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 Luxis Reise - Fiche terminée

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MessageSujet: Luxis Reise - Fiche terminée   Luxis Reise - Fiche terminée EmptyMar 8 Jan - 18:00

Luxis Reise


Surnom : L’hystérique, le couturier, fée aux doigts d’or

Âge : 25 ans

Ville de naissance : Draümstadt

Rang social : Habitant

Caste : Marchand

Métier : Tailleur et couturier

Avatar : Balor, Bubble comics

Talentueux ● Instables ● Combattifs ● Lunatiques ● Fantaisistes ● Méprisants ● Novateurs ● Acerbes ● Joueurs ● Egoïstes ● Dominateurs




Nous sommes ce que nous sommes


Je ressemble à...


Nous aimons nous faire remarquer. Pourtant, la nature a souhaité jouer en notre défaveur, daignant nous accorder une taille modeste, si ce n’est inférieure à la moyenne, un corps fin voire frêle. Notre peau est d’une pâleur maladive, accentuée par les jours de privation, par le mal qui nous ronge quotidiennement, bien que nous essayons d’y apporter quelques couleurs par des traits de maquillage bien placés. Depuis toujours, nous avons su affronter ce que la nature a souhaité nous imposer. Nos cheveux épais, sombres, sans cesse troublés de boucles sauvages ébouriffées, nous les avons sévèrement disciplinées en anglaises soignées. Leurs courbes dévoilent notre regard, se glissent sensuellement le long de notre cou gracile, s’épanouissent sur nos épaules fragiles. Du khôl, du mascaras, accentuent la longueur de nos cils, renforcent l’intensité de notre regard, des prunelles turquoises enchâssées dans notre peau blafarde, peau de poupée. Des pupilles y ont été scellées, semblant d’humanité, dont les mouvements sont censés trahir des émotions mais qui se contentent d’un semblant de réaction à la luminosité. Nos sourcils sont parfaitement dessinés, amplifient la moindre de nos réactions, accompagnent le plus petit soupir. Un nez fin, délicatement retroussé, des lèvres presque inexistantes que nous nous plaisons à mettre en avant d’un trait de crayon sombre. Nous apprécions les couleurs, pour autant, seules les plus sombres dessinent au mieux les volumes de notre visage, comme nos pommettes saillantes, notre bouche avide, le moindre plissement de nos paupières. La malice étire souvent nos lèvres dans des rictus moqueurs et amusés.

Notre corps est un sujet d’étude pour les regards les plus curieux. Lors de notre création, il a été décidé qu’un sexe masculin devait nous être attribués ; pour autant, nous n’apprécions guère nous définir selon une telle dualité. Il est courant de nous voir parader, vêtus de robes faites de broderies, de froufrous, de velours et il est tout aussi fréquent de nous voir préférer un veston stricte ainsi que le port d’un pantalon. Nous apprécions les vêtements de haute qualité et veillons à nous-mêmes les fabriquer, pour nous assurer à ce qu’ils correspondent à notre silhouette particulière et à nos exigences uniques. Nous ne reculons jamais devant le port d’accessoires, un chapeau coquettement posé sur le sommet de notre tête, des mitaines brodées, des longues bottes aux talons effilés, des bijoux variés, allant du banal collier au percing déposé sur le coin du nez. Quelques rares personnes ont eu la chance, à notre plus grand malheur, d’étudier notre corps, notamment l’hideuse cicatrice qui déforme notre poitrail, à proximité du cœur. A bien regarder, on peut discerner sur notre visage d’immondes cicatrices que nous essayons bien vainement d’effacer sous des couches de maquillage, mais qui restent perceptibles. Nos mains sont abîmées, le bout de nos doigts ont été maintes fois piqués et ont été plus d’une fois malmenés. Nous avons beau en prendre soin, ils ont perdu depuis longtemps de leur douceur. Comme notre rire et notre sourire carnassier.


Je pense comme...


Depuis le décès tragique de notre maître, nous ne sommes plus protégés par son ombre. Nous avons dû nous avancer et faire face à la Haute Société. Nous aurions pu nous sentir intimidés. Nous aurions pu reculer face à tant de nouvelles responsabilités, face aux pressions qu’on a eu l’erreur de nous imposer. C’eut été mal nous connaître. Nous sommes le bras armé obéissant au dictat de la mode vestimentaire. Dans ce monde où une élite de la société se détache d’une vermine grouillante, nous sommes ceux qui imposent les règles d’une identité à laquelle tous doivent se plier. Même la Reine se soumet à cette volonté dont nous sommes la pure incarnation. Que la foudre terrasse l’imbécile qui pense que les vêtements ne sont que des guêtres que l’on enfile… Dans ce monde dirigé par l’apparence, par l’allure et le charisme, les vêtements ne sont pas seulement un moyen de se démarquer, ils symbolisent en eux-mêmes l’identité de chaque individu. Ils reflètent son rang, sa stature, son rôle dans cette société. Croyez-vous qu’un Ministre va se contenter du même coton que porte un simple Habitant ? Pensez-vous que le chanvre puisse même être proposé à un Noble alors qu’il s’agit du textile privilégié pour les Mineurs ? Prêtez-vous oreilles lors des grandes soirées mondaines, alors que les demoiselles jacassent sur les tenues, s’inventent des rivales, ou au contraire, se rassurent quand elles se comparent ? Les tenues que nous fabriquons sont les armes et les armures nécessaires pour se trouver une place dans notre réalité. Elles révèlent votre essence et défendent votre importance. Pensez-vous que l’on va remarquer un homme de la Milice s’il porte un legging et des simples sandales ? Ne me faîtes pas rire. Nous sommes connus pour avoir déjà habillé la Reine plus d’une fois, pour avoir dessiné des robes qui s’arrachent à des milliers, pour avoir fait baver plus d’un Noble sur les tenues que nous proposions.

Nous ne sommes qu’un tailleur, et vous voilà tous à genoux devant ce que nous avons créés. Voilà que vos mains effleurent les chaussures que nous avons dessinées, voilà que vos yeux parcourent avec envie des tissus que nos doigts ont soigneusement cousus. Ce que vous touchez, ce que vous portez, c’est nous-mêmes qui l’avons façonné. Et vous voir déambuler, prisonniers de ces écorces de tissus, nous procurent une sensation de jouissance indéfinissable. Qu’il est appréciable, de vous voir tous dirigés par notre volonté. Vêtus de nos pensées, enveloppés de notre imagination, vous n’êtes que les acteurs de notre réalité.

Notre esprit souffre d’hallucinations terribles qui nous poussent à ingérer des substances plus toxiques les unes que les autres, notre potentiel de création n’est limité que par l’épuisement que nous ressentons, par la lassitude qui terrasse nos membres, par cette perte d’élan vital qui nous saisit après des jours de travail. Nous sommes effrayés par l’oubli et l’obscurité, nous ne supportons pas l’humiliation et veillons, toujours, à reprendre le dessus. Nous sommes avides de vos richesses, nous sommes avides de sexe, de relations violentes où nous pourrions dominer. Notre soif débridée nous a poussés à la création de sous-vêtements affriolants, d’accessoires menaçants, comme ces menottes parfois si serrées qu’il est impossible de les retirer. Voyez-vous, jusqu’où nous vous suivons ? Au plus profond de votre intimité.

Avant d’en venir à là, nous sommes passés par d’énormes sacrifices, par des souffrances qui marquent autant notre derme que notre existence. Ce que certains nomment folie n’est qu’un autre terme pour qualifier notre génie. L’éducation que nous avons reçue était limitée, mais nous n’avons pas besoin de connaissances futiles quand nos mains ont le talent. Nous sommes des créateurs, nous sommes des créatures abjectes, crachées par une société en colère après avoir été longuement mastiquées. Nous avons rampé hors de notre tombe, jusqu’à s’en arracher les ongles. Il n’y a pas de mots pour décrire la rage qui nous habite, cette haine pour ces figures qu’on habille. Si vous saviez ce à quoi nous avons pensé quand nous avons dessiné cette robe rouge. Nous avons pensé à votre pauvre tête, plantée sur un pique, comme elle l’est à présent, dressée sur un col bien trop haut qui vous étrangle mais que vous vous efforcerez de porter. Sale chien, sais-tu pourquoi nous avons donc tant serré votre pantalon ? Pour que vous ne puissiez pas vous défroquer sans pincer l’asticot qui vous sert de membre, peut-être même qu’en remontant la fermeture, vous vous le coincerez ? Et s’il fallait le couper pour le dégager ? Pauvre déchet de la société, si tu savais que nous avons lavé le tissus de ta chemise dans de la pisse d’âne malade, dans l’espoir de te voir crever ?

En retrait, nous vous observons, un verre entre nos doigts recouverts d’un gant noir, tout vêtu de sombre. Nous sommes le corbeau annonciateur de malheur, nous sommes toujours en deuil, deuil de ce que nous avons été, deuil de tout ce que ce monde pouvait encore nous donner envie de vivre. Nous préférons vivre perdus dans nos illusions, dans nos hallucinations que vous décriez et dont vous vous moquez, dans cette autre réalité où nous sommes plus puissants que vous ne l’êtes tous réunis. Où nous nous amusons à vous voir danser, les membres attachés aux fils que nous avons nous-mêmes noués. Nous sommes ambitieux, nous sommes talentueux. Nous sommes rage et pitié, nous sommes amour et décadence, nous sommes tristesse et espoir, nous sommes brisés. Nous ne sommes pas seuls et nous formons pourtant une unité pour vous terrasser.


On m'a formé pour que je sois...


Niveau de force (de 1 à 10) : 2/10 Notre corps et notre santé fragiles sont un réel handicap pour la force que nous sommes capables d’exercer. La blessure à notre cœur, reçue il y a de cela un an, continue à affaiblir nos capacités et nous contraint à surveiller nos efforts. Nous sommes actuellement suivis par un médecin pour un entraînement quotidien visant à muscler notre cœur, pour progresser, bien que les conséquences de l’entraînement restent relativement discrètes.
Capacités de combat (de 1 à 10): 7/10
Ne vous fiez pas au métier que nous pratiquons actuellement. Nous avons choisi d’apprendre à nous battre et avons fait appel à plus d’un professeur pour apprendre à pallier nos difficultés purement physiques. Nous ne quittons que très rarement la dague glissée à notre hanche, et combien même ne l’aurions-nous pas, nous nous sommes déjà servis de notre ciseau de couture pour le planter dans un œil trop curieux. Nous n’avons pas eu l’éducation de la milice, mais la rue est un professeur bien plus intransigeant que n’importe quel Homme….  Plus encore quand notre esprit et notre corps diffèrent de la norme. Nous sommes des bagarreurs, nous sommes des guerriers, nous avons goûté au sang et nous y avons pris goût. Ne vous amusez donc pas à tâter notre torse pour y trouver une poitrine et ravalez vos paroles insultantes, avant que l’on ne couse vos lèvres pour vous réduire au silence. Nous n'hésitons pas à arracher les yeux avec nos dents ou à déchirer votre peau de nos ongles acérés.
Charisme (de 1 à 10) : 9/10
Nous n’appartenons pas à la Noblesse, et l’on s’amuse à dire que nous nous prenons pour des Majestés à employer un tel pronom pour nous désigner. Néanmoins, nous côtoyons les plus Grands et leur offrons tout notre talent pour leur offrir les plus belles tenues. Les plus riches tissus, les broderies les plus soignées, les plus complexes et travaillées, tous les artifices pour appuyer le pouvoir, pour mettre en avant la beauté ou la puissance. Nous sommes accoutumés à dissimuler les défauts ou à en faire des forces, nous sommes habitués à faire du corps une arme de dissuasion, à le rendre plus convainquant d’une dague glissée sous la gorge, à le faire paraître bien plus attirant que s’il eut été nu. Nous sommes tailleur et couturier, et nous veillons toujours à n’avoir rien à envier à nos clients. Nos tenues sont toujours originales, innovantes, captivantes, comme notre allure soigneusement travaillée et notre éloquence distinguée.  
Niveau d'éducation : 5/10
Nous connaissons ce que tous les individus sont censés connaître. La base, rien de plus. Nous n’avons jamais réellement éprouvé d’intérêt pour l’apprentissage, la connaissance… Non, nous n’en avons pas eu besoin pour réussir. Notre talent a suffis, ainsi que nos petites manigances.
Niveau d'intelligence (de 1 à 10) : 7/10
Nous sommes parasités par tant de choses. Les visions que personne ne voit, les sons que seuls nous percevons, les idées qui interrompent notre raisonnement. Nous avons une imagination et une capacité de création impressionnantes, nous trouvons toujours des solutions aux difficultés qui se présentent à nous, mais il arrive que les crises d’angoisse nous tétanisent, que notre vision particulière de la réalité nous pousse à commettre des erreurs stupides que nous ne pouvons nous pardonner.


Histoire de famille



La Reine : Pour nous, elle représente le Monde. Nous prenons plaisir à la vêtir et combien même n'entretenons-nous qu'une relation purement professionnelle, une étrange complicité nous relie. Peut-être sont-ce nos esprits brisés par les trahisons et les rivalités qui nous poussent à nous rapprocher.

Les Nobles : Depuis que la Reine nous a conviés à offrir nos savoirs aux autres Familles, nous avons eu l'occasion de rencontrer beaucoup d'inconnus, dont nous nous sentons plus ou moins proches... Bien entendu, ils sont si nombreux qu'il nous est difficile de vous préciser les liens qui nous unissent.


Fragment de nos vies



Notre vie connut de très nombreux tournants. Notre mère aimait à nous dire que nous étions nés avec une aiguille d’or entre les doigts ; dès notre plus jeune âge, nous prenions plaisir à coudre, à filer, à broder, à créer. Progéniture d’une très grande famille de Marchands, nous étions les derniers nés. Nos responsabilités étaient moindres et nous disposions de tout le temps, de tout le matériel dont nous avions nécessité pour apprendre à façonner les vêtements auxquels notre imagination précoce donnait naissance. Nous étions affectueusement nommés « la petite fée » par notre famille.

Il y a 13 ans de cela, le Couturier royal cherchait des apprentis à qui transmettre son art. L’âge avançait. Sa vue se troublait et ses vieilles mains devenaient maladroites, au fur et à mesure des années. Il s’inquiétait et espérait trouver une relève à hauteur de sa réputation ; une réputation connue pour n’avoir jamais troublé la surface paisible de la Haute Société. Le bannissement était si aisé qu’il était, à nos yeux, suspect qu’un homme de son tempérament n’ait pas fait parler de lui. A l’époque, nous étions encore naïfs et plein d’espoirs. Si tôt prévenus par nos parents, ses principaux fournisseurs en tissus, nous avons décidé de tenter notre chance. Nous avions, déjà à l’époque, des talents évidents d’éloquence et de couture. Le jour de notre convocation, nous avons apporté au Couturier certains de nos travaux, ceux dont nous étions les plus fiers. Des tenues sur lesquelles nous avions travaillé des jours durant, ramassant les débris de tissus abandonnés ou oubliés, les assemblant de sorte à constituer des tenues bariolées. L’harmonie était la plus importante et nous savions que le Couturier appréciait la symétrie : nous avons veillé à fermer les vestes en leur milieu exacte, chaque bouton séparé d’une même distance les uns des autres, des cols droits, le moindre pli était calculé et laissé volontairement pour dessiner un muscle, un creux, marquer une taille, accentuer l’élancé des jambes. Nous avons plu au Couturier, nous et un autre, nommé Edgar. Nous nous souviendrons toujours de ses mots, si fiers, quand il nous a acceptés, que sa main usée s’est perdue dans nos cheveux broussailleux.

« Aujourd’hui, vous quitterez vos familles et vous me rejoindrez. Oubliez votre mère, votre père, à partir de ce jour, je deviens votre unique famille. »

Pourquoi avoir choisi 2 adolescents et les arracher des leurs ? Ce n’était pas simplement une démarche généreuse de sa part, non, nous ne l’avons que trop vite compris. Il nous tenait sous sa coupe. Nous n’avions pas d’échappatoire. S’arracher de son étreinte pouvait avoir des incidences sur nos familles… Et il prenait un réel plaisir à alimenter notre rivalité. Edgar était le frère d’un Milicien redoutable ; pour ma part, j’étais la progéniture de Marchands dont l’importance allait croissante. Combien de fois nous sommes nous affrontés du regard, placés de chaque côté de l’Atelier ? Notre Maître était assis sur son fauteuil, les mains jointes sur son ventre, à nous détailler avec amusement. Il nous considérait comme de jeunes fauves, qu’il appâtait avec des récompenses alléchantes.

« Et si vous m’accompagniez, ce soir, lors de la réception ? Je vous laisse un jour pour préparer votre  tenue de soirée et je déciderai qui m’accompagnera. »

Rapidement, Edgar voulut profiter de sa supériorité physique. Il eut la sottise de penser que nous ne serions pas capables de nous défendre : ainsi, à l’approche de la soirée, il a forcé l’entrée de notre chambre. Il a voulu arracher nous arracher la robe que nous préparions. C’était sans compter notre expérience, notre rage viscérale, qui nous a poussés à nous jeter à ses bras. Nous l’avons mordu à sang, nous avons laissé nos ongles solides déchirer son visage. Le souvenir de son cri nous arrache encore des frissons. Nous étions prêts à tout pour réussir et lorsqu’il s’est reculé, nous nous sommes armés du ciseau de couture, nous l’avons saisi comme d’un poignard et nous avons attrapé son col. Nous l’avons menacé, la pointe vers sa jugulaire, les yeux plantés dans les siens. Edgar a eu peur ce jour-là ; et nous retrouvions avec extase la sensation de toute puissance que nous apprécions ressentir. Edgar s’était fié, bêtement, à ce qu’il voyait. Il appréciait nous humilier et ne daignait respecter notre pluralité. Il ignorait que dans la rue où nous vivions, nous avions été plus d’une fois pris pour cible. Que nous avons eu la protection d’un milicien, qui nous a appris à ne pas trembler quand venait l’instant de frapper. Qui nous a appris à ne pas reculer, quand vient le moment d’affronter un danger. Ce soir, nous ne fûmes pas conviés à la réception. Il en fut de même pur Edgar. Mais notre rival n’eut plus le courage de directement nous confronter.

Par la suite, les évènements s’accélérèrent. Le Couturier exigea de nous de plus en plus de travail, mais nos occupations ne concernaient plus seulement la couture ou les prémisses d’une nouvelle mode. Il nous demanda une compagnie plus intime, et nous garderons à jamais le souvenir de cette fois où il nous a poussés à nous dénuder devant lui. Nous ignorons si Edgar dût subir les mêmes attentions que nous, mais nous avons appris le plaisir et le dégoût, la jouissance et la souffrance, entre ces mains abîmées, glacées, dont le moindre contact était intéressé. Nous avons l’audace de croire que nous avons été ses préférés et nous avons veillé à le rester. Par sécurité, nous avons profité de la relation de confiance qui se renforçait pour lui faire signer des bons de commande pour nos futures créations, ou d’autres papiers parfois plus compromettants. Nous nous méfions d’Edgar et de ses décisions. Et notre instinct avait vu juste.

La veille de nos 23 ans, le Couturier annonça sa volonté de partir en retraite. L’un de nous hériterait de son atelier, l’autre… Eh bien son sort dépendrait de la pitié de celui restant. Ce jour là, nous nous sommes assurés de satisfaire les besoins de celui qui appréciait l’idée d’être notre « Maître », notre « Père » et notre « Mère » réunis. Nous l’avons appelé par tous ces titres qu’il appréciait, nous l’avons comblé, jusqu’à ce qu’il s’en écroule. Puis souillés, nous sommes rentrés jusqu’à l’appartement que nos maigres économies nous avaient permis d’acheter. Dénudé, nous sommes sortis de la salle de bains et nous nous sommes dirigés vers le miroir pour nous contempler dans l’obscurité. Et nous ne vîmes que trop tard cette ombre émerger de la nuit. Une main refermée sur notre crâne, notre visage éclaté contre le miroir, miroir qui se brise, sang qui gicle. La douleur qui nous traverse, nous déchire, le hurlement qui s’arrache, la tête qui s’écrase contre les fragments de verre.

L’inconscience.

Nous avions toujours eu des difficultés pour nous définir en tant qu’identité. Le pronom masculin ne nous correspondait pas, ni celui féminin. Nous étions bien plus que cela. Et cette tentative d’assassinat nous le fit comprendre. Notre survie fut une chance… incroyable. Nos cris ont alerté mes voisins, dont l’un n’était autre qu’un jeune Erudit qui nous a immédiatement pris en charge. De ce que nous avons compris, une de nos artères irriguant le sang au cœur avait été touchée… Nous perdîmes beaucoup de sang, nous traversâmes un enfer fait de délires, de coma, une période sombre d’où nous finîmes par émerger. Plus puissants que jamais.

Nous entendions toutes ces voix, plus présentes qu’elles ne l’avaient jamais été. Ces voix qui nous faisaient nous retourner quand nous marchions dans la rue, ces pensées que nous ne savons pas si elles eurent été étrangères ou nôtres, au point où « je » compris que nous étions « nous ». Nous, nous car nos pensées différaient, car notre « identité » ne pouvait pas être qu’une, car certaines avaient la vision d’une réalité que nos yeux ne parvenaient pas à voir, que nos mains ne pouvaient pas toucher. Comme ces yeux que nous voyions apparaître par milliers autour de moi, qui déformaient les visages des personnes penchées vers moi. Des « hallucinations », qualifiées par le docteur, associées à « un trouble de dépersonnalisation sévère » et d’autres termes complexes pour moi. Nous connûmes la rage, la vraie, celle qui pousse à hurler à en vomir ses entrailles, celle qui pousse à marcher, même relié à des fils censés nous maintenir en vie. Notre rémission fut rapide et nous apprîmes avec bonheur que notre Maître n’avait pas souhaité choisir entre Edgar et moi…  Nous ne trouvâmes pas mon assassin, mais quand il nous fut autorisé à retrouver notre « famille » et que nos yeux ont vu la pâleur d’Edgar, nous comprîmes. Nous veillâmes à lui offrir le plus charmant sourire, sur notre visage marqué à jamais des éclats de verre.
Edgar pensait qu’il avait fait le premier pas. Il commençait seulement à s’inquiéter des conséquences de son acte. Avait-il même conscience que notre plan avait pris place depuis des années déjà ? Il ne nous avait qu’encouragés à accélérer les choses. Quelques jours suite à notre retour, nous proposâmes à notre Maître un moment passionné. Il accepta sans rechigner et s’étendit de tout son long sur son lit à barreaux. Nous prîmes plaisir à bander ses yeux, avant d’attacher ses poignets grâce à une paire de menottes empruntées à un ami Milicien. Nous le déshabillâmes. Et alors qu’il frétillait d’impatience, nous nouâmes autour de sa gorge un foulard bien trop coloré pour nous appartenir. Edgar avait toujours apprécié les mélanges criants… Et ce n’eut été que lui rendre hommage d’étrangler notre maître avec un foulard de sa conception.

Le maître manqua d’air. Sa bouche s’ouvrit, il voulut peut-être crier, mais nous resserrâmes fermement le foulard. Il se débattit. Son corps se tordit avec la violence d’un cheval qui se cabre. Installé sur son torse, nous pressions notre bassin contre sa cage thoracique, appuyant de tout notre poids sur ses côtes saillantes tout en gardant fermement le bout de tissus entre nos doigts. La mort fut lente à venir. Ce fut un vrai combat, qui nous laissa en sueurs, épuisés, tremblants. Il était tétanisé, et même quand la vie l’abandonna, ses maigres muscles restèrent contractés. Les jambes en coton, nous reposâmes nos pieds au sol. L’air nous manquait, la nausée nous gagnait. Nous avions tué. Nous nous accordâmes de longues minutes, pour reprendre le cours de nos pensées. Nous récupérâmes le précieux foulard, l’arme du crime, que nous cachâmes sous le matelas de notre Maître. Puis nous sortîmes de la chambre. Nous appelâmes Edgar. D’une voix brisée. D’une voix larmoyante, alors que les larmes montaient à nos yeux. Edgar apparut dans le couloir, méfiant, mais lorsqu’il nous vit tomber à genoux, il se précipita sur nous.

_ Edgar… Edgar, il est mort…

Nos mots le laissèrent éberlué. Hésitant, il se rendit dans la chambre… Et alors, nous refermions la porte. Nous ne laissâmes pas le temps à Edgar de réagir. Nous la verrouillâmes avant de la bloquer à l’aide d’une chaise, puis nous reculer. Nous nous précipitâmes dans la partie de mon atelier où se trouvaient tous les bons de commande… Vous en souvenez-vous ? Oui, ceux que j’ai fait signer à mon maître. Dont un faux testament, rédigé à la machine à écrire, comme tous les courriers de notre Maître. Un testament signé de sa propre main, où notre Maître fait de moi son seul et unique héritier pour la protection que nous lui avons apportée. Où il accuse Edgar d’avoir déjà attenté à sa vie, qu’il craint pour son existence. Testament que nous nous empressions de chiffonner et d’abandonner dans la chambre d’Edgar. Il hurlait, depuis la chambre. Nous ne l’écoutions pas. Nous récupérions dans notre chambre une arme, dans un joli coffret. Une lame, semblable à celle qui nous… Nous ne nous laissions pas le choix. Nous rejoignîmes le miroir. Nous regardâmes longuement notre reflet. Avant de lever le bras, d’utiliser cette lame pour tracer une estafilade le long de notre joue. Le sang coula, rouge. S’infiltra dans mes anciennes cicatrices. Se mêla à… une unique larme qui dévala notre joue. Le miroir se brisa. Non, ce fut notre visage. Il se brisa, en sanglots, en cris, en hurlements qui nous firent tomber à genoux. Une crise atroce, où nous eûmes la sensation d’être comme arrachés de notre corps, d’être… distants à tous les évènements qui s’ensuivirent. Une patrouille fut alertée par nos cris. Nous avions rampé jusqu’à la chambre et nous nous étions prostrés par terre. Nous fûmes pris en charge.

Les preuves apportées furent suffisantes pour condamner Edgar pour avoir tué notre Maître et pour avoir attenté à ma vie. Le Couturier ne survécut pas. Pour notre part, nous fûmes innocentés. Ce ne fut pas sans conséquences pour notre carrière, la Reine, face à ses déboires, choisit de nous reléguer à une des familles Nobles acceptant notre talent. Les Hesse furent les premiers à accepter une collaboration, bientôt suivis par les De Clèves puis les Függer. La Reine elle-même, depuis quelques mois, s’intéresse de nouveau à ce que nous faisons et a même accepté l’offre d’une robe d’un blanc immaculé, en soie blanche aux doux reflets nacrés, la taille cernée d’une ceinture à la boucle faite d’argent et d’un unique diamant.

- Extrait du dossier confidentiel tenu par le Docteur Jonathan R. Brüger –
Luxis, 25 ans
Souffre d’hallucinations visuelles et auditives depuis sa plus tendre enfance ; son père rapporte ainsi une « mère » que Luxis n’a jamais connue (morte à la naissance)
Tient des propos mensongers paraissant pourtant rationnels et réalistes (raconte ainsi des souvenirs précis de son enfance avec cette « mère » décédée)
A toujours eu une vision particulière de la réalité, notamment de son relationnel avec les autres
Enfant fragile, menteur, à la physionomie particulière (syndrôme de Klinefelter ? Retard pubertaire, troubles d’apprentissages du langage (« nous » semblait plus facile que « je » ?), manque évident de testostérone (présence d’une légère « poitrine » ? ), manque évident de tonus musculaire, douleurs chroniques des membres supérieurs, difficultés de mémorisation, impulsivité sur les actes)
Aux 10 ans de Luxis, on rapporte un évènement grave ayant majoré la présentation des troubles
Disparu la veille, retrouvé le lendemain matin, blessé grièvement et présentant les marques de violences notamment sexuelles
Luxis n’a aucun souvenir de l’évènement
Suite à cela, présentation d’une « fracture » psychologique, exacerbation des hallucinations, pensées paranoïaques, « fracture » de soi
Luxis ne se décrit plus comme un « être » mais comme un « ensemble de morceaux », notion de « pluralité »
Apparition de comportements violents envers sa fratrie (non relevés par le père)
On relève des épisodes de fugue, des amnésies accompagnant les crises « d’hystérie » : durant ces crises, on note une dépersonnalisation (Luxis se sent « absent »), des cris, de l’agitation extrême. Ces crises s’enchaînent par des périodes de perte d’élan vital
On note une imagination exacerbée, très créative, « libératrice » pour le patient
Trouble de la personnalité encore non précisé :
1) tendance à personnalité dite « borderline », notamment des relations instables et intenses, perturbation de l’identité, impulsivité, répétitions de comportements de menace (envers lui-même ou les autres), instabilité affective, sentiments chroniques de vide, colères intenses et inappropriées, survenue transitoire dans des situation de stress, d’une idéation persécutoire ou des symptômes dissociatifs sévères) ?
2) personnalité « narcissique » : sens grandiose de son importance, absorbé par des fantaisies de succès illimité, de pouvoir, de splendeur ; pense être « spécial » e « unique », besoin excessif d’être admiré, pense que tout lui est dû, exploitation des autres, manque d’empathie, envie les autres et pense que les autres l’envient, comportements arrogants et hautains
3) troubles de la personnalité non identifiés
A garder sous surveillance, bien qu’actuellement, semble davantage être une victime qu’un danger –



Derrière l'écran...

Je, soussigné Luxis Reise déclare avoir pris connaissance du règlement et m'engage à suivre les règles de bonne conduite sur le forum.
Comment avez-vous découvert le forum ? : Je suis déjà présente sous le compte de Jonathan
Un petit message ? Oui, le Maître des Mines m'a transmis un CODE SECRET. Le voici : Le masque du maître me provoque des frétillements.
MessageSujet: Re: Luxis Reise - Fiche terminée   Luxis Reise - Fiche terminée EmptySam 12 Jan - 20:23

Bienvenue !



Désolé pour le retard et Re-bienvenue magnifique personnage. Cette fiche est splendide et le personnage est d'une complexité absolument délicieuse !

Te voilà désormais validé et près à rejoindre la ville.

N'oublies pas de créer ton journal de bord (obligatoire). Ensuite tu pourras aller faire quelques demandes spéciales si tu as besoin d'un lieu en particulier. Si tu as envie de te faire la main, tu pourras également t’entraîner sur le rp de groupe réservé à ta caste Maudits journaux pirates !

Tu pourras également proposer des scénarios ICI

PS : Pense à mettre les liens de ton Journal de bord et de ta fiche dans le profil, pour que les copains puissent voir plus facilement les aventures de ta vie.

Au plaisir de te croiser !


 
Luxis Reise - Fiche terminée
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