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 Sombre Lucky Day

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MessageSujet: Sombre Lucky Day   Mar 26 Juin - 15:13

Sombre Lucky Day



Ceci est un event d'introduction, c'est à dire un sujet ouvert pour vous permettre d'entrer doucement dans l'intrigue, et de vous échauffer un peu avant de commencer à jouer.
Il n'est pas obligatoire d'y participer.
Vous n'êtes autorisé à poster qu'une seule réponse en réaction au post du MdJ
Amusez-vous bien !


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Le Lucky Day est toujours un jour de fête, un jour de rassemblement.
Mais pas aujourd'hui.
Cela faisait plusieurs années qu'il n'y avait eu pareil coup de Grisou. Le nombre de mort est difficile à estimer, on essaye encore de retrouver les survivants. Les vêtements sont noirs, les mines graves, nul n'a le cœur à rire et à s'amuser.
Le pub a été fermé pour marquer le deuil.
Les gardes surveillent mais de loin, laissant chacun gérer sa peine.

Ici on se fiche bien des rumeurs de meurtre dans le centre-ville, et même le jeune rebelle hargneux ne s'est pas montré, du moins pas officiellement.

Ce n'est pas un meurtre qui plombe l'esprit des Miniers, mais la Mort qui rôde autour d'eux.


MessageSujet: Re: Sombre Lucky Day   Dim 15 Juil - 13:50

Les morts dans la mine, c’est toutes les semaines. Mais rarement autant d’un coup.

La nouvelle s’était répandue tout de suite, l’agitation dans les rues avait tiré Meryl de son lit. Une journée de repos offerte par son garde préféré du moment. Il était tellement hypnotisé qu’il pointait pour elle en échange d’étreintes fiévreuses sous le porche de son baraquement. Un gentil gars, vraiment. Elle ne l’avait pas revu en rejoignant la foule paniquée à la Mine. Peut-être qu’il resterait enseveli là-dessous lui aussi…ça arrivait que des contremaîtres, des gardes ou des médecins y laissent une jambe, une main ou la vie.

Meryl était venue pour aider, bien sûr. Elle avait beau être un peu à l’écart de la vie des faubourgs, elle ne manquait pas de cœur pour autant. Mais elle n’avait pas fait dix pas dans la foule que les murmures commençaient.

Evidement elle n’était pas dans la mine celle-là…
Elle lisait l’avenir, fallait être dingue pour aller se suicider dans les boyaux un jour comme ça.
Pourquoi elle n’avait pas prévenu ?
Oooh mais elle avait prévenu. Elle l’avait dit à la fille Carlsfeld de faire attention à ses miches et elle faisait partie de ceux qu’on retrouvait pas.
A c’compte là elle pouvait aussi avoir tout déclenché, hein !

Les cheveux noirs de la jeune femme frémirent quand elle tourna la tête vers la voix. La vieille Bernstein. Pas étonnant. Son regard se planta dans le sien jusqu’à ce que la femme détourne les yeux. On accusait pas impunément le Corbeau.

Mery avait joué des coudes pour se faufiler jusqu’à la cour où les corps des travailleurs gisaient les uns à côté des autres. Elle aurait pu être utile à soigner les blessés aussi, bien sûr. Mais toutes les femmes qui y étaient déjà et l’auraient jetée dehors sous prétexte qu’elle portait malheur. Alors autant s’occuper des morts.

Et depuis la veille au soir elle s’agenouillait auprès de chaque cadavre, trempait son linge dans un seau d’eau, nettoyait le sang et la suie des visages, essayait d’arranger un peu les cheveux, de décrisper les mâchoires ou de fermer les yeux vitreux. Bien entendu il y avait ceux que cette petite toilette ne suffisait pas à rendre potables. Les crânes défoncées et les visages méconnaissables… Elle fouillait lentement les vêtements, cherchait un médaillon, une initiale brodée, une ceinture rafistolée, n’importe quoi pour identifier les malheureux. Et à la fin de chaque rangée, inlassablement, elle allait se planter à côté du garde et lui donnait les noms de ceux et celles qu’elle avait reconnu.
L’arrivage avait fini par se tarir un peu. Assise contre le mur, elle rinça son chiffon dans l’eau et nettoya son propre visage sous l’œil un peu écœuré du garde. Son regard pesant finit par l’agacer et elle tourna la tête pour le regarder. Jouer de sa situation de malheureuse faisait aussi partie du jeu. Elle tendit la main et désigna la poche du garde, qui lui tendit une cigarette.

La fumée s’insinua dans ses poumons, ne lui faisant pas plus d’effet que les brumes qu’elle respirait chaque jour dans les faubourgs. Le gars finit par ouvrir la bouche et marmonna sans la quitter des yeux

« Les autres sont à l’infirmerie…ils retrouveront plus personne. Tu devrais rentrer chez toi… »


Meryl haussa les épaules et fuma sa cigarette en silence, son cœur se desserrant doucement alors qu’elle passait en revue la cour. Elle n’avait pas croisé le cadavre qu’elle appréhendait. C’était déjà ça de pris. En se relevant, elle épousseta sa jupe crasseuse et tapota ses cheveux avant d’aller vider son seau dans l’égout.

C’était déjà ça de pris.
MessageSujet: Re: Sombre Lucky Day   Dim 7 Oct - 17:49

La colère, la rage...
Elles brillaient dans le fond de ses pupilles sombres et il peinait à les retenir, les lèvres serrées pour ne pas hurler, les poings contractés pour ne pas frapper.
Dans cette foule épaisse il cherchait Edouard du regard, comptait sur sa présence rassurante pour ne pas exploser en fragments de haine.
De toute manière ce n'était pas le moment.

Si lui n'avait pas été pris par le coup c'était parce que son équipe se trouvait bien plus loin au moment de la déflagration. Ils étaient restés bloqués au fond un moment et étaient aussitôt remonté pour tenter de porter secours aux blessés coincés de leur côté mais c'était peine perdu. L'explosion s'était révélée meurtrière.
Son groupe s'en était tiré indemne parce qu'il prévoyait toujours des ressources en cas de problèmes et qu'il s'étaient rationnés le temps qu'on déblaye le passage. D'autres n'avaient pas eu cette chance.
Pourtant tout cela aurait pu être évité.

Par soucis financiers, Von Heiligen n'avait pas fait purger les poches de gaz cette année, et pas non plus payé de quoi étayer les tunnels les plus fragiles. C'était de sa faute, encore.
Oui tout ça aurait pu être évité et l'accusation ferait la première page de son journal, aucun doute là-dessus. Il avait un nouvel argument sur lequel s'appuyer pour remettre en doute l'autorité des Aristocrates des mines.
Il se fichait pas mal des complications politiques et des soucis financiers de la famille. L'argent était-il plus important que les vies ?
Dans ce monde oui, mais ça n'avait pas lieu d'être.

Comme les autres Morgan baissa la tête. Cette fois il se tairait et assisterait au règne de la mort.
Pour la dernière fois.
Edouard aurait beau dire, beau faire, cette fois il n'apaiserait pas l'esprit enflammé de son bras droit.

Morgan n'utiliserait pas ses poings pour parler, pas cette fois. Les mots seraient plus forts.
MessageSujet: Re: Sombre Lucky Day   Lun 22 Oct - 13:36

Il était à l’écart, fulminant de rage, mais surtout remplit d’une grande tristesse. La vie de Minier n’est jamais simple, mais ce genre d’événement ne devrait pas avoir lieu.
Pas de masque aujourd’hui, pas de rebelle. Ça ne servait à rien, et puis il n’en avait pas envie.
Il connaissait plus ou moins indirectement toutes les victimes. Des frères de, des sœurs de, des enfants de. Des amis, aussi.
Heureusement, dans cette tragédie, un petit espoir lui soulagea le cœur lorsqu’il vit Morgan, son bras droit et surtout ami. Qu’aurait-il fait, si Morgan avait périt avec les autres ? Il n’aurait certainement plus eu la force de se battre pour la rébellion, ou alors à l’inverse, il aurait dédoublé d’efforts, en sa mémoire. Allez savoir. - Non, espérons ne jamais savoir, car ça voudrait dire que Morgan serait mort -.

Edouard se fraya un chemin dans ce troupeau de personnes en deuil, pleurant silencieusement. C’était peut-être ça le plus difficile à supporter : ce silence pesant, assourdissant. Il arriva bien vite auprès de son ami qui avait la tête baissé.
Les mots se serviraient à rien dans cette situation, alors Edouard resta silencieux un bon moment, ne signalant pas sa présence. Puis, il posa sa main sur l’épaule de Morgan. Un soutien, que pouvaient-ils s’offrir de plus, dans un moment comme celui-ci ?

Il aurait pu, bien entendu, venir masqué et hurler sa rage. C’était – malheureusement – un contexte, une situation allant en la faveur d’une possible croissance pour la rébellion. Mais à quoi bon ? Même lui, aujourd’hui, n’avait pas envie d’endosser ce rôle. Ils avaient tous perdu quelqu’un, et le brun aux boucles n’avait pas du tout envie de souffler le vent de la rébellion dans un moment comme celui-ci.

« Pour nos frères, nos sœurs, nos parents et enfants. Je jure qu’un jour, tout changera. »

Il ne s’adressait pas vraiment à son ami. Il parlait peut-être pour lui même, comme une promesse solennelle qu’on se murmure à soit-même. Il avait les yeux rivés sur les cadavres des travailleurs, ceux qui avaient eu la chance d’être retrouvés. Oui, c’est triste de parler de chance dans un moment comme celui-ci. Mais au moins, les familles avaient un corps sur lequel pleurer. D’autre n’ont pas se privilège.
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