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 Il vaut mieux une épine dans le pied qu'ailleurs...

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MessageSujet: Il vaut mieux une épine dans le pied qu'ailleurs...   Jeu 29 Nov - 11:00

Le petit laboratoire secret des souterrains était en plein activités depuis déjà plusieurs heures. Endroits perdu au milieu d’un dédale obscur, la pièce avait été subtilement dissimulée, réquisitionnée et aménagée en une espèce d’offline étrange qui aurait tout à fait eu sa place dans un sous-sol d’érudit.

Axel travaillait d’arrache pied depuis déjà plusieurs jours depuis sa rencontre avec Edouard. Les traits tirés et les ses yeux fatiguées cernés, il se refusait pourtant à se prendre un réel temps de repos. La semaine qu’il lui avait donné s’écoulait rapidement et il s’était même retrouvé un peu malgré lui à passer moins de temps à s’occuper de sa boutique et beaucoup plus de ses heures de sommeil à traficoter dans les souterrains. S’il s’était accordé quelques heures de répits avec Morgan le temps d’un soir pour essayer de décompresser, son esprit n’arrivait pourtant pas à se détacher complètement de problème qui lui avait été posé.

Il avait pourtant déjà bien avancé dans ses recherches et préparation s- en réalité, le remède qu’il avait pour la tente d’Edouard était déjà prêt depuis un moment, mais il était désormais penché sur le problème plus grave d’une possible infestation des miniers… Et concevoir quelque chose à grande échelle avec le peu de moyen dont il disposait était toujours délicat, surtout quand on ne connaissait pas exactement ni la cause de la maladie… Ni de quelle maladie il s’agissait exactement.

Il savait qu’Eris le rejoindrait sans doute à un moment de la soirée ou de la nuit selon ses disponibilités, et il n’était pas mécontent d’avoir une oreille avec qui partager son problème. Elle en aurait peut-être d’ailleurs entendu parler puisqu’Edouard devait avoir fait tourner le mot qu’il y avait un problème avec l’eau… Mais il ne savait pas à quel point le jeune homme était rentré dans les détails. Mais il savait que la jeune noble était plutôt sensible au sort des habitants des faubourgs et ne doutait pas qu’en lui expliquant la situation, elle mêlerait sa matière grise à la sienne. Il avait d’ailleurs posé sur un coin de table un paquet en provenance directe de Denstatd concernant un import de plante qu’elle lui avait demandé lors de leur dernière rencontre.
MessageSujet: Re: Il vaut mieux une épine dans le pied qu'ailleurs...   Jeu 29 Nov - 17:05

Vingt heure sonna à la vieille pendule, immense monstre faits de rouages et de bois au balancier de bronze qui égrenait les secondes, jour après jour, depuis maintenant quinze années dans la petite boutique au nom guère évocateur de l’activité qui s’y déroulait. Sans l’enseigne gravée d’un haut de forme, l’on aurait pu penser à une boutique d’ésotérisme. C’était évidemment une légère plaisanterie de la part de la propriétaire, Eris Von Heiligen, que de la nommer « Soupçons d’esprits » vu qu’elle avait été gratifiée très jeune du doux surnom de Sorcière. Elle en avait toujours rit et en jouait parfois. Eris quitta donc son comptoir et alla retourner la pancarte sur la porte, indiquant qu’elle fermait pour la nuit puis se rendit dans l’arrière-boutique pour se préparait à son rendez-vous dans les souterrains. Elle avait un paquet à récupérer, une plante originaire de Denstatd, un sureau noir. Elle avait su convaincre, sans grand mal en vérité, Sofia, cette chère vieille Matriarche, de lui laisser une partie de la serre pour faire pousser ses propres plantes, presque toutes médicinales. Il y a de cela maintenant six ans, elle y avait planté  un saule blanc dont elle prenait grand soin pour l’empêcher de devenir trop envahissant avec les ans et crever le plafond de la serre. Mais si elle était assez contente d’avoir réussi à le faire pousser, elle se réjouissait tout autant du reste de son carré comprenant, pour n’en citer que quelques éléments : du romarin, du fenouil, de la réglisse, de la mélisse… Elle le complétait progressivement, faisant parfois venir des plantes selon les voies légales mais, pour certaines, plus difficiles à trouver,  elle avait recours au service d’un contrebandier et herboriste, quelqu’un qui saurait faire la différence entre une mauvaise herbe pure et simple et une capable de soigner ou, au moins, apaiser un maux. Ensemble, ils avaient même été, après avoir longtemps discutés sur les bienfaits et méfaits des plantes, installés un petit atelier dans les dessous de la ville, dans un lieu isolé, oublié de la plupart des habitants de Draümbell et ne figurant sur presque aucune carte -rares étaient celles recensant l’ensemble des salles, les contrebandiers n’étant pas connus pour déclarer leurs galeries-. Ils y faisaient des expériences, discutaient de différents sujets liés, le plus souvent, à ce domaine qui était le métier de l’un et un loisir pour l’autre. Toutefois, cette fois, Eris ne venait pas pour la simple émulation actuelle, ou prendre simplement son colis. Elle avait entendu une histoire pour le moins inquiétante de contamination des eaux dans les faubourgs.

Personne, parmi sa famille n’était malade mais du peu qu’elle avait pu apprendre sur les symptômes, elle craignait le pire. Les Von Heiligen ne seraient pas plus épargnés que les autres, personne ne le serait. De ce fait, elle avait pris soin de récolter chacune de ses herbes aromatiques susceptibles de servir, en quantité raisonnable, au moins pour expérimenter sur quelques patients avant de se rendre à sa boutique, se disant que l’herboriste apprécierait sans doute avoir quelques herbes, bulbes, racines, feuilles, tiges fraiches et écorce pour faire des essais. De plus, s’il y avait urgence, elle pourrait au moins faire quelque chose. Ce ne serait peut être qu’une poussière dans l’engrenage cataclysmique d’une maladie, mais ce serait déjà cela qui en entraverait le fonctionnement. Une maigre satisfaction dont elle ne saurait se contenter mais qui ne lui donnerait pas le goût amer de n’avoir rien fait.

Comme elle se devait d’être libre de ses mouvements, au cas où la milice ou un agent de police ne pointe le bout de son nez. Elle fit donc tomber sa robe rouge, la laissant s’effondrer en un tas informe sur le sol puis le corset qui venait lui comprimer la taille et rehausser sa poitrine, soupirant d’aise lorsqu’elle en fut libérée même si elle ne le serrait jamais beaucoup. Elle observa une fraction de seconde le reflet de son corps dénudé dans la grande glace puis prit son pantalon noir et commença à s’habiller. Elle n’avait jamais eu besoin de personnes pour se vêtir, même si, parfois, elle devait bien admettre qu’il était plus aisé de recourir à une tierce personne, surtout pour les bals et autres réceptions demandant un effort particulier pour impressionner les foules. C’était pour cela qu’elle aimait ces vêtements que plus d’un qualifiaient de trop masculins, comme si c’était un crime pour une femme de porter un pantalon. Elle boutonna son chemisier, lentement, ne délaissant que les deux derniers afin d’être plus à son aise, puis elle passa son pourpoint de cuir noir, graissé récemment comme le laissait deviner son aspect légèrement brillant, passa des chaussettes fines afin de ne pas avoir frais dans ses bottes de cuir montantes puis elle prit ses gants de cuir fin, trouvant que la saison n’était pas encore assez fraiche pour ceux de peau retournée. Enfin elle prit une cape, la retenant à son cou à l’aide d’une broche en acier ternie, ciselé d’une feuille de vigne, sa besace contenant la récolte qu’elle s’était décidée à apporter à son fournisseur et elle quitta sa boutique, après avoir soufflé chaque lumière, ferma la porte à clef derrière elle et prit la direction de la zone souterraine, prenant soin de faire des tours et détours au cas où quelqu’un ne la suivrait. Elle avait comme toujours pris une dague, cachée dans son dos, mais elle n’avait pas besoin de cela pour se sentir tranquille dans les mines.

Une vingtaine de minutes plus tard, elle s’enfonçait dans le dédale, sortant une petite lampe à huile de sa poche dont elle prit soin d’allumer la flamme au minima, juste assez pour voir devant elle, sans se faire repérer. Elle allait d’un pas rapide, sans un bruit, discrète comme à son habitude, ses yeux saphirs brillants légèrement à la lueur de la flamme parcourant les ténèbres. Elle aimait l’ambiance qui régnait dans ces endroits sombres, frais, déserts. C’était reposant, agréable. Elle finit par arriver devant la porte de l’officine clandestine où elle avait passé de nombreuses nuits depuis sa création et ouvrit silencieusement la porte. Elle ne frappait jamais, pour ne pas en révéler la position à une oreille indiscrète. Axel s’y trouvait déjà, déjà à l’œuvre et lorsqu’elle entrevit son visage, elle devina que cela faisait plusieurs jours qu’il s’acharnait. Il devait donc faire face à un problème des plus épineux, assez pour le maintenir éveillé tardivement.

« Bonsoir. Veuillez m’excuser de mon retard. Des clients de dernières minutes que je n’ai su chasser m’ont retenu. ». Elle se doutait que l’herboriste ne lui en tiendrait nullement rigueur. Il savait qu’elle avait, elle aussi, une vie bien chargée. Mais c’était une question de politesse, d’éducation. « Mon coli est arrivé ? » demanda-t-elle en posant les yeux sur le paquet, affichant un sourire de satisfaction anticipé. Elle ne l’avait pas prévenu de ce qu’elle faisait venir, comme cela arrivait parfois. Elle s’était servie de ses services pour transmettre un message à l’un de ses fournisseurs et faire venir des plants de sureaux. L’idée était de lui en faire la surprise, se disant que l’herboriste n’aurait rien contre user des bienfaits de cette plante si elle daignait à se plaire dans la serre.

Eris posa son sac sur un coin de table libre de mortiers, bols, plantes séchées, fioles en verre et appareils savants et précieux, puis sortit les sachets blancs qu’elle avait faits et brodés du nom de leur contenu, ainsi que des petits pots en verre contenant les plus fragiles et de la sève de saule blanc. Il y avait là du romarin, du girofle, du romarin, de la réglisse, de la mélisse et de l’ail, gousses, fleurs et tiges incluses et enfin de l’écorce de saule. Ce n’était que quelques petites choses, mais un rien pouvait tout changer.

« Je me suis permis d’apporter quelques ingrédients. Ce n’est pas grand-chose, à peine de quoi soigner une poignée de patients mais je me suis dit que vous en auriez plus grand besoin que moi qui en est aisément. ». Elle trouvait presque honteux d’avoir accès si facilement aux différentes plantes alors que les herboristes et médecins peinaient à s’en procurer. Mais elle n’allait pas se priver de pouvoir jouir de la serre pour cela. Il ne fallait pas être idiot. En outre, elle ne pouvait nier aimer ce petit goût de pouvoir qu’elle avait grâce à sa famille. Eris adressa un sourire aimable à Axel puis, lui trouvant vraiment mauvaise mine, elle décida de s’enquérir de son état et de ses soucis. Peut-être que son aide lui serait utile. C’est donc avec une grande douceur et une sollicitude touchante qu’elle reprit la parole, s’approchant de lui tout en retirant sa capuche de sa tête.

« Vous avez vraiment mauvaise mine. Est-ce si grave que vous ne puissiez prendre le temps de dormir ? Puis-je vous être d’une quelconque assistance ? ». Elle ne lui demanderait pas s’il allait bien. C’était évident qu’il était inquiet, que ça n’allait pas. C’était en outre une attention qu’elle détestait elle-même recevoir puisque ce genre de sollicitude tombait toujours mal à propos quand le Destin semblait décidé à vous en vouloir pour une raison inconnue. Elle le fixait d’un regard intense, brillant d’une intelligence certaine. Elle était charmante, aisément désirable mais elle ne cherchait pas à en jouer aujourd’hui même si le contrebandier ne la rebutait pas.


Dernière édition par Eris Von Heiligen le Sam 1 Déc - 17:43, édité 1 fois
MessageSujet: Re: Il vaut mieux une épine dans le pied qu'ailleurs...   Sam 1 Déc - 16:21

Lorsque le petit courant d’air particulier venant du mouvement de la porte se sentit sur son bras, Axel releva rapidement le regard de son travail pour vérifier l’identité de la nouvelle arrivante, se détendant en voyant qu’il s’agissait de la demoiselle Von Heiligen. Il laissa de côté le petit pot en argile - où il était en train de malaxer une mixture basique de plantain, de racines d’osha, de diverses dérivées de menthes qu’il avait fait importer spécialement pour son problèmes et d’une tombée de chanvre – pour la saluer, ne pouvant retenir une moue amusée à sa question. Il s’adossa à la petite table de travail, les jambes croisées en la suivant des yeux.

« Voyons, mes services vous ont-ils déjà fait défaut, Eris ? » Offrit-il pour toute réponse avec un sourire défiant avant de lui faire un geste en direction du fameux paquet. « Ravi de vous revoir, vous êtes charmante, comme toujours. Et votre arrivée tombe à point nommée ma chère. »

Il la laissa sortir ses affaires pour les ranger dans les multiples petites étagères qui étaient parfois creusées à même la roche et leur offrait toute la place nécessaire pour à la fois stocker leur petit matériel et garder l’endroit le plus organisé possible. Dans un petit recoin, Axel avait même ramené les espèces de petites serres miniatures de la main d’un avant-bras qu’il avait commandé spécialement à un ingénieur – et qui lui avait coûté deux bras et un poumon – et dans lequel il faisait pousser certaines espèce qu’il préférait éviter de laisser à la portée de n’importe quel malotru dans sa propre demeure… Et également à l’abri des regards indiscrets de certains représentants des forces de l’ordre.

« Ah, un rien fait souvient bien plus de miracles qu’on ne le croit ! Cela tombe d’ailleurs à merveille, j’avais justement besoin de girofle pour une huile… »

Son air enjoué disparu cela dit bien vite de son visage, ne laissant derrière lui qu’un air soucieux lorsque la jeune femme aborda le principal sujet de sa présence en ces lieux ce soir. Il se passa une main dans ses cheveux attachés et ne put retenir un léger soupir lorsque son regard dériva sur le bureau où s’étalait ses derniers jours de labeurs. Prenant sur lui, il se secoua légèrement pour retrouver son sourire et le mauvais humour qui allait – malheureusement – souvent de pair.

« Dois-je comprendre que j’ai si mauvaise mine que cela ? » Il secoua la tête et laissa les plaisanteries de côté. « A vrai dire, j’espérais bien vous voir ce soir. Vous en avez peut-être entendu parler, mais il se trouve que… quelque chose est en train de se reprendre dans les faubourgs. »

Il ne pouvait malheureusement pas lui donner beaucoup plus d’information sur l’origine de ce fameux quelque chose, pour la simple et bonne raison que sa seule source d’information était plutôt limité. Il avait essayé de se rendre dans les faubourgs, mais même en passant incognito, il était dur de se rapprocher des gens malade que les familles avaient tendant à protéger au maximum. Il avait donc dû faire avec la liste de symptômes qui était regrettablement assez longue.

« Je crains qu’il ne s’agisse d’une contamination de l’eau, même si j’en ignorance encore la source… Et les symptômes sont variés. Complication au niveau des poumons, fièvre et douleur, fatigué, délires… En soit, j’ai déjà une bonne idée de ce qu’on pourrait utiliser, mais mon problème vient essentiellement du nombre de personne potentielle à soigner et à trouver une manière de doser les quantités pour ne pas devoir faire venir trois trains remplis de produits. »

La question du dosage était toujours primordiale, ne serait-ce que pour ne pas transformer un soin en poison mortel, mais dans le cas d’une maladie à potentielle grande échelle, les calculs étaient encore pires. Faire quelque chose d’aussi efficace que possible avec le moins de matière première relever d’un casse-tête ingénieux et deux cerveaux ne seraient sans doute pas de trop pour se pencher sur la question. D’autant plus qu’un regard neuf verrait peut-être la lumière là où lui s’acharnaient depuis déjà un temps certain.

« Votre avis me serait donc précieux, tout comme toute information que vous auriez sur le sujet et qui puissent compléter le peu de renseignements dont je dispose moi-même. »
MessageSujet: Re: Il vaut mieux une épine dans le pied qu'ailleurs...   Dim 2 Déc - 13:07

A sa réponse, Eris esquissa un sourire amusé. Il était vrai que, jusqu’alors, il ne lui avait jamais fait défaut et c’était l’une des principales raisons qui la poussait à prendre le risque de travailler avec lui. En réponse à son compliment, elle lui lança un regard charmeur, plus par habitude que parce qu’elle aimait vraiment ce genre de flatteries si fréquemment employées qu’elles avaient désormais presque autant de goût à ses yeux que le plus fade des kiwis verts. Ce n’était qu’une couleur plaisante dans le plat déjà goûtu qu’était leur relation.

L’entendant dire qu’elle arrivait à point nommé, la jeune femme se fit plus grave alors qu’elle rangeait les ingrédients sur les étagères. Ainsi il y avait bien quelque chose qui se passait en ville. L’air soucieux qui avait pris place sur le visage du contrebandier était des plus clairs à ce sujet et ses propos aux allures sinistres ne firent que l’inquiéter d’avantage. Elle l’écouta donc expliquer ce qu’il supposait être l’origine de la maladie et dresser la liste des symptômes. Cette dernière était longue, de mauvaise augure. Eris avait plusieurs hypothèses et si elle n’excluait pas une contamination de l’eau, elle doutait fort que ce soit la cause ou le vecteur principal. Il y aurait plus de malades et, si elle avait vu plusieurs mineurs souffrant ou semblant souffrir de ce genre de symptômes, il n’y en avait pas assez. L’eau tout le monde en consommait et si un puit était souillé, ce serait tout un secteur qui serait frappé. Elle pensait plus à une maladie qui aurait été apportée par un étranger, ou qui aurait été lâché par un savant fou.

« De mémoire je dirais avoir vu ou entendu parler d’au moins une dizaine de cas parmi les mineurs. Ma famille n’est pas atteinte… L’un de mes clients, un homme dans la quarantaine, avait une toux inquiétante. Je lui ai posé quelques questions, prodigué des décoctions de girofle pour la toux ainsi que de la cannelle, au cas où ce fut d’origine allergique… Je sais également que son jeune fils souffrait également… J’ai discuté avec une autre personne, qui n’avait pas l’air malade, mais dont la femme et la sœur toussaient de la même façon et étaient sujettes à de fortes fièvres. ». Eris marqua une courte pause, se passant la main droite sur le menton, songeuse avant de reprendre. « Si vous connaissez des personnes affectées, je pourrais les visiter. Par ailleurs, si vous avez des… Patients dans les mines qui attendent un remède, je pourrais le leur apporter à la première heure demain. Gagner quelques heures, quelques jours sur les premiers soins ne sauraient qu’être bénéfiques. Et puis il serait plus simple et moins risqué pour vous comme pour eux que je vienne à leur rencontre. Puis-je faire quelque chose ? A deux nous finirons plus vite les préparatifs. ».

Eris se fit silencieuse et entreprit de rassembler ses pensées, repensant à tout ce qu’elle avait pu remarquer ces derniers jours. Il était difficile de faire le tri entre les différentes maladies qui pullulaient en cette saison mais, à force de réfléchir, elle commençait à voir un schéma, ou du moins une relative logique dans la propagation de la maladie. Comme beaucoup, les cas qu’elle connaissait travaillait dans les mines, au moins pour six d’entre eux. Quant aux autres, l’une était fille de joie, les autres travaillaient dans des pubs et autres lieux de réunion pour nombre de mineurs. Elle souleva donc un fait, qui lui semblait opportun.

« S’il s’agit bel et bien de la même maladie, nous pouvons partir du postulat que les plus défavorisés et par conséquent les plus fragiles sont aussi les plus frappés. Si mon hypothèse est bonne, la contamination se fait par cercle restreint de personnes. Des collègues de travail, des proches… Ce n’est peut-être pas dans l’eau mais dans l’air. Je ne puis également m’empêcher de penser que l’hygiène de vie a son rôle à jouer. Pour preuve, les Von Heiligen sont plutôt bien épargnés en général pour les affections les plus courantes. Il y a bien des imbéciles pour prétendre que la crasse protège du mal mais c’est tout le contraire… Les mineurs, du fait de l’air qu’ils respirent à longueur de journée, sont plus faibles de constitution, ont les poumons plus fragiles… Avez-vous pu solliciter un médecin pour un avis ? Il serait également bon que je parvienne à en faire venir un pour ausculter une personne dont nous sommes sûrs de la maladie. Je le paierai, s’il n’accepte de le faire bénévolement. Les mineurs sont connus pour rechigner à faire appel à eux, préférant remplir leur gamelle mais un avis médical ne ferait que nous éclairer et mes connaissances ne se limitent hélas qu’à mes discussions occasionnelles avec des médecins avares d’informations et mes lectures… Si vous pouviez m’indiquer les remèdes que vous avez choisi, je pourrais voir à en préparer d’avantage une fois de retour chez moi. ».

La Von Heiligen imaginait déjà différentes façons d’agir, de convaincre son frère de faire quelque chose pour les mines pour une fois, pensant à insister sur le fait que lui-même et sa famille seraient bientôt menacés, que cette contamination ne ferait que lui faire perdre de l’argent. S’il n’avait pas de cœur, il avait au moins un porte-monnaie et il pleurerait évidemment le son des pièces qui ne viendraient garnir son escarcelle. Elle l’espérait du moins, parce que, avec lui, rien n’était jamais certain. Mais, quoi qu’il en soit, elle n’avait besoin que de la serre, de médecins et d’attirer l’attention des bonnes personnes.
MessageSujet: Re: Il vaut mieux une épine dans le pied qu'ailleurs...   Lun 3 Déc - 15:56

Axel écouta avec une grande attention ce qu’Eris était en train de lui dire, essayant de coller les morceaux avec ce qu’il avait retenu de sa conversation avec le petit minier au lac souterrain. Le tout se recollait plutôt bien – un peu trop. C’était malheureusement mauvais signe concernant le peu d’espoir qu’il avait encore que la situation ne soit pas aussi grave qu’il l’imaginait. Mais plus il en apprenait de personnes différentes, plus le pire semblait vouloir se confirmer. Il prit un instant pour digérer toutes les informations, les noter dans un coin des rouages de son cerveau pour les laisser tourner, tapotant légèrement des doigts sur le bureau dans un rythme rapide.
En plus de confirmer les paroles d’Edouard, ce qui ressortait des propos de la jeune Von Heiligen mettait à mal sa première hypothèse. Si cela touchait des familles, ou simplement des groupes de personnes proches, la contamination par l’eau était finalement peu probable – ce qui n’empêchait pas son conseil de filtrer l’eau au minier d’être incohérent, cela serait toujours une bonne chose pour les malades. Il se gratta un instant la nuque, laissant sa main reposer dans l’arrière de son cou.

« Non, je n’ai pas pour habitude de soigner beaucoup de monde dans les mines, mais on a fait appel à moi de manière exceptionnel dans ce cas… Je ne savais même pas que j’allais mettre le doigt sur un problème aussi important. Et je dois revoir mon contact d’ici à demain soir, je n’ai malheureusement pas assez d’information à vous offrir pour que vous puissiez retrouver la personne concernée même si cela aurait sans doute été préférable pour elle. »

Il avait hésité un instant à parler de la fameuse tante d’Edouard avec laquelle tout avait commencé – enfin qui avait permis de trouver la baleine cachée sous le gravier – avant de secouer négativement la tête pour lui-même. Il était de base extrêmement frileux à l’idée de parler des gens qu’il connaissait dès qu’il s’agissait de la contrebande, le rouquin avait de toute façon bien trop peu d’information à donner pour simplement retrouver cette pauvre personne au milieu de tous les faubourgs – il n’avait même pas le prénom de la personne malade. Ça serait bien plus rapide de croiser à nouveau Edouard pour qu’il lui rapporte que de laisser Eris faire sa petite enquête au milieu du bourg.

Il hocha la tête en écoutant les hypothèses de cette dernière, que rejoignaient désormais les siennes. Plus que l’eau, peut-être que certains mineurs étaient tombés sur une poche de gaz à un certain endroit et que tout été parti de là en se rependant parmi les habitants. De ce côté-là, il pouvait toujours demander à Morgan pour savoir si les malades, du moins les premiers, faisaient partis du même groupe. Ça permettrait potentiellement de se rapprocher des patients zéros et de tirer une ligne directrice sur la propagation – et isolés les malades les plus atteints aujourd’hui pour éviter le pire.

« Je ne peux que me joindre à votre idée… Même si je pense que la résistance de votre famille tiens plus à son isolation qu’à sa forte constituions et vos aînés sont souvent peu en relation direct avec les miniers, ce qui minimise les risques de transmission de manière significative si cela passe par l’air… » Il haussa les épaules. Là n’était pas le sujet important, mais il était tout de même bon de le noter. Son regard se tourna un instant sur sa décoction avant qu’il ne reprenne. « De ce que j’ai entendu, et vos paroles ne font que me le confirmer, un des symptômes les plus grave est le risque pulmonaire engendré par cette maladie : que cela soit la toux ou les infections des poumons… J’ai donc accès mon travail sur des onguents, tisanes et complètements à avaler préparés à base de divers élément suivant ce sens. Le plantain et les racines d’Osha font une très bonne base concernant les soins pulmonaires, à laquelle on peut mêler soit des éléments de menthe renforcer ce mélange, soit de la sauge ou du sureau si jamais la personne est aussi frappée par la fièvre. »

Il s’arrêta une petite seconde, laissant à son esprit le temps de prendre de l’avance sur ses paroles. Il réfléchissait toujours à la meilleur solution, mais il était compliqué et nocif de traiter tous les symptômes à la fois, raison pour laquelle il s’était concentré sur les plus grave.

« Malheureusement, de simples onguent ne suffiront pas pour tous les symptômes de type délirium… Je cherche encore de mon côté un érudit qui serait sensible à la cause. Je sais de source sûre que le dernier médecin affecté aux Faubourgs est… particulier, et pas forcément spécialiser dans les épidémies. D’autant plus que si le problème se répand réellement, cela ne se limitera pas à cette partie de la vile, notamment avec le Tag qui approche et ça risque de mal finir… Malheureusement les hommes de la ville sensibles aux sorts de leur semblables des mines se comptent sur le doigt d'une main et la tâche s'avère plutôt ardu et je n'ai pas le bras assez pour réellement plaider la cause. »

Il ne manquait plus que la panique d’une population malade au tableau de cette ville pour que tout soit réellement chaotique.
MessageSujet: Re: Il vaut mieux une épine dans le pied qu'ailleurs...   Mar 4 Déc - 16:25

Comme elle s’en doutait, le problème était tombé sur le dos d’Axel de façon fortuite et il n’était guère enjoué à l’idée de divulguer l’identité de son contact. C’était compréhensible, ce d’autant que la contrebande était une activité risquée. Eris pensait toutefois bon qu’elle rencontre ce dernier, s’assure des faits afin qu’ils cessent d’avancer en aveugle. Elle devait également admettre qu’il n’avait pas tout à fait tort en affirmant que la résistance de sa famille venait de son isolement mais c’était oublier qu’Eris, et l’ainée de ses nièces allaient souvent à la rencontre des mineurs, s’exposant ainsi à leurs maladies. Ce n’était certes pas aussi dangereux que des contacts prolonger mais le risque était bien là et puis Eris voyait défiler assez de monde pour rapporter toutes les maladies imaginables au cœur du refuge des Von Heiligen. L’argument n’était donc pas totalement pertinent à ses yeux.

« Certes mais je vois ces mineurs à longueur de journée et rentre le soir. Le risque reste présent. Moindre certes que dans des milieux plus renfermés comme les mines. Quant à ce médecin, je vois très bien de qui il s’agit… Très charmant au demeurant. Je me renseignerai, et au besoin, je ferais venir un autre médecin, comme je l’ai dit. Quant à l’altruisme des sujets de cette ville, ne vous inquiétez pas de ce problème. Comptez sur leur égoïsme, un bon discours pour les effrayer et leur faire comprendre que traiter l’ensemble de la population est le seul moyen de les sauver et vous aurez le résultat espérer. Il y aura toujours des imbéciles mais cela suffira à motiver un bon nombre à enrayer cette épidémie. En fait, une contamination au cours du Tag Der Toten serait une chose merveilleuse pour soigner les mineurs, puisque cela impliquerait que des érudits se penchent sur la question, trouvent un remède… Le tout pour sauver les bonnes gens. Il n’y aurait plus qu’à le dérober, ou l’obtenir. Facile à dire, sans doute, cynique certainement. Cette solution n’en est pas moins envisageable. ».

Elle avait répondu d’un bloc et marquer enfin une pause, trop courte pour permettre à Axel de reprendre, juste assez longue pour qu’elle reprenne son souffle. « Quant à votre choix de remèdes… Il est bon, symptôme par symptôme. C’est toutefois le mal originel qu’il nous faut traiter. Une drogue peut apaiser ou faire plus de mal, si elle n’est pas adaptée. J’ai bien peur qu’agir sans l’expertise d’un médecin ne provoque plus de mal encore… » une fois de plus elle revenait à ce même constat : ils jouaient avec des plantes dans l’espoir de guérir un mal dont il n’avait pas le nom. « Contentons-nous, pour le moment, d’apaiser les souffrances. Le délirium n’est certainement que l’un des symptômes qui disparaîtra avec la fièvre et les autres symptômes. L’empressement conduit à l’erreur. ».

Elle se faisait voix d’une raison difficile à entendre, même pour elle qui ne savait guère réfréner ses élans généreux envers les nécessiteux mais de par son éducation elle savait aussi que c’était parfois mieux de ne rien faire que de vouloir trop en faire.

« Pour la fièvre, nous pourrions envisager une infusion d’écorce de saule également. Pour le sureau, cela ne sera pas pour tout de suite, faute d’en avoir. Quant à la sauge… Le pied n’est guère fourni mais il doit me rester de la sauge sèche… »
MessageSujet: Re: Il vaut mieux une épine dans le pied qu'ailleurs...   Jeu 6 Déc - 11:51

« C’est un pari risqué… Certes, avoir des gens de la ville pourraient permettre de développer un remède et en même temps… La décision de s’occuper des miniers viendra quoi qu’il en soit de la famille royale, qui pourrait simplement y voir une bonne façon de faire un peu le ménage pour faire taire les oppositions, dans les faubourgs tout comme dans les familles gênantes de la noblesse. Ça ne serait pas la première fois. »

Et si les érudits développaient réellement un remède, le voler ne serait pas le problème principal. Il faudrait trouver quelqu’un capable de le reproduire, ce qui était encore dans la mesure du possible, mais de manière discrète et à grande échelle… Surtout que si tous les miniers commençaient à guérir miraculeusement, cela soulèveraient forcément des questions et il fallait être préparé à ce que la milice vienne potentiellement fourrer son nez dans toute cette histoire.
La confirmation de ses choix par Eris ne lui apporta pas grand réconfort et le laissa plutôt de marbre, il savait parfaitement ce qu’il faisait et les raisons qui l’avaient poussé à se tourner vers ce choix – il aurait été un bien mauvais herboriste si ce n’était pas le cas d’ailleurs, surtout pour des choses aussi courantes. On, il avait plus besoin d’idées nouvelles que d’une quelconque confirmation.
Et il se contenta de hausser les épaules à ses paroles avant d’écarter les mains d’un air entendu.

« Vous êtes une femme réaliste Eris, et quelle que soit la maladie qui se découvre petit à petit ici, de simples décoctions de plantes suffisent à la contrecarrer et vous devez aussi le savoir. L’herboristerie peut aider un système à rester fois, le soulager de ses douleur ou l’aider à combattre les éléments extérieurs à condition que la personne soit en bonne santé. Mais dans le cas des miniers, qui ont déjà une constitution trop faible, quoi que nous choisissions de préparer, nous ne pouvons faire de miracles. Les médicaments dont tous ces gens auront besoin de ne viendront pas de notre travail. Je vous laisserais traiter avec Neil, cela attirera moins l’attention que si c’est moi qui vais le trouver, même si nous nous connaissons un peu. »

Il fallait bien reconnaître les limites de leur art. En être conscient était une partie essentielle et permettait de savoir quand faire recours à un appel extérieur, en l’occurrence un avis médical d’expert. C’était d’ailleurs la raison pour laquelle il tentait de traiter les symptômes individuellement pour le moment, parce qu’Axel était bien au courant que seul – ou à deux en comptant la participation de la demoiselle – il n’irait de toute façon pas beaucoup plus loin. Morgan lui avait cependant parlé d’un autre médecin qui intervenait dans les faubourgs, mais il n’avait pas encore eu le temps d’effectuer ses propres recherches, même s’il avait bien noté l’information dans un coin de sa petite caboche.

« J’avais songé à la sauge dans un premier temps, mais elle est malheureusement difficile à se procurer, surtout en grande quantité, même lorsqu’on se fournit en dehors de la ville… Surtout qu’il y a peu de réelles cultures et que c’est de grandes quantités dont nous avons besoin. J’avais également songé à la racine de réglisse, plus simple à récupérer mais le mélange serait devenu trop lourd pour les personnes déjà faibles. Et puis, il ne faut pas oublier que c’est une partie de la population qui n’a que très peu l’habitude de ce genre de soins et sont susceptibles de développer des réactions négatives, voir agressives. »

Il se redressa pour faire face au bureau, tournant le dos à son interlocutrice. En général, il essayait de passer du temps avec les personnes qu’il traitait. Si l’allergie était un risque, quoi que mineur, tout le monde ne réagissait pas de la même manière aux plantes. Il l’avait appris par la manière forte alors qu’il était encore jeune et inexpérimenté.

« J’ai déjà laissé plusieurs doses de mes préparations dans cette étagère. » Il indiqua du doigt un des rangements taillés dans la pierre. « Si jamais vous veniez à rencontrer des personnes malades ou en difficulté, j’essaierais de toujours en laisser un petit stock, en attendant une meilleure solution… Ou que le problème se règle de lui-même. »
MessageSujet: Re: Il vaut mieux une épine dans le pied qu'ailleurs...   Dim 9 Déc - 12:34

Axel n’avait pas tort en disant qu’une maladie qui frapperait les faubourgs seraient une occasion pour faire du ménage, encore plus que voler le remède, le reproduire ne serait pas simple. Ce n’était toutefois qu’une solution qu’envisageait Eris ; une possibilité parmi d’autres naît d’un cynisme qui lui avait fait se dire que la meilleure façon d’obtenir l’aide des fortunés était qu’ils soient concernés, menacés personnellement par le mal qui sévissait.

« Je sais qu’il n’y aura pas de miracles. Il nous faut toutefois être prudent dans les symptômes que nous traitons. Sans vision d’ensemble, nous jouons aux apprentis sorciers. De simples décoctions suffisent à apaiser, faciliter la récupération certes mais l’on ne contrecarra rien ainsi. Nous ne ferons que repousser l’inévitable. ». Oui, elle savait qu’une plante pouvait favoriser les défenses naturelles mais il fallait encore que la source de l’affection ne nécessite pas des traitements plus agressifs, plus virulents.

« Quant aux risques de réactions négatives à une médecine, nous ne pouvons qu’espérer qu’il n’y en ait pas. Mes connaissances dans le domaine sont limitées, bien plus que les vôtres. Je suis bien plus douée pour faire pousser une plante que préparer un remède… Si je rencontre des malades, je leur donnerai le nécessaire pour les soulager, vous avez ma parole. Quant au médecin… Je m’en occuperai en espérant qu’il ne tarde pas trop à se montrer… Neil ou cet autre médecin qui n’a pas mauvaise réputation… Cela passera plus inaperçu, en effet. »
.

C’était tout ce qu’elle pouvait faire pour l’heure. Ils ne connaissaient rien à la maladie, n’avait que les quelques observations qu’ils avaient pu faire ou recueillir mais aucun examen des malades n’avait pu être fait et sans cela ils ne pourraient rien faire, sauf à jouer d’une chance insolente. C’était possible mais très peu probable. Ils avaient autant de chance de fournir le bon remède que de trouver une aiguille dans une botte de foin. Pour l’heure, leurs options étaient limitées. Ils fourniraient de quoi permettre aux malades de tenir un peu plus longtemps, souffrir un peu moins en priant de ne rien aggraver tandis qu’ils tâcheraient d’obtenir l’assistance d’un médecin, peut-être de savants. Cela coûterait cher, tant parce qu’il faudrait payer que parce que des vies s’éteindraient avant le début d’un traitement.

« Gardons espoir. Voyons ce que nous pouvons faire et apprendre de plus. Et prions que les bonnes gens ne se saisissent de l’opportunité pour se livrer à toutes les bassesses possibles… »
. Eris avait l’air sombre, n’avait que peu d’espoir mais une étincelle lui suffisait à ne pas abandonner.  
MessageSujet: Re: Il vaut mieux une épine dans le pied qu'ailleurs...   Mar 11 Déc - 15:07

Axel se contenta d’un vague hochement de tête aux paroles d’Eris. Il ne servait de toute façon à rien d’argumenter puis que les deux étaient d’accord… sur le fait qu’ils étaient pour l’instant complètement coincés. Leur petit manège de remède ferait sans doute plus de bin que de mal, de manière générale, mais il y aurait forcément quelques effets secondaires chez certaines personnes, le rouquin en était persuadé. Est-ce que ça valait le coup ? Il le pensait. Il ne pouvait pas ne rien faire pour une majorité à cause de simplement quelques personnes. Avec un peu de chance, tous les effets négatifs seraient limités, et non mortels. Il n’avait pas beaucoup mieux que la Dame de la réussite avec les quelques maigres clefs qu’il avait en main pour le moment.

« Je parlerais de vos efforts à… la personne avec laquelle je discute. Si elle m’écoute, ça vous donnera peut-être l’occasion de vous rapprocher des mineurs malades sans faire trop de vagues… ou attirer trop d’hostilités. »

Après tout, il n’avait vu Edouard qu’une seule fois, et le rapport de ces gens à la famille Von Heiligen pouvait être… compliqué. Il lui suffisait de repenser à Morgan et cette haine mauvaise, presque viscérale qu’il pouvait avoir sans même prendre le temps d’avoir un peu de recul. Il devait prendre le pari, encore une fois, que le petit homme qu’il avait vu n’avait pas cette même flamme en lui et qu’il accepterait de l’écouter. Au mieux, cela aiderait tout le monde, et dans le cas inverse… il improviserait. Ce ne serait malheureusement pas la première fois qu’il se mettrait quelqu’un à dos, même s’il trouvait toujours cela extrêmement dommageable, surtout dans ces conditions. Peut-être aussi qu’Edouard pourrait convaincre l’un des médecins s’occupant des mines de se pencher sur cette histoire s’il arrivait à y envoyer assez de personnes avec des symptômes similaires.

« Je vais continuer à faire du pied de mon côté. Mais les rouages de la ville sont bien lents quand il s’agit de prendre une décision dont l’issue ne les concerne pas. Ne faites pas cette tête, Eris. Nous faisons ce que nous pouvons et les choses ne sont pas perdues pour autant. »

Il sourit légèrement tout en remettant ses lunettes sur son nez. Ce ne serait pas la première catastrophe que connaissaient la ville, loin de là et sûrement pas la dernière, même si c’était triste à avouer. Malgré les pertes, le peuple avait toujours fini par s’en remettre. Et d’aussi bonne volonté que l’on pouvait être, ça ne servait à rien de se flageller pour des choses qu’on ne contrôle pas. Le combat serait déjà en partie gagné s’ils arrivaient à endiguer un tout petit peu ce qui se préparer comme une dévastation.
MessageSujet: Re: Il vaut mieux une épine dans le pied qu'ailleurs...   Mar 11 Déc - 15:52

Tout était dit. Pour l’heure il n’y avait rien de plus à faire si ce n’est garder espoir, rentrer chez soi et à la première heure commencer à chercher un médecin, s’assurer d’avoir assez d’ingrédients pour les remèdes et partir en quête des malades. Eris ne savait pas encore si elle parlerait à Neil, ou un autre médecin ; peut-être les deux afin d’augmenter les chances de succès mais en tout cas l’un des deux recevrait sa visite ou serait convié très prochainement à venir la voir. Cela dépendrait de son humeur.

Eris espérait que la ville se montrerait plus réactive que d’ordinaire, le problème pouvant vite devenir catastrophique mais comme le disait Axel, les rouages de la ville étaient bien lents quand il s’agissait de se décider pour un problème qui ne concernait pas directement les grands.

« C’est par l’addition de gouttes d’eau  que nous remplirons le verre » répondit Eris en remettant sa capuche. « Je vais vous laisser. Prenez soin de vous. Vous serez plus utile vivant et reposé que mort de fatigue. Votre contact, s’il accepte de me voir… Envoyer le à ma boutique. Si j’obtiens des informations et que je ne peux vous voir avant, je vous laisserai un mot ici. »


Sur ces mots Eris quitta l’atelier puis les souterrains, retournant à la demeure des Von Heiligen. Elle avait manqué l’heure du repas ; Jasper lui ferait sans doute la remarque, ne serait-ce que pour la forme, parce qu’elle avait passé outre cette tradition familiale mais elle s’en moquerait, comme toujours. Elle se rendit aux cuisines, mangea quelques restes puis alla se coucher, s’interrogeant un bref instant sur le sort des mineurs avant de les reléguer dans un coin de son esprit. Elle était certes attachée à leur sort mais ne souhaitait pas s’inquiéter plus que de raison, pas au point d’en perdre le sommeil.

FIN
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MessageSujet: Re: Il vaut mieux une épine dans le pied qu'ailleurs...   

 
Il vaut mieux une épine dans le pied qu'ailleurs...
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