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 Jonathan R. Grüber // Hello darkness my old friend...

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MessageSujet: Jonathan R. Grüber // Hello darkness my old friend...   Lun 26 Nov - 20:54



Jonathan R. Grüber

Âge : 44 ans

Surnom : Le claudo

Ville de naissance : Le Centre de Draümstadt

Rang social : Erudit

Caste : Médecin

Métier : Médecin
[Négligé ] ● [Logorrhéique] ● [Charitable] ● [Dépressif] ● [Alcoolique] ● [Attachant] ● [Volontaire]● [Rêveur] ● [Idéaliste] ● [Généreux] ● [Pacifiste]


Montre-moi ta bobine...

En termes politiquement corrects, on peut dire que la quarantaine passée fut un coup dur pour sa santé déjà fragile. En réalité, Jonathan n’a jamais été particulièrement charismatique. Au contraire, ses amis de classe avaient tendance à sortir sans l’attendre et remarquaient son absence une fois installés dans leur amphithéâtre. Ses cheveux roux n’ont jamais été disciplinés. Depuis des années, ils tombent en mèches emmêlées sur son visage creusé. Dans ses orbites creusées, marquées par des cernes profondes, deux yeux bleus percent l’obscurité, intenses comme  des topazes renvoyant la clarté d’un monde qui l’aveugle. D’une société où il s’égare. Où il reste, parfois béat, contemplant la réalité comme si c’eut été la première fois qu’il la voyait. Il oublie souvent de se raser, une barbe de quelques jours dévorent ses mâchoires carrées, accentue ses pommettes sévères, une autre barrière soutenue par ses sourcils broussailleux, comme pour le préserver de ce qui l’entoure, de ces agressions qu’il peine parfois à supporter. Le brouhaha des autres l’endort, leur silence l’inquiète, leurs regards l’oppressent. Il se protège derrière quelques kilos superflus, qui apportent un doux volume à ses cuisses déjà musclées, se terre sous de grandes vestes, longues, souvent usées, qu’il a tendance à abîmer… Il faut dire qu’il a la fâcheuse tendance à s’y prendre les pieds, à les coincer dans la poignée traître d’une porte, quand il ne renverse pas dessus son encre, l’alcool qu’il avale ou encore, les mixtures qu’il prépare. Parfois, quelques tâches de cambouis s’y ajoutent, quand la curiosité l’a poussé à s’intéresser à une machine et à y plonger ses mains expertes, bien qu’on lui ait maintes et maintes fois expliqué qu’une machine n’avait rien d’un organisme humain. L’odeur, me diriez-vous ? Elle n’est pas aussi mauvaise qu’on pourrait le croire. Malgré ses vêtements dans un état déplorable, il se lave souvent, tous les jours, à grands renforts de savons. D’ailleurs, ses cheveux emmêlés portent souvent les fragrances légères et sucrées de violettes fraichement ramassées. Il a toujours en poche des feuilles de menthe, qu’il mâche par peur que son haleine ne trahisse son alcoolisme. Ses ongles sont parfaitement manucurés, bien qu’il ait les mains usées à cause de maladresse, couvertes d’une corne surprenante au contact, pour un médecin. Jonathan ne sourit que rarement, et quand il le fait, c’est bien souvent dans le vide, à un fantôme que seul lui peut apercevoir.

Niveau de force : 3/10
Jonathan n’a eu d’autres choix que de développer un minimum son corps, assez pour réussir à traîner un patient sur quelques mètres, pour le maintenir si nécessaire. Cependant, au vu des rires de ses collègues lorsqu’on l’a vu à l’œuvre, il a bien compris qu’il était loin d’être un homme que l’on peut qualifier de « fort » (si l’on ne compte pas son très léger embonpoint).
Capacités de combat : 1/10
Notre cher médecin n’a aucune capacité de combat. En cas d’agressivité physique à son adresse, il opte pour la fuite ou pour se réfugier dans un coin et supplier à ce qu’on l’épargne. Jonathan n’a aucun plaisir à confronter un adversaire et préfère abandonner directement plutôt que risquer une confrontation où il pourrait perdre quelques dents.
Charisme : 5/10
Ne nous le cachons pas, le charisme de Jonathan vient en grande partie de son métier. Sous sa couverture de médecin, Jonathan peut se montrer particulièrement autoritaire et son regard luisant sous la pénombre de ses mèches entrelacées peut devenir franchement inquiétant…  Néanmoins, quand il est renvoyé à sa condition de « simple » être humain et qu’il n’a plus l’excuse de son travail pour s’affirmer, Jonathan redevient un être totalement effacé.



Je suis ce que je suis

Jonathan est assez solitaire. Ce n’est pas tellement un choix, à dire vrai. Depuis sa plus « tendre » enfance, il a toujours… dérangé. Pourtant, personne ne saurait se l’expliquer, le principal intéressé lui-même n’a pas tellement de réponses à apporter. Peut-être est-ce sa discrétion ? Plus d’une fois, il a été témoin d’une conversation ou d’un acte qu’il n’aurait pas dû voir. Comme surprendre son père et sa tante se perdre tant et si bien dans la contemplation du nouveau lit qu’ils en ont retourné les draps. Ou encore, entendre un de ses amis parler d’une expérimentation médicale risquée et ne réaliser que trop tard que Jonathan se trouvait dans la pièce, à le fixer avec des yeux écarquillés. Ajoutons à cela une curiosité intarissable, qui le pousse à étudier tous les livres qu’il trouve, à plonger ses mains dans tous les mécanismes qu’il déniche, à s’immerger dans toutes pensées humaines qu’il côtoie. Il apprécie disséquer l’âme comme le corps et comprendre ses interactions. C’est un homme sensible et attentif, dont la discrétion et la curiosité sont des armes redoutables à l’encontre de tous les secrets. Tant et si bien qu’il en a appris des si affreux qu’il a tendance à vouloir les oublier. Mais les secrets ne se taisent pas. Alors il boit, il boit de plus en plus, espérant que l’alcool remplira leur bouche, leurs poumons, qu’ils vont enfin se taire et le laisser en paix. Son esprit est trop plein, plein de mille et une connaissances dont tout le monde se fiche et qu’on pourrait pourtant prendre le temps de décortiquer, pour arracher des secrets qu’on ne saurait pas même écrire sur un bout de papier par peur de se faire éliminer… Saviez vous que cette belle Dame de la haute société aurait empoisonné son mari ? Oh oui, un peu de morphine, une dose quotidienne, de quoi l’endormir, de quoi le faire taire, de quoi faire monter la muqueuse entre ses lèvres et développer dans ses poumons, sa bouche, ces champignons qui l’étouffent. Mais comment dire à Madame de cesser ? Comment annoncer à Monsieur que sa femme le tue à petit feu ? Peut-on même parler d’assassinat ? Oh non, elle souhaite probablement soulager sa peine, il souffre, souffre tellement… Alors il boit, pour se taire, car l’alcool rend son pas instable, l’alcool le rend bavard et parmi les connaissances qu’il déblatère, se terrent quelques secrets croustillants, des scolopendres qui chatouillent sa gorge, qui grouillent et dévorent sa cage thoracique, qui forment des boules, boules d’angoisse dans sa gorge, qui sortent par milliers quand il régurgite au sol tout ce trop plein qu’il n’endure plus. Comme cette gamine, qu’il a soignée dans les mines, dans la poussière, cette petite qui pleurait bien moins fort que lui alors qu’il apposait un garrot sur sa jambe écrasée. Cette petite qui n’avait plus même la force d’hurler quand il n’a eu d’autres choix que trancher… Non, Jonathan ne veut pas y penser, il ne veut plus penser à toutes ces horreurs qui ont totalement délavé ses yeux de larmes.

Il fuit le monde qui l’a brisé et l’on fuit cet homme qui se parle « seul », seul parce qu’il s’adresse à un groupe, un ami, mais qu’on détourne les yeux, on l’ignore, s’éloigne. « Tu pues l’alcool », « tu délires encore », parfois, on ne daigne pas même lui dire un mot, on se contente de passer devant lui, sans un regard. Alors il garde dans son cœur ces secrets qui pèsent trop lourds pour sa seule âme et qui ne suffisent pas à réfréner son envie d’aider, d’aller voir, les uns, les autres. Pour leur parler, encore et toujours, pour leur offrir un sourire ou un aperçu d’horreur, quand un fantôme traverse son regard et le pousse à se taire. Quand la frayeur déforme et tire ses traits, scelle ses lèvres et que ses yeux se baissent. Mais il a l’amour du travail bien fait. L’amour des autres et de leur bien-être. Alors il prend son courage à deux mains et il s’accroche. Il s’accroche, à sa bouteille, son manteau, aux mains qu’on lui tend, à ces gens qu’on abandonne, là, au fond des mines ou aux fins fonds des trop grandes maisons pourries par la solitude, le vice, des crimes inavoués. Des vices, des maux, sur lesquels il n’hésite pas à mettre ses mots. Jonathan a écrit plusieurs traités de psychologie, reconnus et appréciés dans son travail. Et pour autant, ses confrères ne prennent pas le temps de passer un repas avec lui, ne supportent pas de l’entendre partir dans ses litanies. Sans compter sa très mauvaise manie de mettre son nez dans ce qui ne le regarde pas, de se mêler de tout et n’importe quoi.

Jonathan est un homme bon, aimant, bien que le monde ait souhaité pervertir son innocence, ses espoirs, sa volonté de l’améliorer. Bien qu’il soit souillé par tout ce qu’il a pu voir, qu’il soit corrompu par son propre esprit vieillissant, usé. Il persiste, dans ses yeux bleus blafards, dans ses sourires rapides et éphémères, une pureté difficilement identifiable, qui fait tâche avec son apparence. Une pureté, qui le rapproche des cœurs en souffrance, assez pour trouver parfois la clef qui libérerait leurs douleurs, la source de leurs malheurs. Il est plongé dans l’obscurité, mais c’est dans l’obscurité que l’on trouve les plus belles richesses. Et ça, ce sont les mineurs qui le lui ont appris. Pas les livres.

Niveau d’éducation : 7/10
Jonathan en sait beaucoup du monde. Que ce soit par ses errances, ses travaux de recherche, ses lectures, les conférences, les rencontres… Jonathan passe son temps à s’instruire, dans une bibliothèque ou affalé sur un bar, dans une salle d’amphithéâtre ou dans une rue emplie de misère. Il apprend et ne cesse d’apprendre, avec un esprit insatiable et pourtant, déjà repu d’immondices.
Niveau d’intelligence : 7/10
Jonathan n’a d’autres choix que faire preuve d’intelligence. Savoir analyser une situation et répondre de façon adaptée, avec les moyens dont on dispose. Son instinct de survie, sa débrouillardise et son incapacité de rester dans la passivité l’ont poussé, toute sa vie, à toujours agir et réagir. Et c’est à force d’erreurs qu’on apprend.




Bout de moi

Il ne connaît que trop bien le Centre de la ville. C’est peut-être ce pourquoi il ne s’est jamais perdu dans le dédale des rues, malgré son errance constante. Sans même en avoir conscience, les pieds de Jonathan le mènent toujours là où il le désire, mais pas toujours au moment opportun. Parfois, il va ainsi rejoindre le bar alors qu’il devait aller à l’amphithéâtre, ou il va s’approcher des mines alors qu’il souhaitait rejoindre sa chambre. Le plus incroyable dans cette histoire est que cette malchance affecte tout autant ses relations personnelles ; ainsi, Jonathan a pu se montrer dans un état déplorable au Maître Erudit avec lequel il avait rendez-vous, ou encore, être dans une très belle tenue lors d’une soirée où l’alcool coulait à flots et où il fut contraint de fuir les avances des femmes ou des hommes intéressés par son allure – ça arrive, des fois. Aux yeux de Jonathan, sa vie est ponctuée d’échecs : mais d’un point de vue extérieur, ce sont ses erreurs et ses maladresses qui l’ont poussé à faire de surprenantes découvertes.

Sans réellement le vouloir, il a ainsi participé aux recherches menées sur les effets hallucinogènes de cette drogue composée de Sel, alors qu’un patient sous observation s’était enfui de la salle d’examen… Pour tomber sur Jonathan. Le médecin dut le maîtriser – physiquement, ce fut un échec et le pauvre erre s’échoua lamentablement contre un mur, hurlant contre une créature invisible. A force de calme et de persuasion, Jonathan parvint à l’approcher, jusqu’à le calmer et le ramener auprès des autres médecins. Il fut plus ou moins contraint de détailler les hallucinations décrites par le patient, tout en prenant son pouls et en s’assurant à ce que son cœur ne lâche pas sous la terreur. Son nom apparaît dans de nombreuses recherches sur la psychologie et les psychothérapies, notamment le stress post-traumatique chez les mineurs, les amnésies rétrogrades d’origine psychogènes observées chez certaines personnes de la Haute Ville, ou encore, ces « hystéries » que l’on souhaite traiter à coups d’opium…  Jonathan est un médecin, mais dont les motivations humanistes l’ont poussé à se perdre dans le domaine des chercheurs. Il est plongé dans ce paradoxe, entre l’humain et les chiffres, les émotions et les éléments que l’on peut mesurer comme un rythme cardiaque, la psychologie et l’organisme, l’esprit et le corps, une dichotomie difficile à aborder pour bien de ses comparses qui pensent encore à dissocier la Médecine des Chercheurs ! Heureusement, il n’est pas le seul dans son combat, à privilégier cette approche pluridisciplinaire pour perfectionner la science.

L’amitié ? Naïvement, Jonathan y a crû, malgré les trahisons, les abandons, malgré les vols de ses travaux. Il continue à y croire, bien qu’on passe sans plus le voir. Ou qu’on se moque lorsqu’il parle dans sa barbe, s’excusant à on-ne-sait-qui, le regard ailleurs, le pas égaré, le nez levé, sans trouver lui-même de réponse. Au final, il n’est pas réellement entouré, seulement de compagnons qui disparaissent une fois leur curiosité satisfaite, de patients qu’il laisse une fois qu’ils sont soignés et qu’il n’a plus d’utilité. Il cherche son rôle en ce monde, sans le trouver. Alors pour se donner l’impression d’avancer, il cherche des réponses à des questions qu’il se pose ou qu’on lui présente. Il y passe tout son temps, toute son énergie, pour voir son nom sur un papier qu’il oublie le lendemain. Ce n’est pas la gloire, pas l’argent qui l’intéresse. Il ne sait pas même ce qui lui manque. Peut-être une maison chaleureuse, un amour, un ami. Un but à sa vie.




Histoire de famille

Il gardait en mémoire le souvenir très présent de sa mère. Une femme de haute lignée, au port droit, à la peau immaculée, aux cheveux de neige, souvent rassemblés en coiffure complexe et extravagante. Elle lui ressemblait, avec ses pommettes hautes, ses joues émaciées, ses yeux lourds de maquillage, enfoncés dans des orbites creusées. Mais elle possédait des lèvres épaisses et purpurines, dont les courbes voluptueuses faisaient écho aux formes généreuses de sa poitrine et de ses hanches épaisses. Une grande femme, à l’approche aussi discrète que celle d’un fauve en chasse, dont l’esprit acéré comme une lame tranchait les raisonnements des Professeurs ou des Chercheurs qu’elle aimait défier… Son père avait été sa première victime, dont elle avait évincé le cœur en quelques paroles assassines, en un regard meurtrier qui l’avait planté à la croix d’un amour non partagé, d’un mariage qu’il avait imposé. Sa mère était au dessus du monde, qu’elle regardait par-dessus son balcon, non pas avec mépris, mais avec la condescendance d’un dieu austère et la pitié d’un cœur pas aussi froid qu’on aurait pu le croire. Ainsi, face à l’enfant qu’il était, Madame s’était comportée comme son devoir l’exigeait. Elle l’avait nommé, Jonathan, comme son feu de frère, mort bien trop jeune sous les coups des mineurs. Le prix à payer pour la brutalité dont il avait abusé et sur laquelle sa sœur avait craché. Jonathan, un nom porteur d’une histoire qu’il n’a jamais connue et qu’il ne parvient pas pour autant à oublier. Ce Jonathan, dont sa mère parlait parfois, ce Jonathan avec lequel il ne s’est pourtant jamais confondu. Car lorsqu’elle parlait de son frère, elle avait le ton amer, le ton déçu et frustré d’une femme au cœur brisé, dont les sentiments n’ont jamais pu être avoués. Fierté ? Affection ? Haine ? Le mystère reste et restera entier. Non, quand elle parlait de son fils, elle avait cette chaleur particulière, unique, cette douceur dans la voix à laquelle il était le seul à avoir eu droit. Il était la prunelle de ses yeux. Et combien même ne l’avait-elle pas aimé de tout son cœur, elle lui en avait offert la moitié.

Il avait le souvenir de ses mains fines nouant une écharpe douce autour de son cou. De son parfum floral, très discret, qu’elle déposait sur son index et tamponnait à l’arrière de ses oreilles. De cet alcool qu’elle gardait dissimulé dans sa robe et dans lequel elle trempait son index, avant de l’apposer sur ses lèvres enfantines, s’amusant de la grimace écœurée qu’il affichait. Il se souvenait de ces après-midi, passés dans le silence le plus complet où il étudiait alors qu’elle lisait, partageant sa tasse de thé ou le verre d’alcool qu’elle s’était versée. Il se souvenait de son père, de cet homme chaleureux mais stupide, sincère mais si maladroit que chacune de ses arrivées se concluait par le départ glacé de son épouse. Il se souvenait de ce père qui essayait de comprendre et d’expliquer. Ce père doté d’une assurance imbécile, persuadé qu’assembler quelques pensées avec des mensonges bien placés suffirait à faire de son discours une vérité. Un père pour qui il était sa fierté, qui le prenait dans ses bras, le faisait tourner jusqu’à le faire rire aux éclats. Ses parents n’étaient jamais ensemble et ne s’occupaient jamais de lui au même moment. Il mangeait seul, lors des repas, sa mère restait dans son bureau, son père, dans le salon et lui, dans la cuisine. Le jour de son anniversaire, il passait la journée avec sa mère, le soir, avec son père. Un père qui grimaçait toujours lorsqu’il devait prononcer son prénom.
Jonathan.

Quel dommage que ce soit, au final, la seule marque d’identité qu’il ait gardée quand Jonathan a décidé d’être Médecin. A l’époque, il avait quitté le domicile depuis quelques années déjà. Son père était, comme à son habitude, semblable à sa nature enjouée, bien qu’avec le temps, il s’était aigri. Jonathan découvrit chez son père des accents de froideur, une distance parfois soudaine et glacée, qui le poignardait en plein cœur. Le laissant démuni et plein d’une culpabilité qu’il n’arrivait pas à justifier et que son père ne cherchait pas à rassurer. Etait-ce donc sa tendance à l’alcoolisme ? Ou bien son parcours disons, assez original, où le jeune homme avait su se faire remarquer et pas toujours d’une manière adaptée ? Ou bien était-ce encore ses résultats correctes, plutôt bons mais pas exceptionnels ? Ou encore, sa trop grande sensibilité qui, parfois, le poussait à s’isoler pour pleurer, à écrire de longs courriers où il cherchait à être appuyé ? Dans ce monde, il se sentait curieusement abandonné, son père ne daignant pas lui rendre visite, sa mère ne répondant que de temps en temps à ses courriers. Il participa pourtant activement à la recherche d’un traitement efficace contre la grippe chez les mineurs – suite à quoi son père répondit « tu as donc du temps à perdre pour t’occuper de condamnés ». Il se lança dans ses premières recherches sur le stress post-traumatique, et alors qu’il questionnait sa mère à ce sujet, sa réponse fut cinglante. « Réfléchis, Jonathan. Quelle est l’origine de la pensée ? Le cerveau. Le cerveau dirige le corps et l’inverse est tout aussi vrai. Agis donc sur le cœur et les muscles, plutôt que porter ton intérêt sur des processus abstraits, dont la véracité n’a pas même été prouvée. Existe-t-il des appareils de mesure de la pensée ? De la réflexion ? Non, tout n’est qu’un produit de notre corps, le cœur qui s’accélère, la sudation qui gagne la peau, les entrailles qui se nouent. Ne perds pas ton temps à vouloir décrypter un langage inconnu dont l’existence n’est concrétisée par aucuns travaux, agis sur le corps, comme le font tes collègues ».

Jonathan.

Ce fut par ce mot que commença l’une des dernières lettres écrites par sa mère. Une mère souffrante. Lorsqu’il vint la voir, alerté par le contenu de son dernier courrier, il la trouva, allongée. Le visage déformé. Une tumeur, étrange, s’étant développée jusqu’à tirer sa mâchoire, déformer sa lèvre. Une tumeur qu’elle avait refusé d’opérer et qui n’était que l’immonde progéniture d’une maladie inconnue qui la rongeait depuis des années. Ce n’était plus seulement l’immaculé d’un fond de teint, mais la peau blafarde d’une mourante qu’il effleura du bout des doigts. Elle s’éteignit, un soir, alors qu’il s’était endormi à ses côtés, prostré à même le sol, la tête appuyée contre le sommier. Sa main aux longs doigts perdus dans les mèches rousses de son fils. Sa main retomba sur son épaule et il s’éveilla en sursaut, trop tard pour entendre son dernier soupir, seulement pour sentir son corps se refroidir.

Et ce soir là, il découvrit avec horreur qu’ils étaient seuls. Les serviteurs avaient été renvoyés, sa mère ne supportant pas de les entendre « fureter » une fois l’obscurité tombée. Son père était absent. Et Jonathan passa les pires heures de sa vie, à guetter l’aube, sa main serrant inconsciemment celle inerte de sa mère, qui se durcit au fur et à mesure des heures. Elle mourut, seule, seule, avec le seul être pour lequel elle avait donné un peu de son cœur.

Le jour de l’enterrement, son père vint avec lui… Avec la même chaleur. Une chaleur qui, ce jour là, fut comme la morsure terrible d’un feu. Son sourire, les étincelles luisant dans ses yeux, furent comme des flammes dont les crocs s’empressèrent de se planter dans son cœur ensanglanté. Il sentit son père le déchiqueter, par son allure totalement désintéressé quand le corps de sa mère fut descendu dans les entrailles de la terre. La douleur fut inacceptable et une fois réfugié chez lui, il eut l’impression que c’était lui qu’on avait enfermé dans un cercueil, prisonnier d’une terre glacée, dans la plus profonde des obscurités. Le papier ne fut plus suffisant pour absorber sa souffrance, le violon qu’il maltraitait n’était pas en capacité d’exprimer l’intensité de sa douleur, qu’il finit par hurler, hurler si fort qu’on le prit pour un dégénéré. Ses poings frappèrent les murs, son bureau, saisirent ses ouvrages pour les balancer au sol. Il se jeta dessus comme un fauve, avant de pleurer, pleurer quand ses yeux retombèrent sur l’un des nombreux articles qu’il avait rédigés.

    -L’adultère reste un sujet particulièrement difficile et de nombreuses fois rapportés par les femmes atteintes d’hystérie. On rapporte ainsi la présence de comportements jaloux et possessifs, pouvant aller jusqu’à l’apparition d’agressions envers un.e partenaire soupçonné.e. Parfois, la patiente peut, au contraire, opter pour une forme d’agressivité dirigée envers elle-même, pouvant conduire jusqu’à des tentatives de suicide. –


Sa mère. Sa pauvre mère. Une femme sans amour. Un père trop aimant, dont le besoin de chair ou d’affection l’avait poussé à aimer une servante ou deux, à avoir des enfants avec lesquels il l’avait aperçu. Parce que Jonathan arrive toujours au mauvais moment. Parce qu’il a une curiosité intarissable, un esprit vif, des mains habiles qui ont bien trop vite récupéré les messages laissés dans le bureau de son père, de petits bouts de papier qui l’ont poussé à se rendre à ces lieux de rendez-vous pour découvrir la vérité. Parce qu’il s’est embarqué dans un sujet d’études complexe, qui n’est pas à portée de tous, qui n’était pas de la volonté de sa mère. Parce qu’il avait compris le traitement qu’elle prenait, ce poison pour le corps qu’elle avalait pour calmer son esprit si plein de haine, parce qu’elle préférait qu’on traite « quelque chose de concret qu’une pensée abstraite ». Parce qu’elle avait fini par préférer une terrible agonie plutôt que soigner cette souffrance que l’on ne pouvait pas mesurer.

Parce qu’elle se sentait plus forte, dans sa tentative de suicide, parce qu’elle se sentait capable de diriger sa vie, quitte à aller s’échouer et périr sur les récifs. Parce qu’elle pensait que la force venait des actes, et qu’elle serait forte si elle s’enlevait la vie, partant avec dignité, avant de subir plus encore la trahison de son mari et la présence d’un enfant qu’on lui avait imposé. Et c’était arrivé au bout de sa solitude, au bout de sa douleur, qu’elle avait pensé à lui, qu’elle avait voulu l’avoir près d’elle, pour ses dernières heures. Non pas pour le punir, mais pour lui offrir ce dernier morceau de cœur qu’elle avait, ce bout d’humanité qu’elle avait donné d’une simple caresse tendrement glissée. Epuisée, le visage tordu et le corps dévasté, elle n’avait plus rien, plus rien si ce n’eut été une richesse décadente et fortuite, une chance qu’au final, elle regrettait car ses amies s’étaient toutes détournées quand son masque s’était fragilisé. Sa famille l’avait depuis longtemps délaissée une fois qu’elle avait rempli son rôle imposé par la société. Elle n’avait plus que son fils. Jonathan.

Jonathan.

Le nom d’un combattant qu’il n’avait jamais été. Il n’avait jamais eu le courage de se battre, de protester, seulement celui de travailler. Travailler, pour aider. Travailler, pour permettre aux plus pauvres de s’en sortir, quitte à leur offrir des traitements, sous son grand manteau souillé. Travailler pour comprendre les douleurs cachées et soigneusement dissimulées derrière des masques de puissance, derrière un rang ou un rôle dont on se protégeait comme d’une barrière. Jonathan a totalement abandonné ses propres défenses, quitte à se montrer comme vulnérable, comme hagard, lorsqu’il parle tout seul, le regard dans le vide, lorsqu’il réalise qu’on l’a laissé, ennuyé par ses longs discours. Il se montre tel qu’il est, après avoir trop souffert d’avoir grandi, entouré de masques, rappelé, sans cesse, à sa solitude et sa vie sans aucune compagnie. Lui aussi a de son cœur à donner. Des soins à offrir, des attentions à partager, du temps à « sacrifier ».



En parlant de vous...

Je, soussigné Maryel déclare avoir pris connaissance du règlement et m'engage à suivre les règles de bonne conduite sur le forum.

Pseudo : Maryel
Avatar : Caleb Widogast de Critical Role
Comment avez-vous découvert le forum ? : Via Facebook et franchement, j'ai craqué sur le design de votre forum. Le thème, déjà, m'a vachement accroché et votre activité a fini de me convaincre !
Un petit message ? Je vais peut être réussir à ramener ma meilleure amie 8D

MessageSujet: Re: Jonathan R. Grüber // Hello darkness my old friend...   Lun 26 Nov - 21:11

Hellow bienvenue à toi !

Je me présente, Lüwen de Clèves, ministre de l'intérieur alors..

Attention What a Face

Et ouiiiii ramène des amis!
MessageSujet: Re: Jonathan R. Grüber // Hello darkness my old friend...   Lun 26 Nov - 21:13

Bienvenue à toi noble médecin !
Sauras tu refaire la réputation de ce beau métier ou le portera tu dans des terres encore plus effrayantes que celle explorer par notre bon légiste ? Hâte de le découvrir!

Comme le dit mon cher frère, fichu ministre qu'il est : guide donc de belles âmes en ce lieu ténébreux !
MessageSujet: Re: Jonathan R. Grüber // Hello darkness my old friend...   Lun 26 Nov - 21:26

Merciii pour votre accueil ;w;

JE SERAIS SAGE. Je bois pas pendant le service ! (ahem)

Je suis un gentil médecin qui veille à ce que tout le monde aille BIEN (rime du soir, bonsoir)

Au plaisir de vous soigner jeunes hommes et de vous faire de petites piqûres (les vaccins c'est le bien !) 8D
MessageSujet: Re: Jonathan R. Grüber // Hello darkness my old friend...   Lun 26 Nov - 21:35

Bienvenue !



Bonjour et bienvenue, le Maître te salue bien bas.
Entre un chirurgien psychopathe et un spécialiste du cerveau alcoolique et dépressif... on n'est pas sortis de l'auberge !

J'ai adoré cette fiche et par conséquent je te valide sans la moindre hésitation ! (je te conseille juste peut-être d'augmenter ton niveau d'éducation)

N'oublies pas de créer ton journal de bord (obligatoire). Ensuite tu pourras aller faire quelques demandes spéciales si tu as besoin d'un lieu en particulier. Si tu as envie de te faire la main, tu pourras également t’entraîner sur le rp de groupe réservé à ta caste Gare au boum !

Tu pourras également proposer des scénarios ICI ou te lancer dans notre Event et je peux d'ores et déjà te conseiller notre second médecin Neil K. Grüber ou notre Historienne Iskeann H. Braun. Nous avons également un petit malade : Mika Lievin ou encore une femme de poigne : Elena De PontMercy
Tu as beaucoup de possibilités de jeu alors n'hésites pas à joindre par mp ou sur les carnets de lien !

PS : Pense à mettre les liens de ton Journal de bord et de ta fiche dans le profil, pour que les copains puissent voir plus facilement les aventures de ta vie.

Au plaisir de te croiser !


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Jonathan R. Grüber // Hello darkness my old friend...
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