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 Le rouge de nos viandes sur le noir sidéral, le rouge de nos désirs sur l'envers de nos cuirs.

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MessageSujet: Le rouge de nos viandes sur le noir sidéral, le rouge de nos désirs sur l'envers de nos cuirs.   Jeu 29 Nov - 2:17

Le vent était frais, en cette nuit estivale : la chaleur de la journée s'était estompée et la petite brise nocturne venait soulager le mercure de quelques degrés. Courir sous la canicule était un calvaire pour tous les sportifs à peu près sain d'esprit et il n'était pas rare que Jacob, en cette période de l'année, arrange son emploi du temps de manière à sortir du travail tardivement et s'adonner à son jogging quotidien aux premières heures du cadran. S'il souffrait bien davantage encore des chaleurs étouffante à la gare, au moins pouvait-il arpenter les rues sans suffoquer.
Et puis, à cette heure là, son chemin de course habituel était également fréquenté par Nishiki, leur permettant alors l'un l'autre de passer l'heure avec un compagnon. Ils parlaient assez peu mais possédaient plus ou moins la même morphologie et la même rigueur concernant leurs physiques : ils ne se gênaient jamais et avoir à ses côtés une personne qu'il appréciait rendait toujours Jacob plus serein que lorsqu'il était seul.

Drôle de type, Nishi. Un mec très sympa, parfaitement aimable et dont l'humour s'accordait au sien. Ils partageaient pas mal de points communs et Jacob passait toujours un bon moment en sa compagnie, que ce soit le temps de partager un verre au bar ou même dans le contexte plus professionnel du Chabanais.
Mais le gamin avait une tendance étrange à lui faire du gringue, plus ou moins gentiment, plus ou moins explicitement, et les sous-entendus étaient toujours suffisamment travaillés pour que Jacob ait conscience que ça lui était adressé.
Il n'était pas un cas unique, sans doute ; Nishi devait avoir un côté dragueur et Jacob avait très vite cerné que la chose était humoristique à son égard. Mais tout de même, la récurrence de cet état de fait et l'insistance avec laquelle ça lui était destiné avait commencé à faire cogiter Jacob.
S'il n'y avait pas mis fin dès le début, c'était justement parce qu'il avait l'humour facile. Maintenant, rappeler Nishi à l'ordre lui paraissait dérisoire : cela serait abordé une façade plus sérieuse de la dynamique de leur relation et Jacob, dans toute sa franchise, ne se sentait pas à l'aise avec l'idée.

Lorsqu'ils s'arrêtèrent devant chez lui, la rue à peine éclairée par les lampadaires, Jacob proposa à Nishi de monter boire un verre. Rien d'alcoolisé : il savait que le brun ne buvait quasiment jamais et lui-même n'avait pas de penchant suffisant à l'éthanol pour s'en enfiler sans raison avant d'aller dormir.
Mais Samuel était chez un ami pour cette nuit er Nishi devait encore traverser quelques rues avant de pouvoir se poser à son tour, alors lui proposer de se désaltérer et de se poser cinq minutes le temps que l'endorphine redescende était la moindre des choses. En tout cas, la moindre des politesses. Ce ne serait pas la première fois, au demeurant : ils couraient suffisamment ensemble pour avoir leurs petites habitudes.
D'un geste de la main, il lui indiqua de s'installer dans le canapé - ou un fauteuil, au choix - pour aller leur servir deux grands verres d'eau. D'un mouvement il dégagea la table basse encombrée par les bouquins et les travaux de son fils avant de se laisser tomber sur le canapé, croiser les jambes sur le meuble susnommé et lâcher un soupir d'aise.

S'il admettait - difficilement - que la drague de Nishi commençait à le faire cogiter, commençant à ne plus trop savoir sur quel pied danser concernant le sérieux du jeune homme, il avait déjà beaucoup plus de mal à réaliser à quel point ça le travaillait. Nishiki était beau garçon, c'était indéniable, et Jacob n'avait pas de mal à l'admettre ; seulement, il n'avait jamais été attiré par le sexe fort et n'était même pas sûr d'avoir un jour songé à l'éventualité d'envisager une relation pareille. Et malgré ça, alors que Nishi se trouvait à côté de lui et qu'il était encore bourré de l'énergie et du plaisir de la dépense sportive, Jacob se demanda vaguement, d'une pensée un peu brumeuse, pas très claire et pas très assumée, quelle différence cela ferait de coucher avec lui plutôt qu'avec une nana.
Une question somme toute innocente. De la simple curiosité, pas même de l'intérêt - ou alors un intérêt si bien refoulé qu'il ne réalisait pas à quel point l'éventualité lui paraissait tentante. Le "pourquoi pas" du type que ça commence à bouffer un petit peu trop et qui aimerait bien cesser d'y réfléchir.
MessageSujet: Re: Le rouge de nos viandes sur le noir sidéral, le rouge de nos désirs sur l'envers de nos cuirs.   Ven 30 Nov - 11:19

Quelle chaleur… Dire qu’on va la regretter d’ici quelques semaines.
La saison des pluies était sans doute celle que Nishiki détestait le plus. La ville sortait souvent de plusieurs semaines d’un soleil de plombs, pour ne pas dire caniculaire, et les pluies, si elles finissaient pas apporter fraicheur et précieuse réserves d’eau, commençaient surtout par amener la lourdeur des nuages qui se mêlait à la poussière à moitié boueuses des rues. C’était la pire période pour tout féru de sport, surtout si ces derniers étaient adeptes des activités en plein air… certes limitées mais tout qui avait le mérite d’exister.
Shiki avait donc profité des heures les plus avancées de la nuit, après avoir été congédié par Elena, pour prendre congés et préparer sa nuit. Oiseau nocturne, son besoin presque inexistant de sommeil lui laissait un temps libre important qui n’était pas pour lui déplaire. Et ça lui permettait surtout de sortir courir loin des moments où les artères viciées de la ville étaient déserte – du moins, autant que pouvait l’être une ville qui, comme lui, ne dormait jamais.

Avec un peu de chance, Jacob sera de sortie aussi.
Et ça n’avait pas loupé. Un des autres avantages à sortir dans ce genre d’horaires, c’était justement de rarement finir ses courses seul. Les deux hommes se connaissaient depuis un moment maintenant – entre son travail où il leur arrivait de se croiser, ou les quelques verres et plaisanteries échangés dans certains bars, leur amitié devait sans doute paraître bien singulière. Alors qu’au fond, cela n’avait rien d’étonnant étant donné leur caractère respectif et Nishiki appréciait ces quelques moments de détente.
Bon, Nishiki étant qui il était, cela s’accompagnait de blague toujours plus ou moins… orientées, mais comme Jacob n’avait jamais eu l’air de le prendre mal ou de s’offusquer plus que de raisons, ce comportement presque naturel dans ses moments détendus était tout bêtement rentré dans sa routine comme un jeu inoffensif supplémentaire.
Pas qu’il ne soit pas contre l’idée en en elle-même mais il avait bien conscience que la personne en face de lui prenait ça à la rigole. Mais hey, il y avait assez de personnes dans cette ville pour contenter tout le monde.

Ils s’arrêtèrent en bas de chez Jacob, comme à leur habitude, et Nishiki s’étira rapidement en s’attendant à repartir après des au revoir toujours brefs. S’il fut un instant surpris de l’invitation – ce n’était pourtant pas la première fois – il l’accepta volontiers : la nuit ne faisait que commencer pour lui et passer un peu de temps en bonne compagnie était toujours appréciable.
Décidément, toujours aussi sobre…
Le jeune homme s’installa sur le canapé, le dos droit mais légèrement penché en avant, laissant ses avant-bras reposer sur ses genoux pour poliment éviter d’appuyer son dos dégoulinant de sueur à travers son vêtement – un simple t-shirt qui laissait facilement entrevoir l'encre sous sa peau : ce qui était presque extraordinaire chez lui mais courir en chemise n’était pas le plus… pratique. Il accepta le verre d’eau avec plaisir, se forçant à en boire de petites gorgées à la fois. Le frais lui fit du bien et il laissa échapper un soupir léger.

- Tu cours plus régulièrement en ce moment ? J’ai trouvé ta foulée plus légère.

Nishiki se passa une main sur le front pour en enlever les quelques perles de sueur qu’il fit glisser jusque dans ses cheveux poivre et – un peu – sel pour en dénouer le lien de cuir qui les maintenait attaché. Il détestait toujours autant cela malgré les années, mais c’était toujours mieux que de finir avec des mèches dans le nez et les yeux pendant le sport.

- Ou peut-être que tu es juste particulièrement performant ce soir.

Il pencha légèrement la tête pour l’observer, un sourire entendu sur les lèvres – c’était plus fort que lui il devait avouer qu’avec l’habitude, il ne se rendait même plus forcément compte de tout ce genre de propos souvent interprétables.
 
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