

« Bien sûr que vous n’êtes pas malade »


Ah. Voilà. Il en venait au fait. Le cliquetis de la serrure sembla résonner dans la pièce et étonnamment, la jeune femme se détendit soudain. Voilà. Tout s’éclairait. Il avait entendu parler de la Sorcière, le petit démon qui jouait de ses charmes et s’isolait dans les ruelles sombres avec des mineurs avides d’un peu de douceur. C’était pour ça qu’il l’avait faite venir. Pour ça qu’il tournait autour du pot et pour ça qu’il venait de fermer la porte. Qui aurait envie d’être dérangé par un secrétaire zêlé alors qu’il retournait une patiente sur la table d’examen ?

Le médecin la répugnait toujours autant mais elle n’hésita pas en retroussant ses jupes jusqu’au nombril, dévoilant ses jambes blanches, abritées de la poussière par le lourd tissu. Ses jambes et tout le reste d’ailleurs : elle ne portait pas de culotte. C’était incommodant.

« Si c’est ça que tu voulais fallait le dire de suite, t’aurai terminé ton affaire et je s’rai déjà dehors »


Oh bien sûr, elle ne le laisserait pas faire ce qu’il voulait. Elle ne les laissait JAMAIS faire ce qu’il voulait. C’était pas si difficile en fin de compte, suffisait d’être assez douée pour satisfaire son petit monde autrement. La plupart des types étaient tellement envoutés qu’ils étaient déjà extatiques avec ce qu’elle leur accordait. Et puis si on leur donne ce qu’ils veulent, ils reviennent plus ensuite. Faut bien fidéliser le client.
MessageSujet: Re: Examen de routine... et la scie ? Oubliez-la...   Lun 22 Oct - 10:56

֍.֍

Neil eut un instant d'hésitation. Habituellement les femmes avaient toujours un peu de mal à se dénuder devant lui – il ne comprenait pas pourquoi d'ailleurs – et il était rare qu'une de ces gourgandine ne tombe la jupe pour tout montrer dès le premier abord.
Décidément ce petit singe n'avait aucun sens de la pudeur, était-ce là une énième particularité de la dégénérescence du sang ?
Passionnant... tout bonnement passionnant ! Il avait hâte de noter ces nombreuses découvertes sur son petit cahier, pour ensuite rédiger une monographie travaillée et soignée.
Il espérait simplement que le doyen la valide, pas comme sa dernière œuvre – sur la place de la femme, justement – qu'il lui avait valu un blâme sans qu'il comprenne pourquoi.
Le Doyen ne l'aimait pas, c'était la seule raison possible. Cet homme avait l'esprit trop obtus, sauf en ce qui concernait la médecine.

Il constata tout de même que ne pas porter de sous-vêtement était extrêmement peu hygiénique. Lui ne s'imaginait pas se balader le matériel à l'air. Encore un truc de primitif, probablement.

Et elle confirma sa bonne volonté par quelques paroles qui réchauffèrent le cœur du médecin. Peut-être une perle cette fille, en fait. Une perle rare même. Accepterait-elle de se faire retirer l'utérus ? Vu comme elle semblait partante c'était possible !
Pouvoir observer la matrice d'une étrangère ! Quelle joie.

De plus en plus joyeux, peinant à cacher son excitation – toute scientifique, majoritairement – il se déplaça jusqu'à la table d'examen et sortit deux bandes de cuivre qui s'installèrent de chaque côté de la table, bien solide pour pouvoir caler les pieds. Il courut également jusqu'à ses bocaux – se retenant très fort de faire une petite danse de la joie, aussi renommée danse de l'algue vivace – et les disposant à portée de main avant de se saisir de ses gants qu'il enfila en les faisant claquer, avant de mettre en place son masque de tissu.

« Puisque vous êtes si bien disposée allez-y, prenez place. Et calez bien vos jambes, ça peut faire un peu mal. Vous voulez quelque chose à mordre ? »
Il était gentil tout de même, hein...
C'est qu'elle le méritait, cette brave bête.

֍.֍
MessageSujet: Re: Examen de routine... et la scie ? Oubliez-la...   Mar 23 Oct - 18:36

Là encore, le médecin était complètement à l’ouest…
D’habitude les types se jetaient sur elle tout en débouclant leur ceinture avec une dextérité incroyable.
Lui, il était là avec ses bocaux et ses gants, ses petits accessoires et tout son attirail. Manifestement il y avait un malentendu quelque part, et c’était peu de le dire.

Meryl rabattit aussi tôt tous ses jupons et garda ses mains sur ses cuisses pour empêcher le gugusse de faire machine arrière.
« Mais qu’est ce que vous fabriquez… »
le vouvoiement était revenu. Elle le fixait, héberluée « J’proposais un peu douceur moi, pas un d’vos trucs tordus avec votre…votre attirail là »

Sa main s’agita en direction des bocaux et de tout le matériel inconnu dont il s’était entouré. Ca pue, se dit Meryl, qui avait le nez fin. Elle se laissa glisser au bord de la table et s’approcha du médecin pour tenter de lui subtiliser la clef, logée au fond de sa poche.

« Laissez moi sortir d’ici ! »
MessageSujet: Re: Examen de routine... et la scie ? Oubliez-la...   Sam 17 Nov - 21:51

֍.֍

Un peu de douceur ? Oui ils étaient bien sur la même longueur d'onde, n'est-ce pas ? Quoi de plus doux et de plus formidable que de partir dans une expédition de ce type ? Le plaisir des grottes, les moisissures aux murs, les micro-biotes et petites bêtes propres au milieu... une authentique exploration qui ne pouvait que réjouir les cœurs les plus aventureux – ce qu'il était, à n'en pas douter.
Mais voilà que la « grotte » en question s'avérait bien peu minérale et surtout bien peu coopérante. Allons bon... n'était-ce pas elle qui s'était si gentiment proposée pour une étude dans le détail ? Les Singes avaient une humeur bien changeante, il devait s'appliquer à la noter dans ses carnets personnels, histoire de travailler autant l'aspect psychologique que physiologique.

Lorsqu'elle tenta de s'emparer de la clef, Neil esquissa un pas de côté avec l'élégance d'un danseur de ballet, et l'équilibre d'une araignée unijambiste. Au lieu de simplement s'éloigner il rencontra un peu violemment la table d'auscultation, se cogna un peu douloureusement le tibia – ou tout du moins se cogna, la notion de « douleur » lui étant bien étrangère – et s'étala de tout son long au sol, non sans avoir pris le soin de prendre la clef et de la tenir dans sa main.
Pas fermement, hélas.
Le petit objet fut expulsé par le choc et effectua un magistral arc de cercle avant de chuter en plein sur une bouche d'évacuation beaucoup trop profonde pour être honnête. L'objet laissa entendre un bruit métallique, puis un son plus mate avant de finir sa course dans la petite rivière souterraine qui coulait sous le bâtiment.

Neil se releva, prenant un air digne – qu'il n'avait pas vraiment besoin de forcer d'ailleurs. Il épousseta un peu ses vêtement, passa une main dans ses cheveux fous et fixa le lieu de disparition de leur sésame.
Leur seul sésame.
« D'après la légende cette porte a résisté à un terrible tremblement de terre ».
Autant dire que c'était du solide, que la clef venait de prendre ses jambes à son coup et que le son de cloche qui résonnait dans tout le bâtiment – indiquant la sacro-sainte heure de la pause repas – risquait de les privé de l'aide bienveillante du secrétaire.

« Désirez-vous un peu plus de thé ? »

֍.֍
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: Examen de routine... et la scie ? Oubliez-la...   

 
Examen de routine... et la scie ? Oubliez-la...
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» N' oubliez pas d 'écrire
» Examen de Potions
» Kopter a scie ou Kopter a LR??
» Mission de rang D: Examen Chuunin
» Un blogueur mis en examen

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Draümbell City - Forum RPG - Steampunk :: Sältzbürg :: Bâtiments administratifs :: Infirmerie-
Sauter vers: