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 Our reputation is from storms and tempest

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MessageSujet: Our reputation is from storms and tempest   Jeu 6 Déc - 11:41









Un cri l’alerte.

Jonathan redresse la tête. Le médecin, agenouillé devant une des demoiselles du Chabanais, fronce légèrement ses sourcils broussailleux. L’homme ne paye pas de mine ; ses cheveux roux emmêlés tombent devant ses prunelles d’un bleu glacé. Quelques tâches de rousseur ornent discrètement ses pommettes saillantes, dessinant, comme une voile lactée, ses joues creusées. Jonathan finit par tourner les yeux, instinctivement, sa main se reposant prudemment sur l’épaule de la jeune femme qu’il ausculte. Zoey, inquiète, l’observe à son tour. Ce soir, Jonathan n’est venu que pour un simple examen rapide, s’assurer que le traitement prescrit a fait son effet…  Zoey lève la main, effleurant en douceur la main usée du médecin, cette main toujours protégée de mitaines abîmées.

_ Ne vous inquiétez pas. C’est habituel, ici.

Zoey tente de le rassurer, dans un sourire presque amusé. Les cris, le soir, sont constants. Ils restent la manière la plus courante d’exprimer sa jouissance. Mais la plainte étouffée que le médecin perçoit… L’inquiète. Assez pour que sa propre main accentue tendrement la pression sur l’épaule de la demoiselle.

_ Restez là, Zoey. Je n’en aurais que pour un instant.

Jonathan s’écarte de la jeune femme et sort de la salle d’examen. Il traverse le couloir et s’approche d’une porte entrouverte. Il hésite entre se reculer et respecter leur intimité, ou se pencher et… La curiosité l’emporte. Le médecin incline légèrement la tête. Bruissements de tissus. Un souffle rauque. Une plainte étouffée. Rien qui ne change de l’ordinaire. Pourtant, il se sent réagir. Il y a quelque chose. Quelque chose dans cette respiration viscérale, trop désordonnée, parfois retenue dans un juron à peine articulé, quelque chose, dans ces plaintes à peine formulées, étouffées, angoissées. Il ne réfléchit pas. Il ouvre la porte. C’est instinctif. Il ne peut pas se l’expliquer. Comme un commandement interne, une voix qui lui ordonne de réagir. La situation n’est pas normale. Comme dans cette ruelle sombre, trop silencieuse, dans cette maison où il croit entendre, derrière un mur récent, un grattement. Quelque chose ne va pas…

La porte s’ouvre. Dans la chambre aux murs couverts d’une tapisserie rouge, un homme massif maintient une femme contre le mur. Sa main énorme s’écrase sur ses lèvres charnues, si fermement qu’elle ne parvient pas à bouger la tête. Ses doigts épais agrippent si sévèrement sa joue que son joli minois en paraît déformé, la mâchoire tordue par cette pression contre laquelle elle ne peut rien faire. C’est une puissance brute et imbécile, une force contre laquelle elle n’arrive pas à lutter. La jeune femme est arquée, ses yeux perlés de larmes, elle essaye de repousser l’autre main intrusive qui a déjà arraché son jupon… Ses plaintes sont comme les couinements d’un chiot blessé, pitoyable, larmoyant, gémissant.

_ Laissez la.

La voix du médecin claque comme le son d’un fouet. Jonathan, à dire vrai, ne prend pas même le temps de voir si l’homme l’a entendu. En fait, il ne sait même pas s’il a pris le temps de parler. Son corps réagit, avant toute réflexion, car sa raison l’aurait poussé à reculer, à appeler à l’aide, pour sa survie. Non, là, il se jette en avant. Il saisit le bras emprisonnant la jeune femme. Un bras qui fait bien le double voire le triple du sien. L’agresseur, pris par surprise, relâche un instant sa victime. Un mouvement de bras pour repousser Jonathan, avec négligence, comme on chasse une mouche.  Mais le rouquin s’accroche, s’accroche de toutes ses forces et profite de l’élan pour le tirer en arrière, contraignant le colosse à se reculer d’un pas pour ne pas se tordre le bras… Il adresse un regard à la prostituée qui, vive et agile comme un serpent, se dégage de l’étreinte et fuit derrière Jonathan.

_ De quoi j’me mêle, ‘culé ? Tu la veux, c’ça ?


L’homme est complètement saoul. La jeune femme, dans son dos, crache une insulte.

Elle a l’effet d’une bombe. Ce n’est plus une mouche qui dérange le taureau massif, mais une guêpe qui vient de larder son ego malmené d’une piqûre bien placée. La réaction est immédiate. Et c’est Jonathan qui se prend la charge enragée du monstre. Un coup de poing s’écrase sur son visage. Avec tant de violence que Jonathan s’effondre au sol. C’est une explosion de douleurs, elle saisit son nez, poignarde ses yeux, ébranle son crâne. Il voit des points noirs, danser devant ses prunelles, ses lèvres s’entrouvrent mais ne lâchent qu’un souffle tremblant, ses paupières clignent vainement. Il est sonné, comme un électrochoc qui parcourt ses muscles, tétanise ses mâchoires. Ses yeux se lèvent, aperçoivent la prostituée grimper sur le lit alors que le colosse tente de la saisir… La bête arrive à refermer sa grande main sur le poignet fragile de la femme, il la tire à lui, elle crie, un vrai cri cette fois.

C’est une décharge d’adrénaline. Qui l’ébranle. Assez pour qu’il arrive à se lever. Jonathan manque de retomber. Il a des vertiges, la tête lui tourne, la douleur lancine, lacère, hache ses pensées. Il n’arrive pas à réfléchir, la peur commence à poindre, le sol tangue. Le coup a été plus fort que prévu, il s’est cogné contre un meuble, ne l’a pas même senti. Son corps tremble, comme une feuille. Ses jambes sont en coton alors que la peur résonne comme un tambour de guerre. Ses muscles se contractent. Sous ses mèches rousses, ses yeux de glace trahissent toute sa rage. Son cœur tambourine contre sa cage thoracique. C’est la colère, la colère de voir cette pauvre fille en prise à ce monstre, la rage du chien quand on agresse son maître. Il récupère dans sa poche sa gourde d’alcool bon marché, un alcool qui arrache la gorge à chaque gorgée.

La brute tire à lui la jeune femme. On tapote son épaule. L’agresseur tourne la tête. Et se reçoit le contenu de la flasque dans le visage. L’alcool entre en contact avec ses yeux. L’homme pousse un hurlement, porte les mains à son visage et se recule de deux pas. Jonathan s’empresse de récupérer la prostituée entre ses bras, pour empêcher l’homme s’emparer d’elle de nouveau. Il prend ses jambes à son cou. Il faut se sauver. Il faut s’enfuir ! Ils passent le seuil de la porte, ses bras relâchent la jeune femme. Elle fait quelques pas dans le couloir, se retourne dans un soupir avant d’écarquiller les yeux. Jonathan s’étrangle. La brute a saisi son écharpe et le tire violemment en arrière. Le médecin s’effondre au sol, porte les mains à sa gorge. La prostituée veut s’avancer mais se recule… Car la brute n’en a plus pour elle. Car la brute frappe déjà Jonathan au ventre. Un coup de pied, deux, trois peut-être ? La violence se déchaîne, c’est comme un ouragan.

Le médecin se retrouve embarqué dans une tempête. Les coups l’ont plié en deux, comme on contraint le métal à se plier sous la force. Il protège vainement son ventre de ses bras, les coups ont été si forts qu’il en a craché de la bile, un autre coup dans le visage le force à ravaler son cri. Jonathan saigne. Il sent enfin le sang qui envahit sa bouche, dégouline de son nez, ce sang, ces larmes, cette bave qui agglutinent ses cheveux contre son visage. Il a peur. Maintenant qu’il est seul face à ce déferlement de violence, maintenant qu’il n’a plus de personnes à se protéger, plus de raisons pour lesquelles se battre, Jonathan abandonne toute combativité. La peur, la douleur, il ne les dissocie plus, c’est un chaos dans lequel il perd pied, la semelle de son adversaire se plaque contre sa gorge, le cloue au sol comme il le ferait avec un insecte. Jonathan s’étrangle, un sanglot s’arrache, il lève les mains pour essayer de repousser vainement le pied qui presse sa gorge. Il étouffe. Il manque d’air. C’est fini ? Mourir. Est-ce qu’il va mourir ? Tout est allé si vite, et pourtant, c’est si lent, si affreux, quand la chaussure presse sa trachée, que sa bouche cherche, de l’air, de l’air, collée de son sang, collée de biles, de cheveux qu’il avale sans le vouloir.

N’est-il pas hypocrite qu’un médecin souhaitant sauver des vies ne soit pas même fichu de sauver la sienne ?


Dernière édition par Jonathan R. Grüber le Jeu 13 Déc - 0:07, édité 2 fois
MessageSujet: Re: Our reputation is from storms and tempest   Ven 7 Déc - 14:33

Le spectacle battait son plein depuis le début de la soirée dans un ballet de couleurs provocantes et de musique lascive. Comme à son habitude, Nishiki veillait en partie sur la salle principale, observant depuis un des couloirs latéraux que tout se déroulait correctement et sans anicroches. Les danseuses sur scène avaient répétées leur show toute la journée – et si une s’était malencontreusement tordue la cheville dans un faux mouvement, sa remplaçante était largement à la hauteur et tout le monde ne devait y voir que du feu.
De temps en temps, le jeune homme s’absentait faire le tour des couloirs de l’intérieur de l’établissement ainsi que des quelques hommes qu’il dirigeait pour échanger quelques mots avec eux, ce qui lui permettait de suivre les allées et venues des clients durant la nuit – et de se dégourdir un peu les jambes au passage, ce qui n’était pas du luxe quand on passait presque dix heures d’affilées debout et presque immobile.
Mais les couloirs étaient studieux malgré les chambres déjà occupées, les tables de la salle principales silencieuses et attentives. Il surveillait les allées et venues d’Elena entre les tables du coin de l’œil, veillant sur son amie telle une ombre. Mais cette soirée faisait partie de celles où son travail était tout aussi plaisant qu’il pouvait se montrer répétitif et presque ennuyant.
Tout à l’air de se passer correctement ce soir.

C’est ce qu’il avait pensé… jusqu’à un certain point de la nuit. C’était Fritz, un de ses collègues, qui était venu le trouver pendant l’interlude du spectacle, le pas rapide et le visage fermé pour venir lui expliquer de quelques phrases discrètes qu’un léger incident était en train de se dérouler à l’étage. Une des filles avait visiblement eu une altercation avec un client. Si quelqu’un était intervenu – mais Fritz n’avait pas pu lui préciser de qui il s’agissait car on l’avait envoyé chercher Shiki à cet instant – ce dernier ne doutait pas que la situation était en train de dégénérer.
Sans plus attendre, le jeune homme pressa le pas pour sortir de la salle principale avec promptitude par une des portes discrètement dérobées, suivi de près par l’apporteur de mauvaise nouvelle qui devait presque courir derrière lui pour réussir à le suivre. Les couloirs défilèrent rapidement dans un arc-en-ciel de couleurs vives jusqu’à ce que Nishiki entende de lui-même ce qui ressemblait à des bruits de lutte, lui faisant encore plus forcer l’allure. Le valet embrassa du regard la scène qui se jouait devant lui alors qu’il franchissait le dernier embranchement le séparant de l’origine du tapage incessant et sentit l’adrénaline envahir ses veines. Avant même qu’il ne s’approche trop, il pouvait sentir les odeurs de sang et d’alcool se mélanger.

Qu’est-ce que tu es venu te fourrer dans cette situation, encore ?
Jonathan était allongé par terre – ça ne pouvait être que lui, Shiki l’aurait reconnu d’un simple coup d’œil et il l’avait vu entrer quelques heures auparavant – vraisemblablement dans un sal état et maintenu dans cette position par… Nishiki ne connaissait pas son visage. C’était peut-être ça, le plus surprenant.
Il mit moins d’une seconde à réagir.
L’adrénaline est quelque chose de curieux, parfois. Certaines personnes en deviennent hystériques et ne se contrôlent plus. C’était tout l’inverse pour le valet, qui cela enfonçait dans une froideur implacable encore plus, renforcé par la colère de voir un ami se faire maltraité de la sorte.
Trois grandes enjambées lui suffire à se rapprocher du malotru inconnu qui lui hurlait dessus des paroles rendues incompréhensible par l’alcool  et, sans doute, un mélange de frustration et de triomphe – il ne comprendrait jamais comment on pouvait ressentir de la joie à agresser plus faible que soi. Sans réel effort, il évita le coup de poings imprécis de l’homme bourré et répliqua par ses propres poings. Un coup propre, qui vint le percuter juste sous le menton avec une force implacable. Les dents s’entrechoquèrent – certaines tombant au sol dans une gerbe de sang – quitte à devoir nettoyer, il n’allait pas se gêner – et l’homme recula en chancelant avant de simplement s’effondrer, inconscient.

Nishiki se retourna rapidement vers son collègue tout en s’agenouillant à côté du médecin, posant une main amicale et rassurante sur son épaule.

- Fritz, prévient les autres qu’on a quelqu’un à emmener à la caserne. Et va me chercher une bassine d’eau et des linges propres dans la chambre d’à côté. Emmène Juliana avec toi.

La jeune femme était restée prostrée dans le couloir, le dos collé fortement au mur opposé de l’altercation, visiblement sincèrement choquée – mais avec elle, Shiki se méfiait toujours un petit peu des airs qu’affichait son visage. Cependant, il ne s’attarda par su réelle, sachant qu’elle était entre de bonne main, préférant reporter son regard sur le pauvre homme à terre. Il grimaça légèrement en voyant l’état dans lequel il se trouvait, mais au moins, Jonathan respirait encore. Ce qui n’empêchait pas Shiki de s’inquiéter malgré tout.

- Jon, tu m’entends ? Reste tranquille un instant, je vais t’emmener ailleurs qu’au milieu du couloir.

Sans vraiment attendre de confirmation, il passa ses bras sous le dos et les genoux du médecin pour le soulever, et tant pis pour son costume, il pourrait se changer plus tard. Des fois, il se demandait sincèrement si toutes ses couches de vêtements ne pesaient pas plus lourd que la personne en elle-même. Rapidement, il l’emmena en effet dans la chambre voisine pour le déposer sur le lit avec précaution en attendant que Fritz revienne avec ce qu’il lui avait demandé.

- Franchement, quelle idée t’as encore eu d’aller jouer les sauveurs ? Fais-moi appeler la prochaine fois, tu sais bien que c’est pas ton truc pourtant…
MessageSujet: Re: Our reputation is from storms and tempest   Lun 10 Déc - 9:31



C'était une soirée relativement calme. La majorité des clients étaient charmants, et comme à son habitude, la maîtresse des lieux arpentait la salle, défilant entre les tables pour saluer chacun des hommes - et des femmes - présents ce soir-là.
Il y avait les habituels, fidèles au poste, en train de regarder le spectacle qui était vraiment parfait, comme d'habitude. Elena remarqua aussi quelques nouvelles têtes, et s'empressa d'aller leur souhaiter la bienvenue, dans un accueil des plus chaleureux.
Pas l'ombre d'un pépin dans cette soirée sombre... Enfin, jusqu'à ce que la lady remarque Nishiki partir à toute vitesse. Elena ne laissa rien paraitre, et termina doucement sa conversation, en prenant soin de l'écourter poliment. Elle ne pouvait pas simplement abandonner un client comme ça, il fallait se montrer élégante en toute circonstance.

Après une petite minute, elle fut libérée de ses obligations, et commença à quitter la grande salle, pour rejoindre le semblant d'agitation plus loin. Au passage, elle croisa alors Juliana et Fritz. La pauvre petite avait un visage marqué par la frayeur, et elle se laissa directement tomber dans les bras d'Elena, et celle-ci d'ailleurs en perdis sa façade, en accueillant avec inquiétude sa danseuse contre elle. Vu l'état de la demoiselle, Elena savait bien qu'il ne servirait à rien de lui demander des explications. Alors elle tourna sa tête vers Fritz, espérant qu'il sache ce qu'il se passe, et c'était le cas. Lorsque son employé lui raconta la scène, comme quoi un homme avait visiblement tenté d'abuser une des filles, qu'il avait tabassé le docteur, et que Nishiki avait prit les choses en mains, le visage de la Lady s'était assombri. Elle caressa doucement la joue de Juliana, avec la délicatesse qu'une mère ferait preuve avec son enfant.

« File dire à Olivia de garder un œil sur la salle, et ensuite tu vas dans la chambre. Je viendrais te voir rapidement. »

Avec ses filles, elle n'avait rien de la lady manipulatrice, calculatrice ou encore joueuse. Elle agissait avec chacune d'elles comme une mère, une tutrice. Juliana renifla un coup, et quitta alors les bras d'Elena pour faire ce qu'on lui avait demandé, suivit de Fritz. La lady se dirigea vers le couloir, rencontrant enfin l'homme. Celui-ci était inconscient, au sol, avec visiblement quelques dents en moins. Elle remercia intérieurement Nishiki d'avoir offert à ce malotru un sourire édenté : c'était au moins ce qu'il méritait pour avoir osé poser une main sur l'une de ses danseuses. Puis, elle s'approcha d'une chambre ouverte, dans laquelle elle y vit son valet, ainsi que le docteur Jonathan G. Grüber, sur un lit.
La première chose qu'elle fit en entrant fut de poser son regard sur son ami. Même si elle ne doutait pas de ses compétences et de son savoir-faire, elle avait toujours peur qu'il ne se fasse blesser, mais elle constata avec soulagement que ce n'était pas le cas. Elle s'approcha ensuite du lit, regardant le Docteur assez amoché par les coups qu'il avait dû recevoir. Pourquoi avait-il reçu des coups ?

« Que c'est-il passé ? »

Demanda Elena à son valet. Son ton était assez autoritaire, sans se vouloir méchant. Mais elle n'acceptait pas qu'une telle chose puisse arriver au sein de son établissement. Mettre la vie de ses danseuses en danger en ne contrôlant pas le taux d'alcoolémie des clients était une chose qui n'allait pas passer facilement. Et puis, elle voulait savoir pourquoi le docteur était dans cet état-là. D'ailleurs, Elena s'éloigna juste un instant, pendant que Nishiki lui expliquait la situation, elle alla dans la salle de bain en alcôve à la chambre, pour humidifier une serviette qu'elle prit sur une étagère, avant de s'approcher de nouveau des deux hommes, et de placer le linge mouillé doucement sur le visage du blessé, y retirant quelques tâches de sang.
MessageSujet: Re: Our reputation is from storms and tempest   Jeu 13 Déc - 0:08









Sa gorge… Est libérée. Assez pour qu’il inspire précipitamment un peu d’air, au point de s’étrangler avec sa propre salive qu’il recrache par terre. Son corps s’est immédiatement assis, péniblement, mais déjà, des bras puissants le soulèvent comme une mariée. Déstabilisé, Jonathan lève les yeux vers son sauveur. Nishiki. La reconnaissance éclaire ses doux yeux bleus, avant que les larmes ne les inondent. Jonathan n’a jamais… Tellement eu à se battre. Enfin, correction, il ne s’est jamais battu ou débattu, préférant 1000 fois subir les coups que les rendre. Bien qu’actuellement, la douleur et la peur s’échappent en un dernier sanglot qui déchire sa cage thoracique, libérant de nouvelles larmes qui dégoulinent le long de ses joues creusées.

_ Oh Nishiki, je suis désolé, tellement désolé...


Sa voix est rauque, parler tire sur ses cordes vocales, c’est un effort physique presque douloureux, pas tellement aidé par les pleurs qui ébranlent ses épaules. Car malgré son âge, malgré ce qu’il a dû vivre, malgré son expérience, ce qu’il s’est passé, ça l’a profondément remué. D’ailleurs, une fois assis sur le lit, ses mains s’empressent de saisir Nishiki pour une étreinte rapide. Il le serre contre lui, de ses bras maigrelets, fourre sa tête rousse contre son haut. Il se rassure comme il peut, d’une simple présence, non, pas une simple, la sienne, celle de cet homme qui, d’un seul coup de poing, a totalement renversé la situation. Cet homme qu’a fait le pas de l’aider, de venir le sauver. Cet homme qui s’inquiète pour lui. Jonathan renifle tristement, détachant à contrecœur ses bras de son ami, il écarte les mèches de son visage, les rassemble en une rapide couette, à l’arrière de son crâne. Son nez n’arrête pas de saigner, il se l’est probablement cassé. Ses pensées sont dans le brouillard, la panique manque de lui faire perdre ses repères mais il reprend un souffle calme, essaye de raisonner. La Lady entre. Magnifique. Comme à son habitude. Impérieuse, elle s’avance, les écrase du regard, s’impose, dans toute sa magnificence. Elle a tout de la froideur agacée d’une dirigeante, guère habituée à ce que le Monde fonctionne autrement que comme elle l’a décidé. Son ton est autoritaire, menaçant comme un fouet, alors qu’elle attend des explications. En réponse, Jonathan se redresse, mais ses jambes tremblent comme du coton et il doit se rassoir, pris de vertiges. Un traumatisme crânien ? Voilà que la douce femme se présente, qu’elle nettoie son visage avec un linge frais, et les légères pressions lui arrachent une discrète grimace de douleur.

_ Dame de PontMercy… Je… Je m’excuse pour tout ce dérangement… J’ai… j’ai entendu une femme… protester contre les traitements d’un de vos clients, j’ai… j’ai souhaité… intervenir… la situation m’a… complètement échappé. J’ai agi comme un imbécile, je… j’aurais dû faire appel à Nishiki, c’est son… son travail, c’est tout à fait dans ses capacités… je ne sais pas ce qu’il m’a pris… j’ai eu peur… peur pour elle, j’ai paniqué, je n’ai… je n’ai pas vraiment réfléchi.

Les yeux bleus de Jonathan se portent vers Nishiki.

_ Merci de m’avoir aidé… Sans toi je… ça se serait très mal passé pour moi, au moins une asphyxie… Voire pire… Je ne pensais vraiment pas que ça irait aussi loin et je… j’ai seulement eu peur pour elle, j’aivoulu crier, pour t’appeler, je n’en ai pas eu le temps, tout s’est déchaîné si vite… Je suis vraiment désolé de tous ces désagréments… De toute la gêne… Ce n’était pas voulu…


Jonathan l’a avoué, d’une voix gênée et qui reflète, une fois encore, tout ce qu’il a ressenti. La peur, la reconnaissance, et une tristesse… presque enfantine. Comme celle d’un gamin qui ouvre les yeux sur l’injustice du monde et qui espère encore la comprendre ou l’empêcher. Bien naïvement. Bien stupidement. Sa main s’est portée à sa gorge où l’on voit déjà un bleu se dessiner, comme au niveau de son œil, de sa pommette qui gonfle, de son nez rouge, gorgée de sang qui s’échappe à flots de ses narines. Son écharpe bleue est tâchée, comme le haut de sa veste, il récupère un mouchoir qu’il porte à ses narines et rien que la pression lui renvoie des points noirs devant les yeux. Il manque de tourner de l’œil, pâle comme un mort, mais s’efforce de rester conscient. Son front est en sueurs, ses larmes se sont taries mais son visage reste humide… Comme son regard.

_ J’ai… Ma trousse… dans la chambre voisine est-ce qu’on peut me l’apporter ? Je dois prendre des anti-douleurs… Et de quoi empêcher le gonflement… Quelques calmants aussi, peut-être… Ca a été fort en émotions…

Un petit rire gêné, maladroit. Il se sent… calmé, progressivement, ses yeux remercient encore Nishiki, s’inclinent pudiquement devant le regard d’Elena dans un geste honteux. Il finit par récupérer sa gourde dans sa poche, la porte à ses lèvres, mais une unique goutte d’alcool s’abandonne sur ses papilles, un bien maigre réconfort qu’il prend le temps de savourer, pour s’encourager…

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