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 Duel de cape et d'épée ? Plutôt masque et d'épée...

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MessageSujet: Duel de cape et d'épée ? Plutôt masque et d'épée...   Mer 14 Nov - 9:08

Les ruelles étaient désertiques, et voilà plusieurs heures maintenant que les gardes ne faisaient plus de rondes. Qui pourrait-bien sortir, à une heure aussi tardive ?
L’air était assez doux, pour cette saison, ce qui était une bonne chose. L’hiver était l’une des pires saisons, dans les faubourgs. Les habitations étant mal isolées, le froid pénétrait sans grande difficulté à l’intérieur, venant glacer les ouvriers dans leurs lits.
C’était d’ailleurs pour cette raison que sa tante était malade, mais là n’est pas le sujet.

Il n’était pas Edouard, ce soir-là. Il avait endossé le rôle du Chant de la Mine pour sa « mission ». Une tenue très sombre, noir de la tête aux pieds, hormis son masque blanc sur le visage. De son faciès, seul était visible son œil gauche.
Voilà quelques jours maintenant qu’il avait fait passer une missive en toute discrétion. Il avait des contacts – on n’est pas le chef de le rébellion sans contact, voyons – et il s’était assuré que son mot parvienne à Ulric De Clèves, le maître de la forge.
Il avait besoin d’armes, pour ses camarades. Même s’il n’aimait pas vraiment avoir recours à la violence, Edouard avait très vite comprit que ses paroles flotteraient dans le vent, s’il n’avait pas de quoi menacer les contremaîtres et les Aristocrates. Non, il fallait montrer qu’il était là. Qu’ils étaient là. Prêt à se battre, tous.
Il était prêt à endosser la responsabilisé des éventuels morts qu’il y aurait, lorsque le feu de la révolution incendiera la ville. Il était même prêt à mourir pour ses idées… n’est-ce pas ce que tout bon idéaliste ferait ?

Le rendez-vous était prévu à 1heure du matin. Edouard attendait, calmement, camouflé dans l’ombre d’une ruelle. Il devait se montrer vigilant à tout instant. Il était le Meneur, et sa tête était sûrement mise à prix par les contremaîtres.
Au bout d’un certain moment, il le vit, marchant devant lui. S’assurant d’un bref regard qu’il n’y avait personnes d’autres dans les environs, Edouard sorti alors de sa cachette, regardant fixement l’homme s’approcher de lui.
Il n’avait pas vraiment d’avis sur lui. C’était un De Clèves, un noble. Mais il avait choisit de ne pas vivre dans sa noblesse, et de se consacrer à la forge. Il était donc différent des autres, dans le sens ou Ulric mettait la main à la patte, et se battait pour ce qu’il désirait.

« Ulric De Clèves, je vois que vous avez reçu ma lettre. »

La voix du Meneur était calme, maîtrisée. Il n’avait pas peur de voir rappliquer des gardes à cette heure-ci, il avait pour habitude de donner ses rendez-vous secrets dans la nuit, ici même, ou alors dans les souterrains. Et les gardes étaient trop occupés à dormir, ou à prendre du bon temps avec des minières.

« Merci d’avoir fait le déplacement jusqu’ici. »

C’est qu’il était poli, ce petit Edouard. Même sous son costume de Meneur, il ne perdait en rien de ses bonnes manières et de son savoir-vivre – à niveau d’un homme des mines, bien entendu.
MessageSujet: Re: Duel de cape et d'épée ? Plutôt masque et d'épée...   Mer 14 Nov - 10:30

Chaque jour n’a pas son pareil. Il y a toujours une nouveauté, une subtile différence perdue au cœur d’un monde monotone. Souvent l’on n’y prête aucune attention, trop désireux de ne pas regarder les détails, se concentrer sur les joies ou les peines de l’existence. Ulric De Clèves était homme de détails. Minutieux, méthodique, rusé, fier. Quatre adjectifs, quatre mots qui pouvaient le définir. Il n’agissait jamais à la légère. Il ne pouvait se permettre de baigner dans une naïve innocence, ignorait ce qui ne confortait pas ses souhaits. Il n’était pas devenu le Maître de la Forge sans apprendre le nom et le rôle de chaque rouage. A sa façon il était un horloger. Celui de sa destinée. Il n’avait pas l’orgueil de prétendre commander aux engrenages de la ville tout entière. Il avait conscience de n’être qu’une pièce, importante certes mais rien de plus. Il pouvait être remplacé, comme il avait remplacé son prédécesseur. Hier il retrouvait une amie d’enfance, héritière malheureuse d’un trône qui, si un jour avait été blanc, était désormais rubis du sang versé. Aujourd’hui il recevait un mystérieux courrier l’invitant à une rencontre dans les faubourgs, bien loin de la sécurité trompeuse du centre-ville -les marchands et nobles étaient sans doute aussi, si ce n’est plus encore, fourbes que les pauvres désabusés et furieux-. L’audace de son auteur avait éveillé sa curiosité. Ulric en avait pourtant reçu des invitations ces dernières années mais c’était bien la première fois que le papier sentait l’odeur des mines, l’encre un vent révolutionnaire. Il n’avait donné aucune réponse. Il n’y avait personne pour la transmettre et il n’aurait su à qui l’adresser de toute façon. Etait-ce une ruse pour jauger de sa fidélité ? Possible. Une simple discussion pouvait le condamner et pourtant il avait décidé de s’y rendre, habillé dans un vert presque noir, un foulard noir sur sa bouche et son nez, insuffisant pour le protéger des fumées malignes qui régnaient dans les faubourgs mais qui lui éviterait d’être trop aisément reconnu, d’autant que la capuche de sa pèlerine terminait le travail. Il n’avait pris que deux lames, dissimulaient dans les replis de ses habits moins élégants que d’ordinaire mais plus convenables que ceux d’un simple mineur.

Franchir la frontière, par des chemins détournés, n’avait rien de sorcier pour lui. Les passeurs étaient nombreux, les chemins ne lui étaient pas si inconnus. Il était né dans les mines et il y avait vécu les premières années de sa vie après tout. Il ne lui avait fallu qu’une heure pour faire le trajet entre sa résidence et la place centrale où devait avoir lieu la rencontre à l’heure où les gardes dormaient ou s’amusaient avec des minières, plus ou moins volontaires. Entendre son nom jaillir dans la nuit ne l’étonna pas. Cela l’agaça. Il avait à faire à un bien piètre comploteur, à n’en pas douter. Il espérait que sa venue n’était pas vaine.

Ulric se retourna, esquissant un sourire invisible sous son foulard. Il avait devant lui le Meneur. Le masque ne laissait voir que l’œil gauche, détail qu’il prit soin de graver dans sa mémoire, tout comme les intonations de la voix. Les probabilités qu’il découvre l’homme sous le masque étaient infimes, ce n’était pas une raison pour négliger l’opportunité. Le savoir était le pouvoir.

« Dois-je vous enseigner l’art de la discrétion ? » répondit Ulric d’une voix basse, froide et menaçante. Un rappel. Puis il reprit, plus posément, après s’être suffisamment rapproché du Meneur.

« Que désirez-vous ? Je suppose que je ne suis pas là pour prendre le thé… » demanda-t-il. Inutile de mettre les formes. Ce n’était pas un noble mais un mineur. Il était important mais n’avait pas le même attachement aux fioritures. Ulric ne perdrait donc pas de temps avec ça.
MessageSujet: Re: Duel de cape et d'épée ? Plutôt masque et d'épée...   Mer 14 Nov - 11:42

La voix froide de l'homme qui lui faisait fasse ne plaisait pas beaucoup au jeune mineur. Bien entendu, il comprenait qu'il avait manqué de discrétion à l'énonciation du nom de son « invité », mais après tout, Edouard s'en moquait un peu. S'il avait dit son nom, c'était avant toute chose pour lui montrer qu'il ne craignait pas de s'adresser à des haut-placés. Bien qu'il n'ait pas un titre de noblesse à proprement parlé, Ulric restait néanmoins un De Clèves, et s'adresser aussi frontalement à une personne de son rang, pour un minier, aurait pu passer pour un confrontation, signe qu'Edouard ne baissait pas le genoux devant les favorisés de la vie.

« Effectivement. De toute façon, je doute que vous auriez apprécié la saveur de nos thés. » Un gout charbonneux, de toute évidence.
Edouard regarda le forgeron d'un rapide coup d’œil, de haut en bas. Il était certainement venu avec des armes, auquel cas il aurait fait preuve de négligence et d'imprudence, mais ça ne semblait pas être le style de son interlocuteur, qui paraissait plutôt sur ses gardes, vif et réfléchis.
Edouard aussi, avait une dague cachée sous sa veste, accrochée à l'arrière de sa ceinture qui maintenait son pantalon noir et usé en place. Bien-sur, en cas d'attaque, Edouard n'aurait clairement pas l'avantage. Il savait se défendre, bien-sur, mais il avait toujours préféré les mots plutôt que les coups. Et puis, soyons réaliste... Un minier en malnutrition, face à un forgeron à l’apogée de sa force, il n'avait aucune chance. Fort heureusement, il ne devrait - normalement - pas avoir à s'en faire sur ce point.

« Je désire votre aide. Une guerre se prépare. Et malgré le fait que je ne préconise pas la violence, je ne suis pas encore assez fou pour envoyer mes camarades à l'abattoir. »
Était-ce vraiment une guerre ? Pas à proprement parlé, mais dans un sens si.
Il tenait à ses camarades. Ils l'avaient rejoint, la main sur le cœur, les yeux pleins d'espoir et l'esprit rêvant de changements. Ils se battaient tous pour la même chose : une vie meilleure, un monde meilleur. Ils étaient des amis, des frères. Et le Meneur savait que certains mourraient surement pour la révolution, lorsque celle-ci éclaterait violemment aux visages parfumés et parfaits des Aristocrates.
En tout cas, le mot « guerre » avait été méticuleusement choisit, pour montrer à cet homme qu'il ne plaisantait pas, que sa rébellion n'était pas une « vulgaire distraction d'hommes cherchant à mettre du piment dans le quotidien des miniers » comme semblaient le penser quelques Contremaîtres. Non, c'était une cause sérieuse, pour défendre les droits des siens, et renverser le pouvoir. Il était remonté plus que jamais, surtout à l'approche du Tag Der Toten, cette foutue mascarade ou les riches venaient chez eux, les miniers - qui devaient accessoirement tout nettoyer pour recevoir les bourges - pour venir rire au nez des travailleurs, en ignorant volontairement les malheurs que ceux-ci avaient tout au long de l'année. Et pour cet événement, Edouard allait frapper, et fort. D'habitude, ses actes consistaient à regrouper les cœurs vaillants, à former une armée de révolutionnaires, à recruter des esprits ayant soifs de changements et de justice. Mais pour le Tag Der Toten, ce serait différent. Et pour ça, il avait besoin du soutient d'Ulric De Clèves.
MessageSujet: Re: Duel de cape et d'épée ? Plutôt masque et d'épée...   Mer 14 Nov - 15:50

Le rappel à l’ordre n’avait pas plu au révolutionnaire mais Ulric s’en moquait. Il était habitué aux bravades comme aux cireurs de chaussures et il n’accordait pas plus de respect aux premiers qu’aux seconds. Il fallait plus que cela pour attirer son respect.

« Qui vous dit que je n’aurais pas aimé la nostalgie de ces infusions charbonneuses ? » rétorqua-t-il, rappelant de façon subtile au Meneur que s’il portait désormais le nom des De Clèves ce n’avait pas toujours été le cas. Il était né de la Mine. Il n’avait fait que saisir une chance de la quitter. Ce n’était pas suffisant pour faire baisser la garde du Meneur, dont le regard ne lui avait pas échappé. Il avait cherché à confirmer qu’il était armé, comme Ulric qui avait cherché la déformation caractéristique d’une arme. La différence c’était qu’il ne cherchait pas à savoir s’il en avait une mais plutôt où il la cachait.

La demande du Meneur était singulière, audacieuse. Il prenait un risque notable en s’adressant si ouvertement à lui. D’une lettre à son frère, il pouvait mettre un terme à la révolte, faire attraper les têtes pensantes. Mais pour l’heure il n’en ferait rien. Il était là pour étudier la situation, prendre sa décision. De plus, il ne pouvait nier qu’il n’y aurait aucun avantage à disposer de l’allégeance des révolutionnaires. Leur guerre ne l’intéressait pas en soi ; il se moquait même que le sang de la noblesse ne soit verser un jour. Il pouvait toutefois les utiliser, défricher un terrain pour y étendre son emprise ensuite.

« Vous voulez des armes. »
. C’était une évidence, il n’y avait pas à poser la question, même de façon rhétorique. Ulric ne souhaitait savoir qu’une chose : le Meneur comptait-il agir pendant le Tag Der Toten et si oui comment ? Il n’y avait que peu de chances qu’il ne le lui dise mais il faudrait bien qu’il laisse passer quelques informations s’il voulait avoir une chance d’obtenir son aide.

« Lorsqu’il est à bout, tout homme est capable de tuer. Rares sont ceux à pouvoir se relever. Certains prennent goût à la violence, au point qu’il ne désire bientôt plus qu’à goûter à nouveau au sang. Vous aimez vos camarades, cela s’entend. Pourtant vous les condamner… Et pourquoi ? Une illusion. ». Ulric l’avait dit sans agressivité, l’énonçant comme l’on pouvait citer les ingrédients d’un plat connu. Il ne faisait qu’émettre son avis, provoquer le Meneur sans chercher à le convaincre. Ce n’est qu’après trois secondes de silence calculé qu’il reprit, plus incisif dans sa quête d’informations.

« Que comptez-vous accomplir avec ces armes ? Quel sang coulera ? Rares sont les êtres qui me sont chers mais prenez garde à la cible de vos attaques. Personne ne saurait me retenir pour vous anéantir les uns après les autres, de mes propres mains. » menacer ouvertement un mineur écœuré sur son territoire était une manière dangereuse d’agir mais s’il avait véritablement besoin de lui, il répondrait à ses exigences. Le Meneur lui offrirait la révolution sur un plateau d’argent ou perdrait la vie prématurément.

« Dîtes moi encore… Que souhaitez-vous réellement, pour les mineurs, pour cette ville ? Que ferez-vous de ceux que vous méprisez, que vous ne voyez que sous le jour qui conforte votre rage au point de vous faire oublier qu’il y a des êtres désireux de changer les choses même parmi les nobles ? ». Le forgeron attendait une réponse, pas le mensonge des journaux, pas les rumeurs incertaines. S’il avait de lui un véritable meneur, celui-ci devrait le convaincre de la justesse de ses projets ou au moins faire en sorte qu’il ne s’y oppose pas.
MessageSujet: Re: Duel de cape et d'épée ? Plutôt masque et d'épée...   Mer 14 Nov - 18:07

Edouard ne savait que trop bien le passif d'Ulric. Comme d'autres avant lui - et après lui - il avait était ramasser dans les faubourgs par Charles De Clèves, surement parce qu'il avait tapé dans l’œil de celui-ci. Il avait du se démarquer, faire quelque chose d'audacieux, surement, pour qu'un Aristocrate lui porte de l’intérêt, car de ouïe dire, Charles de Clèves n'adoptait que les enfants qui lui semblaient prometteurs.
Et d'ailleurs, le Meneur avait du mal avec ça.
Toutes les personnes ayant réussit à quitter les faubourgs n'avaient strictement rien fait pour venir en aide à leurs anciens compagnons d'infortunes. Non, ils avaient tous changés de vie, tournant le dos sans même un regard pour leur ancienne condition. Edouard trouvait ça révoltant. Ces anciens enfants des mines savaient pourtant les conditions exécrables des Mineurs. Certain auraient pu, notamment vu leur poste de Ministre ou autre, essayés de changer les choses. En tout cas, Edouard était certain qu'à leur place, ils n'auraient pas du tout oublier les siens. D’où il venait vraiment. Ce que cet homme en face de lui avait semblé oublier, dans le fond.

La provocation. Pourquoi, lorsque des personnes offraient leur motivation pour se battre pour un avenir plus agréable, fallait-il toujours des cyniques pour venir les provoquer ? Mais Edouard n'était pas du genre à s'énerver pour si peu, ni à se laisser déstabiliser. Il savait que ce qu'il faisait, c'était pour le peuple, le vrai peuple. Il avait mesuré le pour et le contre en contactant Ulric De Clèves. Il prenait un énorme risque, et d'un claquement de doigts, Ulric pouvait avertir son frère ministre. Bien-sur, la « révolte » - bien que discrète pour le moment - était déjà plus au moins connu des Contremaîtres, et certains prenaient même ça au sérieux. Cependant, s'exposer ainsi, avec un pseudo-noble était très aventureux et périlleux, et c'était d'ailleurs pour ça qu'il avait tenu à faire le rendez-vous lui-même. Il ne voulait pas impliquer Morgan dans cette affaire, car si ça devait mal tourner, Edouard serait le seul à en subir les conséquences. Jamais il n'aurait prit un aussi gros risque pour mener son ami - ou quelqu'un d'autre - dans la gueule du loup. Et puis, s'il lui arrivait malheur, il était au moins assuré que Morgan reprendrait dignement son masque.

« Une illusion pour vous, qui vivez dans un luxe, loin du calvaire des mineurs. Mais pour nous, c'est un espoir, qui nous pousse à survivre. Oui, nous pouvons mourir sous la révolution… Mais cela vaut bien mieux que de mourir sous l’oppression. »


Il n'en fallait pas plus. Pourquoi parler d'avantage, à essayer de convaincre cet homme qu'une révolte était nécessaire, et loin d'être une illusion ? Il ne vivait pas - plus - dans ce monde là. Avait-il au moins un vague souvenir de ce qu'il se passait réellement ici ? Il était parti enfant, il n'avait donc pas encore vraiment connu les mines. Et puis, même sans parler des mines... la vie en générale était dure. Combien d'enfants étaient maintenant orphelins, parce que feu leurs parents avaient subit un sort de grisou ? Combien de personnes étaient clouées, dans leur lit, incapable de bouger et d'espérer survivre seule - comme sa tante - ? Combien de mineurs voyaient leur temps de vie se raccourcir de jour en jour ? Non. La révolte n'était nullement une illusion. C'était une nécessité.

La menace du forgeron était très clair, et Edouard fit un petit mouvement de tête à la verticale, pour montrer qu'il avait comprit. Son seul œil visible scrutait ceux de son interlocuteur.

« Croyez moi, si je peux éviter d'en venir aux mains, je le ferais. Mon but n'est pas d'instaurer la peur chez les gens, c'est même tout le contraire. Le peuple a déjà peur, car ici, la mort est présente à chaque coins de rue. Et je comprends, que comme chacun, vous avez des gens qui vous sont chers. Je souhaite simplement ouvrir les esprits, changer les choses. Mais je ne vous cache pas que les fervents opposants à la révolte ne seront pas épargnés. »


Oui, les opposants direct, comme la royauté, la reine... eux, ils passeront au bûché sans hésitation. Ils ne sont pas idiots, ils savent que leur joli monde est le total inverse de son monde à lui. Et pourtant... faire du peuple des esclaves ne les déranges absolument pas. Justice sera faite, et le sang des Aristocrates coulera pour venir remplacer celui des mineurs.
En revanche, Edouard, étant un garçon au grand cœur, refusera catégoriquement qu'on s'en prenne à ceux qui ne s'oppose pas vraiment à eux. Certaines révolutions ont menés à des viols, à des meurtres enfantines, ou autre de ses choses. Ce n'était pas du tout l'esprit de sa révolution à lui. Il y a déjà trop de douleur dans ce monde, et ce n'était pas lui qui allait en rajouter plus qu'il n'en fallait.

« Ce que je souhaite vraiment ? Et bien, comme vous je suppose. Comme tout le monde même. Vivre. Et non survivre. »


Son œil avait maintenant rétrécit, brillant d'une grande intensité. Edouard ne parlait plus avec son esprit. C'était son cœur, sa dévotion, sa volonté qui avaient prit le dessus, et il reprit sans attendre.

« Je veux que tous les hommes mangent à leur faim. Je veux que les enfants ne soient plus apeurés de la possibilité de se retrouver orphelin du jour au lendemain. Je veux que l'espérance de vie de mon peuple dépasse les 40 ans. Je veux qu'on ne soit pas réduit à être cloîtrés dans cette partie de la ville, car notre présence dérange, mais arrange. La révolution est la plus grande arme d’un peuple oublié ou opprimé, face à des nobles qui s’en foutent. Car oui, Monsieur, vous parlez de nobles désireux de changer les choses... et bien, qu'attendent-ils pour venir nous rencontrer ? Ils veulent changer les choses, mais ils ne savent pas nos conditions. Ah, c'est beau de vouloir se donner bonne conscience, pendant qu'on sirote un bon thé dans un bain chaud. »

Pour les discours, Edouard n'était pas le dernier. Il était idéaliste, oui, mais ce qu'il demandait n'était pas impossible. L'égalité et de la reconnaissance, ce serait déjà un bon point. Mais personne, jamais, n'avait daigné lever le petit doigts pour eux, et pourtant... Entendre le cri de la population, c’est éviter la révolution.
MessageSujet: Re: Duel de cape et d'épée ? Plutôt masque et d'épée...   Mer 14 Nov - 21:37

Il y avait chez le Meneur une amertume, un reproche silencieux contre ces anciens mineurs qui avaient su, qui avaient eu la chance de s’élever. Combien pensaient à leur ancien quartier ? Combien faisait quelque chose pour lui ? Ils étaient rares. La réussite semblait devoir effacer inéluctablement le passé.  Ulric n’était guère différent des autres. Quelque part, il avait une sœur, peut-être encore une mère, abandonnées dans les mines. Il n’avait jamais rien fait pour elles. Regrettaient-ils pour autant ? Non. La famille était un handicap, une faiblesse qu’il ne pouvait se permettre. Ce n’était pas qu’il les avait oubliés, qu’il méprisait la mine. C’était même tout le contraire. Il avait plus de respect pour le mineur que pour le noble. Se battait-il pour autant pour eux, ces mis à l’écart ? Pas directement, pas intentionnellement. Il ne cherchait pas à améliorer le sort de la masse par amour pour elle. Il n’était pas un révolutionnaire, à peine l’ombre d’un réformateur. Son souhait n’était que de maintenir un semblant d’ordre, poser des règles qui rendraient l’avenir moins incertain. Sa provocation avait été un échec presque total mais le cynisme était parvenu à faire réagir le Meneur, trahir son caractère. Il était fier d’être mineur, assez raisonné pour ne pas s’emporter à la première moquerie, au premier mot déplaisant. Sa gestuelle et ses mots le criaient. Le Meneur n’avait rien à côté du Maître de la Forge et pourtant il était bien plus riche ; il croyait en un avenir meilleur. Il n’avait pas étouffé la voix de son cœur. Il vivait, il n’était pas encore un spectre errant.

« Vous me parlez de mourir pour la liberté. Savez-vous ce que j’ai obtenu en m’extirpant de ce bourbier ? Une prison ô combien plus vicieuse. La vie est plus facile, oui. Mais il n’y a pas la moindre joie. Le pouvoir est une route solitaire, corruptrice. Vous pourriez rêver d’un monde de vertus que vous n’obtiendriez qu’un mal similaire. Cynisme ou réalisme, je vous laisse choisir. » rétorqua Ulric, peu convaincu de l’intérêt de mourir dans une révolte même s’il comprenait que l’on soit prêt à mourir pour ses idéaux. Il l’était bien.

Le Meneur pouvait bien dire préférer éviter la violence, ils savaient tous deux qu’elle était inéluctable. Ulric y avait eu recours, par facilité au début puis par obligation, pour conserver cette réussite qui lui valait d’être célébré. Il comptait encore s’en servir, par nécessité, à défaut de toute autre solution. Il comprenait ainsi les solutions extrêmes, la volonté de s’en prendre aux « fervents opposants à la révolte » mais il discernait dans les propos du mineur l’extrémisme. Il ne pouvait que le mettre en garde, lui permettre d’entrevoir plus que les apparences. La bourgeoisie, la noblesse, la royauté tous avaient des choses à se reprocher. Méritaient-ils de mourir pour autant ? Non, excepté la reine peut-être mais pour cette dernière c’était pour des motifs plus personnels. Il y avait également quelques autres têtes qu’il considérait devoir tomber mais à cause de la hideur de leur âme, une qui le dégoûtait.

Ulric écouta le discours enflammé du Meneur. Il comprenait maintenant que l’on ait envie de le suivre. Il était éloquent, frappait juste. La faim, la peur des lendemains, la courte vie, les frontières infranchissables, les crétins désireux de se donner bonne conscience avec de beaux mots. Le Maître de la Forge connaissait chacun de ses arguments et il ne comprenait pas que nulle ne pensait à étouffer la révolte dans l’œuf en donnant une réponse à ces problèmes. La révolution ne rendrait pas justice, elle ne ferait que verser plus de sang, provoquera quelques mouvements infimes dans la population, projetant des petits chez les grands et des grands chez les petits. Il y aurait des morts, pendant et après, durant des années, des décennies. La vengeance suivrait le succès de l’entreprise ou son échec. Un sang inutile quand il suffisait d’une broutille pour garder sa tête sur les épaules, ses fesses sur un siège.

« Vous donnez l’envie d’aider à votre entreprise. Noble, je n’en doute pas. Et pourtant votre colère vous aveugle. Oui, les chanceux dans mon genre ne regardent que trop peu à leurs pieds, parce qu’ils ne veulent se souvenir de qui ils étaient. Mais il en est pour comprendre la nécessité de la patience. Il faut du temps avant de disposer du pouvoir nécessaire pour faire bouger les choses. Vous devez avoir entendu parler de mon frère, Lüwen. C’est un idéaliste, comme vous. Il vient de la mine, comme moi. Vous feriez erreur de prendre sa vie. Il n’est pas le monstre qu’il prétend être. Il est obligé d’attendre pour agir tout comme je le suis. ». répondit Ulric à la tirade du Meneur, posément, la voix sur une octave mesurée, audible pour son seul destinataire. Il était calme, ne s’énervait pas. Cela ne lui apporterait rien.

« Il est vrai que se faire entendre sans verser le sang est long et difficile, mais un conflit armé n’apportera que plus de malheurs. Des têtes peuvent et doivent tomber. Il faut seulement faire tomber les bonnes, pas celles que l’on croit être les bonnes. Si vous voulez que votre rêve voit le jour, que le goût de fiel qui imprègne nos bouches en regardant l’état de notre cité ne s’atténue, il faudra plus qu’une guerre. Il faudra établir un nouvel ordre, non en détruisant l’ancien mais en l’intégrant. Vous savez déjà les points à changer : l’accès à la nourriture, les conditions de vie, les frontières. Réfléchissez et dîtes moi : quel ordre voyez-vous dans vos lendemains ? ».

Le Maître de la Forge retomba dans le silence, le regard sévère de ceux qui s'apprêtent à jugement qui    ou condamnera ou nourrira un changement. Il n'avait pas arrêté sa décision. Il ignorait toujours trop de choses sur les projets du Meneur et de ses frères et sœurs révolutionnaires.
MessageSujet: Re: Duel de cape et d'épée ? Plutôt masque et d'épée...   Jeu 15 Nov - 10:20

Il existe deux types de personnes dans le monde : les opportunistes, et les altruistes. Visiblement, chacun de ses deux hommes rentraient dans une catégories bien distinctes.

Le meneur avait prononcé ce petit discourt avec son cœur, son âme. Pour lui, rien ne comptait plus que d'aider ses camarades, ceux qui l'avaient volontairement rejoint et le soutenaient haut et fort, et ceux qui avaient sans doute trop peur, ou étaient bien trop fatalistes pour espérer changer les choses.
Mais ce n'était pas grave, Edouard avait assez de volonté et de dévotion pour se battre à leur place.
Il regardait le Maître de la forge sans mépris, sans haine. C'était bien la première fois qu'une personne extérieur aux conditions de vie des mineurs semblait porter un petit intérêt pour la révolte. Peut-être cherchait-il à se moquer, à démolir un à un les idéaux du jeune rebelle... Mais au moins, Ulric De Clèves demandait. Il se renseignait sur la rébellion, sur les ambitions de celle-ci. Était-ce pour aller au plus vite rapporter ces informations aux Autorités ? Ou alors, peut-être, que quelque part, dans la caboche de cet homme, il y avait un infime intérêt pour le peuple opprimé, allez savoir.

« Peut-être que pour vous c'est une prison, mais c'est une prison que vous avez choisit. Vous avez eu de la chance car quelqu'un vous a sorti de cet enfer. Mais dans cette ville, le sort des personnes dépend de leur naissance... et nous, nous ne sommes pas bien nés.  »


Cet homme vivait loin de la réalité. Il parlait de sa vie de bourge comme s'il était au pénitencier. Oui, ô combien cela devait être dur, d'avoir une habitation solide, avec plusieurs pièces, de la lumière, des lits, de la nourriture à foison, des vêtements chauds, des conditions de vie plus qu'agréable. Mais qu'elle tristesse ! Pas de joie de sa vie ? Que manquait-il à ce forgeron pour être heureux ? Peut-être un jardin plus grand ?
S'il voulait voir et être réellement confronté au « pas la moindre joie », il n'avait cas venir ici, vivre ici. Dans les faubourgs, la considération et le respect n'étaient que des mots. Les ouvriers n'étaient que des numéros, se succédant inlassablement. Les plus faibles mourraient, et d'autres prenaient leurs places. Pouvoir pleurer les morts étaient un luxe qu'ils ne pouvaient pas prendre le temps de vraiment avoir, car il y en avait tellement.
Entendre ce noble se plaindre de sa vie si « facile » était une énorme blague pour Edouard... Mais bien entendu, il ne laissait rien paraitre. Les complots, les batailles pour acquérir du pouvoir et monter en grade, se faire de bonnes relations... C'était bien des soucis de nobles, loin de la réalité des vrais problèmes du peuple. Tenter de vivre un jour de plus.

Lorsque le forgeron évoqua son frère, Lüwen, le visage - enfin, l’œil - du minier s'assombrit un très court instant. Bien-sur qu'ils se connaissaient. Mais avant, avant tout ça. Enfants, ils étaient amis. Mais ce lâche l'avait tout bonnement abandonné, pour partir rejoindre les nobles. Il avait abandonné tous les miniers, et pourtant, lui aussi rêvait de changements.

« Parler de temps est un moyen pour les bourges d'apaiser les cœurs. Pendant que vous prenez votre temps, la mort elle, n'attends pas. Mais nous, nous avons assez attendu. Mes camarades ont assez attendu. Il est facile de patienter, lorsqu'on à la tête couverte d'or, Monsieur. Ici, l'or n'existe pas, mais le charbon, la mine, la famine, la maladie... tout ça est bien réel. Voulez-vous vous même allez voir ses gens, ses personnes qui étaient autrefois les votre, pour leur demander de patienter gentiment dans leurs misères, pendant que vous dormez dans un lit douillet ? »


Edouard tentait de contenir sa colère, qui n'en était pas vraiment une d'ailleurs. Il comprenait les propos d'Ulric, mais celui-ci ne pouvait pas parler sans savoir. Demander à un peuple opprimé de patienter, c'était étouffer toute volonté de changement. Et pourtant, malgré ses paroles, Edouard ne cessait de dire « Monsieur ». Provocation ou signe de respect ? Peut-être un peu des deux. Ce Ulric De Clèves avait une grande prestance, il fallait bien l'avouer. Dans une autre vie, si les choses avaient étés différents, peut-être qu'Edouard aurait vu en lui un grand homme.

« Dans une révolution, on naît cent fois, et on meurt des milliers fois. Mes frères n'ont pas peur de mourir pour que leurs fils puissent eux, vivre. S'il faut mourir pour la révolution, alors je serais le premier. L'accès à une autre vie, une autre façon de vivre... ne pourra malheureusement pas se faire par des paroles. Je veux, pour mes frères, de la nourriture, des habitations, de la sécurité. Nous ne sommes que des esclaves sous la volonté de la couronne. La révolution combat aussi pour la beauté : nous voulons changer la laideur du monde. »


De belles phrases d'idéaliste, ça. Et Edouard, comme tantôt, brillait de la flamme révolutionnaire. Le peu de son visage qui était visible pouvait exprimer toute sa dévotion à sa cause. Oui, s'il fallait mourir pour la révolution, alors c'est sans hésitation qu'il ouvrirait sa chemise devant les opposants, mais pas sans se battre.
Il était resté volontairement vague. Après tout, les deux hommes ne se connaissaient pas. Et déballer ses plans, comme ça, était vraiment risqué. Et puis, s'il voulait vraiment savoir les motivations de la rébellion, ce qu'ils demandaient... Il n'avait cas attendre le Tag Der Toten.
MessageSujet: Re: Duel de cape et d'épée ? Plutôt masque et d'épée...   Jeu 15 Nov - 15:30

Le Meneur et le Maître de la Forge, deux êtres croyant en la même nécessité : améliorer la vie des mineurs, amoindrir les frontières. L’un par amour des siens, l’autre par pragmatisme. Tous deux n’aimant pas les débauches de violence et étant pourtant prêt à y recourir, par nécessité, parce que c’était trop souvent la seule façon -ou du moins la plus efficace- de se faire entendre. Ils auraient pu s’entendre, dès la première seconde et pourtant…
Le Meneur ne connaissait que la peine des mines. Le Maître de la Forge s’en était éloigné pour une autre. L’un et l’autre désirait changer l’ordre établi mais d’une manière différente. L’un souhaitait détruire pour reconstruire, l’autre s’emparer pour réformer. L’un était impatient, l’autre patient.

Ulric prenait le temps d’écouter le Meneur, lui offrant une attention qu’il ne devait que trop rarement recevoir de ceux nés sous une meilleure étoile. Il ne se riait pas des accusations portées à son encontre, ne cherchait même pas à les nier. Il savait reconnaître une vérité et c’était bien là ce qu’étaient les mots du Meneur : une vérité. Pas la Vérité, la seule et unique. Non, ce n’en était qu’une parmi d’autres. Oui, lui qui autrefois n’avait été que l’enfant de mineur, Ulric Drachen était désormais Ulric De Clèves, l’un des plus puissants marchands de la ville. Oui il avait fait le choix de quitter les mines, s’affranchir du passé mais il n’avait fait qu’idéaliser un monde. L’utopie de l’enfant était morte, cédant la place à la dystopie de l’adulte. Il savait cela, il en avait conscience. Mais le succès qui était sien lui avait ouvert les yeux sur d’autres problèmes. Le sort des mineurs n’était pas le problème de Draumbell, c’était l’un des problèmes.

« Le temps est un moyen, oui. La violence en est un autre. Je représente ce que vous exécrais le plus. Je suis l’or, le pouvoir, la duperie. Je dispose du confort, de l’assurance d’une vie paisible. Mais vous ne me connaissez pas. Je suis un hypocrite, sans doute. Je ne crois en rien ni personne. Je n’espère rien, et je parle d’espoir. Vous êtes la flamme lumineuse d’une révolution, d’un changement. Je suis les ténèbres attendant que vienne l’heure d’absorber en son sein la noirceur, la contrôler. Nos motivations et nos méthodes diffèrent mais le résultat est le même. ». L’espace d’une fraction de seconde Ulric se tut. Il n’y avait pas une once d’hésitation dans sa voix. Il offrait pour la première fois à quelqu’un la possibilité de connaître l’un de ses plus grands objectifs. Lorsqu’il reprit la parole, son ton était plus sombre, tout aussi si ce n’est plus encore convaincu. Il y avait une force brute, une sauvagerie dans son ton et dans son regard. « Je n’aspire pas à la révolution. Cela fait-il de moi votre ennemi ? Non. Ce que vous désirez tant, je l’ai déjà commencé. Nombreux sont ceux à avoir reçu mon aide. Ce fut de l’or, une nouvelle vie, des soins… Je n’ai jamais demandé qu’une chose en retour : fidélité et obéissance. Je me moque de l’or, il m’indiffère. Il n’est qu’un outil, une clef pour ouvrir les serrures, avancer dans mes objectifs. Bien sûr les emprunteurs doivent me le rendre, avec intérêts pour les grands, sans pour les petits. Je ne puis sauver les mines mais je peux faire en sorte de rendre le cœur de ma ville moins malheureux. J’entends votre colère enfant de la mine. Aidez-moi à faire tomber la porte et j’apaiserai vos tourments. Si nulle ne s’inquiète pour vous, je le ferai ! Si vous avez faim, je vous nourrirai ! Si vous avez froid, je vous réchaufferai ! Sans la mine la ville s’écroulera. Personne ne veut l’admettre mais moi qui règne sur le métal je ne puis que le dire. Sans vous je ne serais rien. Ma fortune n’existerait pas. Mon pouvoir n’existerait pas. Sans vous je ne serai pas là aujourd’hui car les fourneaux seraient froids. C’est pourquoi je vous aiderai. Vous voulez des armes ? Je vous apprendrai à vous en servir. Faites seulement preuve de bon sens. N’agissez pas sans réellement savoir. Apprendre, connaître, comprendre. Cela demande du temps, des années. Votre combat n’est pas le combat d’un jour. C’est le combat d’une décennie, d’une vie. Il faut des années pour changer les regards. ».

Ulric marqua une pause, plus longue. Il avait pris le risque que quelqu’un ne l’entende. Qu’il ne cherche à améliorer le sort des miséreux que pour stabiliser son propre pouvoir ne le rendait pas moins coupable de trahison. Il agissait en dehors des sentiers, à l’encontre des lois. Il doutait que quelqu’un ne le protège. Ni son père ni ses frères, même Lüwen ne pourraient l’aider. Agnes Von Rosen n’agirait sans doute pas. Elle était trop enfermée dans son propre rôle, dans sa propre tragédie. Leurs liens, distendus par les ans, peinant à se resserrer, ne le protégerait pas. Il était seul et c’était pour cela qu’il désirait si ardemment devenir le Maître des Ombres en plus d’être le Maître de la Forge. Connaître les secrets de tous le rendrait inattaquable. Il pourrait faire ce qu’il voudrait. Il n’y aurait aucun obstacle sur sa route. Se servir du Meneur, de la révolution pour cela n’était pas sans lui laisser un goût amer mais ses plans l’exigeaient. S’il voulait les voir prendre forme c’était la seule et unique solution.

« Lorsque je ferme les yeux je peux voir une ville où chacun est libre de circuler, où le crime n’est pas loi. Les faubourgs ne sont pas endeuillés. La vie n’y est pas facile mais il y a des médecins altruistes, ou rémunérés par les plus riches. Ce n’est plus la rancœur qui l’habite mais l’espoir. Les lendemains ne sont plus sinistres mais lumineux. Les changements peuvent sembler infimes mais ils sont là. Le danger n’a pas disparu. La Mort frappe toujours avec cruauté et indifférence, mais ce n’est plus dans l’indifférence de la société. Les mineurs ont une voix, ils ne sont pas les laissez pour compte, les oubliés. La noblesse regarde toujours de haut, oui mais elle ne peut plus oblitérer leurs existences. Ceux qui sont riches n’aiment que peu côtoyer les mineurs. Il y a toujours de l’injustice mais plus de l’indifférence. Ce remède je le souhaite pour cette ville. Il est nécessaire pour l’empêcher de s’écrouler. Vous voulez mon aide et je vous l’accorderai à quelques conditions ! Ne soyez pas prompt à la destruction, ne sapez pas les mauvaises fondations sur le fondement de la presse et des rumeurs. Ne vous laissez pas aveuglez par la colère. Vous êtes un guerrier du changement alors agissez comme un véritable guerrier et non un chien enragé ! Sachez tuer mais surtout sachez quand ne pas tuer ! ».

Ulric avait mis de la ferveur dans sa voix pour cette dernière tirade. Il n’avait pas menti. Il le mettait encore et toujours en garde, dans le but de l’obliger à réfléchir. Il ne cherchait plus à comprendre les plans à court terme du Meneur. Il n’en avait plus besoin pour comprendre l’homme. Il souffrait pour ses pairs mais sa peur, son empressement d’agir, Ulric était prêt à mettre sa main à couper que c’était à cause de quelque chose de plus proche. Ou le Meneur avait vu sa famille mourir ou il voyait sa famille mourir lentement. Le cynique qu’il était devenu ne croyait plus en l’altruisme pur et inconditionnel. A ses yeux il y avait toujours de l’égoïsme, partout, en tout acte.

« Qui craignez-vous tant de perdre ? » demanda Ulric, feignant l’innocence à la perfection. Rares étaient les gens aussi doués que lui pour la duperie, la fourberie. Si comme il le pensait l’homme sous le masque souffrait, il se trahirait. Alors il le tiendrait.
MessageSujet: Re: Duel de cape et d'épée ? Plutôt masque et d'épée...   Ven 16 Nov - 14:43

Ses deux hommes auraient vraiment pu se lier d'une certaine amitié. Ils voulaient la même chose, mais par des moyens différents. Et certainement qu'aucun des deux n'étaient prêt à faire taire son raisonnement pour se lancer à cœur ouvert dans celui de l'autre.
Deux personnes désireuses de la même chose, et pourtant si différentes en même temps.

Edouard parlait, sans être interrompu. Sans déceler la moindre animosité et ironie chez son interlocuteur. Pour l'une des premières fois, il sentait vraiment que sa voix était entendue par d'autres personnes que les mineurs. Entendue, pas forcément écouter ni comprise. Mais c'était déjà un pas, un grand pas. Le meneur avait capté l'attention d'Ulric De Clèves, et pour l'heure, il se disait que c'était un pas un avant pour la rébellion.
A son tour, le meneur écoutait attentivement cet homme. Il avait une grande éloquence, employait des mots pertinents, qui raisonnait à l'intérieur du jeune homme. Les deux avaient donc le même but, la même envie de changement. Le maître de la forge ne devait certainement pas parler de ça à ses amis de la haute cour. Non, c'était comme une confidence à destination d'Edouard, un secret que les deux hommes partageaient entre eux.

L’œil visible du mineur était maintenant brillant. C'était un de ses plus gros problèmes : il avait du mal à cacher ses sentiments, ses émotions.  Et les paroles d'Ulric le percutèrent de pleins fouet.
Il était le premier, le premier de tous, à reconnaître l'importance des miniers. L'importance du travail effectué avec acharnement et obligation. Et tous ses mots étaient juste : sans eux, sans cette fourmilière qu'étaient les mineurs, la ville tomberait dans le chaos. Ils étaient l'essence même de la vie, alors qu'eux mourraient. Sans eux, rien n'irait. Et Ulric venait de confirmer ce qu'Edouard pensait depuis longtemps, et, sans son apercevoir, le forgeron venait de donner un nouveau souffle à le rébellion.
Edouard pensait les mineurs indispensables pour les nobles... Et Ulric De Clèves venait de l'appuyer.
Néanmoins son discours - bien qu'Edouard mourrait d'envie de le suivre les yeux fermés - était sans doute trop beau pour être vrai. Certes, le rôle du Maître de la forge était extrêmement important, mais il n'était pas la reine. Il ne pouvait pas décider.

« Vos paroles sont belles, Monsieur. Et ô combien mes pairs et moi-même aurions aimés vous suivre aveuglement dans cette idée de changer les choses, reconstruire les murs, une pierre par une. Mais la réalité en est toute autre. Vous voulez attendre, retenir les chiens arrangés que nous sommes. Mais nous n'en pouvons plus d'attendre, Monsieur. Les changements que vous me proposer sont très nobles, mais soyez réaliste, au point ou nous en sommes… demandons l’impossible. »


Pas de compromis. Pas d'attente, et pas des miettes d'empathie pour les mineurs. S'il voulait changer les choses, autant taper fort directement. Combien de ses camarades allaient mourir, en attendant que les choses s'améliorent doucement, au rythme que voudrait l'imposer Ulric De Clèves ? Il était beaucoup trop tard pour calmer le feu qui animait Edouard, beaucoup trop tard pour calmer l'incendie dans le cœur de tous ses camarades. Il y avait quelques années, si les nobles avaient bien voulu entendre la voix du peuple, certainement que les arrangements proposés par le Maître de la forge auraient étés suffisants... Mais plus maintenant. Voyant la révolte prendre de l'ampleur, les gens commençaient certainement à se poser des questions, et à avoir peur. Et pour limiter les dégâts, les haut-placés trouveraient des compromis ? Non, l'heure n'était plus aux discours et à l’entendement. L'heure était aux actes. Et ça, Edouard venait de le comprendre grâce à Ulric.

« Combien de nobles sont près à bondir dans les réceptions que la reine organise ? Et combien son près à venir ici, écouter la voix du peuple ? Allons-nous laisser continuer les aristocrates à chercher des solutions pour les miniers, alors qu'ils ne daignent même pas voir la dure réalité des choses ? Allez répandre en ville que nous sommes ici par la volonté du peuple, et qu'on ne nous achètera pas avec quelques miettes d'empathie. Et gardez-vous de demander du temps : le malheur n'en accorde jamais. »


Edouard avait serré les poings, doucement. Bien-sur, ce jeune homme avait le cœur débordant d'idées, et il vivait pour la rébellion. Il l'a défendrait coûte que coûte, et mourrait pour sa cause dans aucune hésitation. Le peuple ne devrait pas avoir peur du gouvernement... C'est le gouvernement qui devrait avoir peur du peuple.
Et bien-sur, Edouard se tue volontairement par la suite. Ulric voulait-il le faire parler ? Le faire se confier ? Il n'était pas assez crédule pour parler de sa tante et de ses camarades ouvertement. Peut-être que si la conversation avait prit une autre tournure, peut-être... Mais là, Ulric avait réveillé une nouvelle braise en ce jeune homme.
MessageSujet: Re: Duel de cape et d'épée ? Plutôt masque et d'épée...   Ven 16 Nov - 19:57

La conversation tournait en rond. Ni l’un, ni l’autre acceptait d’entendre l’autre alors qu’ils parlaient de la même chose, désirait la même chose. Ulric De Clèves était parvenu à animer une flamme nouvelle, un espoir peut-être, dans le cœur du Meneur. Ce feu qui n’était qu’une idée d’un espoir prenait des airs d’incendie. Ulric comprit qu’il avait commis une faute qui n’en était pas réellement une. Sa seule véritable erreur était d’avoir cru pouvoir dompter l’homme sous le masque, contenir sa rage, l’utiliser comme il l’entendait. Mais il était trop libre, trop furieux. Désormais il ne lui restait plus qu’une seule solution pour que rien ne change, que cette incendie ne se propage pas à travers la poudrière qu’était les faubourgs. Il devait tuer le Meneur. Qu’il en ait envie ou non, qu’il éprouve la même haine ou non, qu’il ait les mêmes souhaits ou non ne changeait rien. Il n’y avait pas d’alternative. Pourtant il se refusait de faire ce que sa raison, sa prudence lui dictait. C’était un choix illogique que de le laisser en vie, dangereux. Il le fit pourtant.

Ulric se disait, sans doute plus pour se rassurer que par réelle assurance, que l’heure n’était peut-être plus à la patience, qu’il était temps de lâcher la meute de chiens enragés. Des troubles d’envergures pourraient bien forcer la main de ceux qui avaient un véritable pouvoir sur la ville, qui pouvaient faire plus que menacer, solliciter des faveurs, corrompre et même paralyser la ville en se montrant si exigeant, si intolérant sur le commerce du métal que presque plus rien ne tournerait. Ce n’était plus un risque à prendre ou non. C’était une conséquence, non souhaitée, due non tant à ses mots qu’à l’indifférence séculaire. Même sa tentative de trouver un moyen de pression sur le Meneur avait été vaine. Il n’avait eu qu’une réponse trop incertaine. Le silence. Un silence qui en disait long, qui confirmait tout. Un silence que le Maître de la Forge ne pouvait qu’interpréter en espérant tomber juste. Le chantage ne servirait à rien. Il ne pouvait que se créer une armure de chair, faits des corps, des vies des proches les plus malades, les plus souffrants, du Meneur. Cette protection tiendrait-elle face à lui ? Lui garantirait-elle de ne pas tomber avec les autres nobles et bourgeois lorsque cette grande guerre rêvait et espérait par ces hommes, ces frères et sœurs qu’il ne regardait pas comme de simples hommes mais considérait comme les rouages de la ville, la source de sa force ? C’était possible. Il faudrait toutefois que dans l’excitation, dans l’engouement de violences qui viendrait l’on oublie qui était l’ami, qui était l’ennemi.

« Je suis né trop tard dans un monde trop vieux. » dit Ulric, un rictus ironique retroussant ses lèvres sous son foulard. Il ne se moquait pas du Meneur, il se riait de ce destin à l’air inéluctable contre lequel il se dressait depuis toujours. Il avait refusé d’abandonner la Forge, alors qu’il aurait pu être ministre, comme son frère. Pourquoi ? Un pouvoir plus grand ? Non. Ce n’était rien d’autre qu’un péché d’orgueil. Il avait refusé de l’admettre jusque-là mais se confronter à celui qu’il aurait pu devenir s’il n’avait croisé la route de Charles De Clèves l’avait obligé à réfléchir, reconsidérer sa vision des choses. Il avait aidé ou condamné les habitants du Centre, agrandi son pouvoir. Et pourquoi ? Ses actes avaient parfois sauvé des vies mais ce n’avait été qu’une manœuvre. Il se servait des gens et rien d’autres. Il n’écoutait leurs peines que pour les retourner contre eux.

Avait-il un jour était sincère ? Avait-il seulement écouté un jour les battements d’un cœur souffrant depuis qu’il avait abandonné tout espoir de bonheur ? Les questions venaient mais pas les réponses.  Le malheur n’accordait jamais de temps disait le Meneur. Il n’y connaissait rien. Il ne comprenait pas le Malheur profond, la Désolation de l’âme. Sous ce mot, il parlait de peine, de douleur, de tristesse, de souffrance, de misère. Ce n’était que des éléments du Malheur, des indices pour le déceler.

« Peut-être… Le temps ne fait que cultiver le Malheur après tout… »
répondit seulement Ulric, brutalement cynique. Il ne s’adressait pas au Meneur. Ce n’était destiné à personne si ce n’est au vent.

« Nous ne voyons pas les choses du même angle. Nous ne nous entendrons sans doute pas sur les détails mais n’est-ce pas l’idée qui compte pour s’entendre ? Avec ou sans moi vous comptez vous battre n’est-ce pas ? » demanda Ulric, par rhétorique. Il considérait comme une évidence que le Meneur soit de son avis cette fois. Il reprit presque aussitôt « Que vous faut-il ? ». La question était directe. Il ne pliait pas devant lui, pas vraiment. Il se résignait seulement à faire ce qui paraissait le plus dangereux et le plus efficace sur le moment. Peu après, une autre suivie.

« En attendant, même si cela n’est rien qu’un grain de sable dans le désert, n’oubliez pas que je puis offrir une chance à quelques âmes de quitter la mine en entrant à mon service. Je pensai m’en servir contre vous, si besoin était. Il semble que cela ne serve à rien. Nous nous ressemblons trop pour nous embarrasser de nos liens lorsque nos désirs commandent. Prenez au moins quelques instants pour y réfléchir, en discuter. Si cela peut vous éviter de commettre des idioties à cause de votre chagrin, ce sera déjà ça. ».

Il y avait de la résignation dans cette phrase. Ce n’était pas de l’altruisme, c’était toujours une façon de favoriser les chances de cette alliance probable. La fourberie qui se tenait derrière s’était éteinte, faute d’utilité.
MessageSujet: Re: Duel de cape et d'épée ? Plutôt masque et d'épée...   Sam 17 Nov - 10:20

Edouard avait réussi. Enfin... Ils avaient réussi à trouver un sorte d'accord. Le Maître de la forge était disposé à lui fournir des armes, pour ses camarades et lui-même.
Sous son masque, un légé sourire apparut, qu'Ulric ne pouvait pas voir bien-sur, cependant il pouvait le deviner, juste en regardant son œil briller d'une nouvelle lueur.
Ce n'était pas un sourire de victoire. Il n'avait pas l'impression d'avoir gagné un quelconque duel de pouvoir face à Ulric. Non, c'était un sourire d'espoir. Avec les armes, Ulric leur offrait, au meneur et à ses partisans, une réelle opportunité d'être entendu. Et ça, le jeune minier de l'oublierais pas.

« Avec ou sans armes, nous nous battrons. Mais je ne vous cache pas que votre aide serait une grande opportunité, pour nous. Nous pourrons prendre toutes les armes que vous accepterez bien de nous fournir, je conçois que c'est déjà beaucoup demandé.»

Il ne voulait pas être trop gourmand et commencer à établir une liste et exigé des choses. Ulric avait déjà accepté de lui venir en aide, et Edouard n'allait pas trop pousser la chose. Même si ce n'était qu'une dizaine d'armes, et bien, ce serait déjà toujours plus qu'ils n'avaient maintenant.
Recevoir l'aide d'un haut-placé était une aubaine. Bien-sur, ça ne remettait pas en question les ressentiments d'Edouard mais... il commençait à se dire que les gens vivant dans le luxe n'étaient peut-être pas forcément tous des pourritures, au final. Ulric en était la preuve.
Tout le long de leur conversation, Edouard lui avait témoigné un certain respect. Et maintenant que le forgeron venait de proposer son aide, le mineur le respecter d'avantage.

« Offrir une chance de quitter la mine... Monsieur, lorsque la rébellion sera vraiment enclenchée, il y aura plusieurs âmes à sauver oui. Les enfants, principalement. Beaucoup sont dans les rues, ayant perdu leurs parents. Eux, ils ne demandent rien, hormis de l'affection et un repas chaud. C'est aussi pour eux que je me bats, et que j'espère, nous nous battrons. »


Pas qu'Ulric se batte dans le sens ou il brandirait une arme, se joignant fièrement à son groupe et intégrant ses camarades, non, Edouard n'était pas assez sot pour croire ça. Mais le forgeron se battait à sa manière, du moins, c'est ce qu'il laissait entendre. Alors s'il pouvait tendre la main aux enfants...

« Mais faite attention, Monsieur. En aidant la rébellion, vous vous retournez contre la couronne. Vous n'avez rien à gagner en faisant ça, mais tout à perdre. Alors montrez-vous vigilent. »

Il était impossible pour le meneur d'accepter une quelconque aide, même extérieur et d'un noble, sans prévenir des dangers - qu'Ulric connaissait déjà certainement.
Il était trop altruiste pour ne pas donner ce conseil à cet « allié ». Maintenant, le minier portait un autre regard sur Ulric... celui qu'un potentiel révolutionnaire, celui d'un camarade. Et entre camarades, on se protège. Il avança alors, deux pas de plus, pour être vraiment face à cet homme.
Sans la lâcher des yeux, Edouard leva sa main qu'il tendit au Maître de la forge, comme pour sceller cette échange, cette solution qu'ils avaient trouvés.
Bien-sur, Edouard aurait pu simplement tourner les talons et disparaître dans le nuit mais... le respect qu'il avait pour Ulric De Clèves ne le permettait pas.
MessageSujet: Re: Duel de cape et d'épée ? Plutôt masque et d'épée...   Sam 17 Nov - 12:34

Le Meneur réagit de façon prévisible. Il était peut être pressé par le temps, désireux de mener à terme son combat mais il savait, lorsqu’il le fallait, se montrer raisonnable. Ulric n’y vit pas une véritable victoire, plutôt une avancée, un premier point positif. Il y avait quelque chose de nouveau dans l’œil du révolutionnaire. C’était un nouvel espoir. C’était un respect nouveau, différent de l’ancien. Ulric n’était plus le simple Maître de la Forge, craint pour le danger qu’il représentait, apprécié pour l’aide qu’il prodiguait. Il n’était pas devenu un compagnon du Meneur, un révolutionnaire. Cela n’avait pas changé. La différence était qu’il prenait désormais l’apparence d’un allié.

« Des fusils, des poignards, des dagues, des épées ? Que préférez-vous ? C’est là ma question. Qu’est-ce qui vous serez le plus profitable ? Qu’est-ce qui servirait le plus à vos frères d’armes ? Choisissez selon leurs compétences. ». Ulric marqua une pause, offrant le temps au Meneur de réfléchir, voire de répondre brièvement avant qu’il ne reprenne la parole. « Pour la livraison… Il sera bon de trouver un contrebandier qui viendrait voler la caisse malencontreusement laissée sans surveillance. Le nombre dépendra de la taille des armes, le but étant d’éviter que cela ne se remarque de trop. La régularité des livraisons variera selon les circonstances. ». Il marqua une nouvelle pause dans son discours, écoutant la réponse du mineur à l’échappatoire à la mine qu’il faisait miroiter devant ses yeux.

« Lorsque la rébellion sera vraiment enclenchée ? Combien mourront pendant ce temps ? ». Une répartie sur le ton d’un étonnement froid, dénué d’émotions. Il avait repris volontairement l’idée du Meneur : la Mort ne laissait pas de temps pour frapper.

« Vous savez que je ne pourrais en sauver plus d’une poignée. Le choix sera difficile. Je ne puis prendre le risque de trop attirer l’attention, pas sans signer mon arrêt de mort. Il y a d’autres solutions pour améliorer la situation en attendant mais il me faudra au moins quelques jours pour les mettre en œuvre. ». Ulric envisageait notamment la possibilité d’investir de l’argent dans les faubourgs, tel un généreux mécène dans un artiste. La question était de savoir comment le faire et surtout si cela serait admis. L’argument selon lequel des mineurs en bonne santé seraient plus productifs et permettraient une amélioration de l’économie de Draümbell et par suite encore plus d’or pour la noblesse  avait une chance infime de passer. Avec des idiots orgueilleux et puants, la logique n’était jamais la meilleure façon d’obtenir des résultats. Il verrait toutefois comment tenter la chose.

« Au contraire, j’ai tout à gagner à vous aider. De toute façon, cela fait bien longtemps que je ne porte la couronne en mon cœur. Elle a brisé un joyau bien trop précieux pour que je ne puisse rester passif. Et n’ayez crainte, je prends toutes les précautions nécessaires et ce depuis toujours. ». Sa voix s’était faite assurée, dévoilant sa détermination. Le Meneur lui tendait désormais la main, façon de sceller leur pacte, montrer une nouvelle fois du respect envers le Maître de la Forge. Alors ce dernier serra la main, captant le regard de l’homme au passage. Cette fois sa voix se fit commandement. Ce n’était pas une demande, mais un ordre, une condition à laquelle le Meneur ne pourrait échapper.

« Je ne vous demanderai que très peu en retour. Soyez discret. Ne mourrez pas par orgueil, pour faire un exemple car vous nuirez plus à votre cause que vous ne la ferez avancer. Et surtout… Ne prenez ni la vie d’Agnes Von Rosen, ni de Lukàs Von Rosen ni de Lüwen. Pour l’heure, ils nous seront plus utile vivants que morts.  Attentez à leur vie sans la prendre si besoin, ne les blessez que légèrement. Il nous faut garder quelques barrières entre nous et la reine. Ces trois-là ne sont pas les plus simples à manipuler mais au moins j’ai eu le temps de les connaître, de les comprendre. Je n’en dirais pas autant de toutes ses raclures auxquels il me faut sourire. ».

Il espérait sincèrement que le Meneur accepte ses exigences, et que s’il ne devait en retenir qu’une seule ce soit celle sur les vies à épargner. Son choix était motivé par les liens qu’il avait avec Agnes et Lüwen, par les propres nécessités de ses projets mais aussi par un pragmatisme pur et simple : même si aucune relation n’était fiable, ces trois-là pourraient bien se montrer les moins fermés d’esprits. Le pari était risqué, incertain. Il avait lancé un dé sans en connaître les faces à l’avance.

MessageSujet: Re: Duel de cape et d'épée ? Plutôt masque et d'épée...   Sam 17 Nov - 13:46

Le choix des armes était une question difficile. Ils n'étaient que des mineurs, apprentis soldats, sans aucunes expériences. Bien entendu, certains savaient manier la dague - comme lui même d'ailleurs - mais personne à sa connaissance n'avaient déjà posées les mains sur une arme à feu. Et pourtant, des fusils seraient bien utiles, si la guerre venait à éclater.
Le meneur réfléchissait à vive allure. Oui, il faudrait un peu de toutes ses choses, et surtout, il faudrait jouer sur la discrétion pour les récupérer. Et pour ça, il faudrait quelqu'un de confiance, un contrebandier prudent, et qui ne risquerait pas de fuir avec les armes, pour les revendre. Axel Rosebury semblait l'homme idéal pour cette mission, et le meneur en parlerait à Morgan, pour qu'il lui dise quoi faire le moment venu.

« Nous prendrons tout ce que vous pouvez offrir, Monsieur. Armes à feu, dagues, épées. Mes camarades apprendront à s'en servir. Même si les armes blanches sont plus discrètes, il est évident que nous ne pourrons pas nous passer de fusils. Et pour ce qui est de récupérer la marchandise, j'en fais mon affaire. Il vous suffira de me faire parvenir l'emplacement de la caisse. »

Edouard n'allait pas laisser le Maître de la forge organiser lui même le vole de ses affaires. Déjà, car ce serait dangereux, et puis les miniers étaient ceux qui avaient le plus à faire aux contrebandiers, alors le choix était vite fait.
Le ton froid d'Ulric De Clèves n'était pas surprenant. Bien sur que tous ne pourront être sauvés... Mais une révolution, c'est aussi ça. Malheureusement, il y aura des morts, beaucoup. Hommes, femmes, enfants... personnes ne sera à l'abris. Mais sauver une poignet de miniers est déjà plus que de n'en sauver aucuns. Mais comment choisir, ceux qui seront sauver ? Edouard serait-il capable de piocher lui-même dans les enfants, et de choisir leurs destins ? Heureusement, ce ne serait pas pour demain, et il aurait le temps de trouver une solution... du moins, c'est ce qu'il espérait.

« Je me doute qu'il vous faudra quelques jours pour vous organiser. Il faut également du temps à la rébellion pour se préparer. Même si vous ne sauver qu'une poignet d'enfants, Monsieur, c'est déjà l'espoir d'une nouvelle vie que vous offrez pour ces quelques chanceux. »

Les exigences du forgeron étaient intelligentes, censées, et possibles à accepter. Néanmoins, certains points ne trouveraient que validation le moment venu. Il ne pouvait pas promettre d'épargner les trois nobles, car il avait beau être le chef de la rébellion, il n'était pas le meneur du libre arbitre et de la volonté de ses camarades. Mais, dans son optique de révolte, les nobles qui se repentiront auraient certainement la vie sauve. La rébellion ne tue pas pour voir su sang couler, mais pour voir ses idées avancer. Alors, si les deux héritiers et le ministre n'étaient pas des opposants directs et qu'ils pliaient le genoux, ils seraient épargnés.
Edouard ne pouvait pas non plus promettre de rester discret et silencieux face à l'injustice. Ce qui pouvait paraitre pour de l’orgueil pour certain, n'était autre que du courage pour lui. S'il le fallait, il se dresserait seul devant des milliers de personnes pour clamer haut et fort son vent révolutionnaire.

« Je verrais ce que je peux faire. Mais comprenez que même si je suis le meneur, je ne suis pas le maître de mes camarades. Nous faisons naître ensemble nos idées et notre volonté, mais ils sont libres de leurs actes. Mais, oui, je ferais en sorte que les nobles n'étant pas de fervents opposants à la révolutions soient épargnés. »


Lorsque les deux mains des hommes entrèrent en contact, Edouard fit une légère pression sur celle de son « invité ». Pas pour montrer qu'il était supérieure ou qu'il le tenait à l’œil non. Pour montrer, qu'au contraire, il n'avait pas peur. Les deux avaient un marché, et Edouard lui en était reconnaissant de se battre - à sa manière - pour son peuple. Ce Ulric De Clèves ne serait certainement jamais un ami, mais pour Edouard, il était un grand homme.
MessageSujet: Re: Duel de cape et d'épée ? Plutôt masque et d'épée...   Sam 17 Nov - 16:19

Ce qu’il pouvait offrir n’était pas la question. Les armes blanches étaient plus discrètes, préférables donc. Les armes à feu plus utiles dans un conflit ouvert. Il était clair qu’il n’avait que peu de connaissance dans le domaine de l’armement, sans doute encore moins dans celui des combats rangés. Il ne devait connaître des affrontements que ceux qui éclataient entre mineurs et des mouvements de révoltes contre la police de la cité ou la milice qui ne se soldaient jamais à bon compte pour les petites gens. L’écart de force avait toujours été en la faveur de la couronne, jamais des opprimés. Ulric dissimula le rire ironique qui montait en lui en entendant le Meneur dire que ses camarades apprendraient à se servir des armes. Il doutait qu’il y ait un seul véritable combattant dans les mines, un seul capable de former cette foule d’imbéciles prête à donner sa vie pour un peu de liberté. L’avantage d’avoir dû apprendre et maîtriser les rites et bassesse de la noblesse fut de dissimuler ce sentiment sous un sourire d’acquiescement, invisible sous le tissu noir, un regard impassible qui ne disait qu’une chose : il tiendrait parole. Au Meneur de tenir la sienne et trouver la meilleure façon de faire l’échange. Ulric ne pouvait nier que des deux c’était bien ce dernier qui connaissait le mieux les milieux clandestins.

« Une poignée d’enfants, quelques adultes. Même une personne d’un âge avancé mérite d’être sauvée, ne serait-ce que pour assurer l’existence de ces enfants. Soyez conscient qu’il faudra que l’on s’occupe d’eux, que quelqu’un travail pour eux ou ils devront travailler dans un lieu tout aussi dangereux que les mines. Les hauts fourneaux sont meurtriers et je ne saurais les envoyer dans les mains d’un quelconque nanti qui s’empresserait de les changer irrémédiablement. » lui répondit Ulric. Il préférait éviter d’envoyer des enfants aux forges, là où leurs petites tailles pouvaient être un atout mais où leurs vies seraient en danger. Toutefois, s’il le devait, s’il n’y avait aucune autre alternative qui ne soit pas moins malheureuse, il le ferait. Un enfant à charge d’un serviteur était ô combien plus préférable.

Il n’y avait donc plus qu’un point à bien faire entrer dans la caboche révoltée mais il avait autant de chance d’être entendu qu’un violoniste l’avait d’être félicité pour son interprétation mélodieuse par une bande de sourds : les raisons officielles -devant le Meneur du moins- qui le poussaient à exiger que l’on épargne certaines personnes.

« Je ne vous dis pas de les épargner parce qu’ils feront amande honorable, ou ne seront opposés à la révolution. Sans eux, je perds un précieux bouclier. Il m’est difficile de les considérer ainsi, alors que j’ai appris à les connaître, les apprécier et les respecter mais j’ai besoin des trois. S’il le faut, pour garantir ma position et permettre à cette alliance de perdurer, je les défendrai et tuerai vos hommes, sans la moindre hésitation. J’espère que vous comprendrez ma position. Je perdrai ma position et vous mon aide si je laissai faire. Ne me demandez pas de détourner le regard, je ne le ferai pas. ». Sa demande s’était faite insistante. Ulric désirait être certain de bien être compris. Il n’était pas tout à fait honnête mais seuls ceux qui le connaissait vraiment aurait su qu’il mentait en disant qu’il appréciait et respecter les trois nobles. Il n’aimait pas Lukàs, trop frivole à son goût. Il ne savait jamais trop ce qu’il avait derrière la tête. Il devrait envisager une discussion avec lui, un de ces jours. Les années passées pourraient bien lui offrir une meilleure perspective du libertin. « Mais je comprendrais que vous ne puissiez maîtriser tout un chacun. Je ne le peux moi-même pas. Je suppose que vous ne crierez pas sur les toits mon nom d’ailleurs… En attendant que je vous donne une raison connue de tous pour louer mes mérites et m’épargner, agissez comme si vous ne sachiez rien de moi. ».

L’entrevue touchait à sa fin et Ulric De Clèves n’avez rien dit de plus que ce qu’il avait déjà laissé entendre. Il n’y était revenu que par précaution ou préciser certains points qu’il avait jugé trop obscur. A présent il lui fallait rentrer chez lui, réfléchir, dresser des plans… Il attendrait toutefois que le Meneur ne s’éloigne, n’est plus de demandes ou de questions à formuler ou qu’un individu n’approche d’eux ; dans ce dernier cas, il fuirait les lieux comme la peste, et si possible, il éliminera la menace qui aurait pu l’apercevoir ou l’entendre.

MessageSujet: Re: Duel de cape et d'épée ? Plutôt masque et d'épée...   Sam 17 Nov - 17:17

Enfants, adultes, femmes ou hommes... N'importe qui ici méritait une seconde chance, une autre vie. Et si Ulric De Clèves était en mesure d'offrir cet espoir à quelques personnes, alors Edouard ne devait pas laisser passer cette occasion. Bien-sur, il ne s'attendait pas à ce que le forgeron offre une vie de luxe aux quelques futures rescapés, mais au moins, ces personnes-là n'auraient plus à se soucier de ne pas pouvoir manger à leur faim, de mourir de froid, ou autre.

« J'ai bien conscience de tout ça. Nous trouverons une solution. » Que pouvait-il bien dire d'autre ? Ulric avait raison sur ce point. Même si leur vie serait améliorée, elle resterait compliquée.
Dans l'idéal, Edouard aurait aimé que tous les habitants des faubourgs se joignent à la rébellion, et qu'ensemble, mains dans la mains, ils viennent à bout de la royauté. Mais il y avait bien des gens qui ne s’intéressaient pas à sa révolte, et qui même la trouvait stupide et dangereuse. Mais ces personnes-la méritaient-t-elles de mourir parce qu'elles ne souhaitaient pas le rejoindre ? Non, bien-sur que non. Alors, pour ces personnes là, Ulric rentrerait en jeu.

La menace du Maître de la forge était claire. Il tenait à ses nobles, et la condition pour les armes était de les épargner. Sinon... Et bien, Ulric De Clèves n'hésiterait pas à retourner sa force contre la révolution. Et ça, ce n'était pas envisageable pour le meneur. Le forgeron était un atout puissant dans sa quête de justice. Il se contenta alors d'hocher la tête de haut en bas, pour lui montrer qu'il avait comprit. Il ne répondrait pas à la menace, mais de toute façon, il lui avait déjà exposé les faits : de son côté, il tacherait de s'en souvenir et de laisser ses trois bourgeois hors de ça - sauf s'ils s'attaquent personnellement à la rébellion. En revanche, il ne pourrait rien promettre pour ses camarades. Éteindre la flamme d'un révolutionnaire était impossible, et rien n'arrête un peuple en colère.
Le minier se recula alors de quelques pas, prêt à faire demi-tour. L'échange était terminé. Un compromit avait été trouvé, et une nouvelle ère pour la révolution allait commencer.
Tournant les talons, Edouard pencha alors sa tête sur le côté, pour regarder une dernière fois l'homme avant de s'en aller dans l'obscurité.

« Bienvenu parmi nous, Monsieur. » Qu'il le veuille ou non, Ulric, fournissant des armes et permettant ainsi aux mineurs de se battre, avait mit un pied dans la bataille pour la révolution.
Et sur cette dernière réplique, le meneur se tourna intégralement, présentant maintenant son dos à son allié d'une nuit, d'une révolution. Bien-sur, là, à cet instant, Ulric aurait eu tout le loisir de poignarder Edouard dans le dos. Mais le meneur prenait le risque. En le quittant du regard, il lui montrait ainsi qu'il lui avait donné sa confiance.
Et, au bout de quelques secondes, au détours d'une ruelle, le meneur quitta la place centrale, passant par les souterrains.
Après s'être assuré d'être complètement seul, il retira alors son masque, redevant un mineur comme les autres.
En marchant à travers les galeries, Edouard ne cessait de repenser à cette rencontre si surprenante. Lui, il n'était qu'un gamin des mines. Et Ulric, un homme de pouvoir. Et pourtant, les deux avaient le même but. Les deux avaient franchis les frontières, laissant planer sur la place centrale un vent d'espoir, de rébellion, et de liberté.
MessageSujet: Re: Duel de cape et d'épée ? Plutôt masque et d'épée...   Sam 17 Nov - 18:20

L’accord était conclu. Il n’y avait plus rien à dire. Il n’y avait plus qu’à attendre, réfléchir et agir. C’était l’heure des adieux. Les deux hommes devaient maintenant regagner leur monde respectif. Le Meneur retrouverait le charbon et le Saltz, la faim et la maladie, la tristesse et la souffrance. Le Maître de la Forge retrouverait le fer et l’or, la luxure et l’air pur, la solitude et le mensonge. Les maux n’étaient pas les mêmes mais leur joie de les retrouver seraient la même. Au moins avaient-ils la  satisfaction d’avoir avancé dans leurs souhaits partagés pour Draümbell. L’un avait eu ses armes, l’autre avait eu quelques semblants de garanties. Ce n’était pas parfait. Il y avait encore beaucoup à faire mais c’était déjà bien.

Ulric ne montra aucune réaction lorsque le Meneur lui souhaita le bienvenu dans la rébellion. C’était un fait. En les aidant, il se rebellait. Qu’importe les buts derrière tout cela. A son procès l’on se moquerait bien de ce qu’il avait espéré accomplir. S’il était victorieux, il serait un héros. S’il échouait il serait un traitre. Il était peu probable qu’on lui offrirait une chance de vivre, dans les mines ou en exil. Il périrait, sous la torture, sous la lame du bourreau et personne ne ferait rien pour lui. Mais il ne craignait ni la mort ni la souffrance. Ulric ne répondit rien, le silence valait tous les mots.

Le Meneur disparaissait désormais dans les ombres de Sältzburg, tournant le dos à un homme qui aurait pu aisément le poignarder et qui se contenta de prendre sa propre route, gagner un autre point de passage pour retrouver la quiétude du centre et, quelques heures plus tard, la chaleur d’un lit douillet. Malgré sa conversation, il ne renoncerait pas à son confort. Il avait un rôle à tenir et il ne voyait pas pourquoi se priver de son succès pour une simple idée. Il était le riche marchand combattant pour les pauvres âmes et non l’une de ses âmes malheureuses.

De retour chez lui, Ulric se rendit dans sa chambre, retira ses habits et se coucha. Ce n’avait été rien de plus qu’une journée comme de nombreuses d’autres, longue et éprouvante. Il avait échangé des mots, conclut des accords qu’il lui faudrait honorer. Il pouvait bien prendre un peu de repos avant le lever du soleil.



FIN
MessageSujet: Re: Duel de cape et d'épée ? Plutôt masque et d'épée...   Sam 17 Nov - 21:37

Fin de rp




Lorsque deux univers se rencontrent deux choses peuvent arriver : la confrontation ou l'alliance. Le Maître de la Forge et l’Âme de la Rébellion ont trouvé un compromis : l'un a des armes, l'autre des perspectives.

Mais où les mènera cet accord ? Vers le salut ou vers la mort ?
L'horloge tourne et le feu s'embrase, attisé par un expert.

Dans l'Ombre le Maître sourit.


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MessageSujet: Re: Duel de cape et d'épée ? Plutôt masque et d'épée...   

 
Duel de cape et d'épée ? Plutôt masque et d'épée...
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