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 Sous le doux miel se cachent de cruels poisons.

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MessageSujet: Sous le doux miel se cachent de cruels poisons.   Mer 17 Oct - 6:24

Citation :
Chère Iskeann,
Vous trouverez ci-joint à cette missive un billet vous réservant une place au balcon royal pour assister à la dernière composition d'Ulrich Klein.
J'ai pris soin de faire vérifier votre emploi du temps et je sais par ailleurs qu'une femme de savoir telle que vous ne peut qu'apprécier le travail du chef d'orchestre le plus prolifique de notre temps, aussi compté-je sur vous pour vous libérer dans l'éventualité où mes informations seraient erronées.
Je mets à votre disposition mes ressources et ma suivante - celle accompagnant cette lettre, elle se prénomme Lucia et il lui a été demandé de considérer vos exigences comme si elles étaient les miennes. Ainsi armée de ses conseils, je ne doute pas que vous saurez trouver les apparats adéquats pour apparaître à mes côtés.
Je ne saurais trouver les mots suffisants pour vous exprimer convenablement l'ardeur de mon impatience et en attendant notre rencontre, Iskeann, je vous transmets mes plus sincères amitiés.

Agnes Von Rosen.

On pouvait, à bien des égards, se demander si l'invitation laissait réellement le choix à sa destinataire - et malgré ça, le nez distraitement levé vers les gravures du plafond de l'opéra, Agnes s'interrogeait : n'avait-elle justement pas trop laissé la place à un éventuel refus ?
Il était rare que l'héritière propose et une humble historienne de Draümbell ne faisait pas partie des rares privilégiés qui pouvaient se le voir offrir. Néanmoins, elle savait voiler ses ordres et possédait un doigté certain avec les mots : ses doutes, de ce fait, reposaient essentiellement sur les qualités de son invitée dont elle ignorait tout, sinon le métier.
La dame, après tout, côtoyait la haute ville. Elle se devait d'avoir des notions de langage assez soutenues.

Comme pour répondre à ses interrogations, elle entendit la porte de la loge s'ouvrir derrière elle. De là où elle se trouvait, Agnes pouvait surplomber tout le théâtre mais surtout la scène et c'était un balcon que seule sa famille et les ministres pouvaient avoir la stature de fréquenter.
Dans une moindre mesure, la liste d'attente incluait les invités de ces personnalités susnommées : les rumeurs racontaient que Lùkas y invitait des conquêtes ; sa sœur, elle, préférait de son côté y tenir des entrevues auxquelles elle savait que personne ne pouvait prêter d'oreilles.
La bouche de Lucia s'approcha de la sienne - d'oreille - et lui souffla que son invitée était arrivée. D'un hochement de tête, Agnes l'autorisa à la faire rentrer.

Sans même se retourner, elle désigna le fauteuil qui se trouvait à côté d'elle d'un mouvement de bras élégant, accompagné du cliquetis discrets des bracelets qu'elle avait accordés à sa tenue - savamment étudiée, comme toujours. Si Iskeann ne pouvait encore que deviner sa silhouette, sans doute comprendrait-elle l'injonction que l'héritière lui destinait alors.
« Bonsoir, Iskeann. » Un sourire se devinait dans sa voix douce, à peine haussée pour outrepasser le brouhaha de la salle se remplissant peu à peu et dont les sonorités commençaient à remonter jusqu'à elles. « J'ai pris la liberté de faire monter une bouteille d'hypocras. J'espère que vous buvez de l'alcool. Lucia, verse-nous des verres pendant que notre amie s'installe, puis tu pourras nous laisser. »
MessageSujet: // Navrée pour l'immense retard //   Lun 26 Nov - 18:50

°*°

J’avais été quelque peu surprise en découvrant la teneur de l'impromptue missive émanant d’Agnès Von Rosen en personne. Une invitation à un concert habituellement réservé à une certaine élite de la noblesse ? Pourquoi moi ?

Puis j’avais légèrement froncé les sourcils en lisant sa deuxième phrase. Ainsi, l’Héritière avait même « pris le soin de faire vérifier » mon emploi du temps aux fins de s’entretenir avec moi ? Curieuse manière de procéder mais qui, dans l’absolu, ne m’étonnait pas trop de la part de quelqu’un à qui l’on devait rarement refuser quelque chose.

Donc une « invitation » qui s’apparentait bien davantage à une «convocation » malgré les termes employés... Soit. Je saurais, je le supposais, bien assez tôt de quoi il en retournait exactement mais je devais bien reconnaître que ma curiosité était piquée.

Conformément aux consignes fournies, accompagnée d’ailleurs par la jeune Lucia pour ne pas la mettre en porte-à-faux, je m’empressai de revêtir un vêtement plus adapté aux circonstances – une simple mais élégante robe de taffetas pourpre agrémentée d’un classique collier de perles suffirait toutefois, je n’avais pas la prétention de ressembler à une pompeuse bourgeoise non plus - et me laissai guider jusqu’à l’intérieur du théâtre puisque telle était la mission de la servante diligentée.

Autorisée à pénétrer dans l’antre réservé, je m’avançai vers le siège que mon hôtesse venait de me désigner d’un mouvement de la main pour y prendre tranquillement place.

« Bonjour, dame Von Rosen », répondis-je respectueusement alors qu’elle m’adressait la parole. « Enchantée de vous rencontrer. Je vous suis gré d’ailleurs pour votre... invitation en ce lieu. Avoir le privilège d’assister à une représentation d’Ulrich Klein est un plaisir et un honneur », ajoutai-je, sincèrement reconnaissante de me retrouver inopinément aux premières loges pour écouter la dernière œuvre d’un compositeur aussi talentueux.

Si tant était que le motif pour lequel j’avais été conviée à me présenter m’en laissait l’opportunité. Ce dont il m’était permis de douter.

Je secouai légèrement la tête alors qu’elle demandait à servante de nous servir deux verres d’hypocras.

« Je vous remercie mais je ne bois pas d’alcool. Un verre d’eau me conviendra tout autant, précisai-je avec franchise à mon interlocutrice blonde.

Il me restait plus qu’à patienter jusqu’à ce que la véritable raison d’être de cette « invitation » me soit dévoilée.

°*°
MessageSujet: Re: Sous le doux miel se cachent de cruels poisons.   Mar 27 Nov - 5:08

Le moins que l'on puisse dire, c'est que son interlocutrice sut très vite faire preuve de traits de caractère qui n'étaient pas sans plaire à Agnes. Beaucoup se seraient laissé servir ce verre sans oser donner de contre-ordre aux velléités de l'héritière, quitte à ne jamais y toucher. C'était sans doute présomptueux d'Agnes d'assumer la suite sans preuve plus tangible, mais quelque chose lui disait que l'historienne n'hésiterait alors sans doute pas à lui répondre sans détour si le besoin s'en faisait sentir.
Bien.
L'objectif n'était pas de se lier d'amitié avec elle mais si Iskeann s'avérait être d'une compagnie agréable en plus d’éventuellement être utile à sa curiosité - entre autre - la soirée pouvait se révéler plus agréable que prévu pour l'une comme pour l'autre.
D'un signe de tête entendu, Agnes fit comprendre à Lucia de suivre les directives de son hôte et sa suivante s'exécuta, partageant son service entre l'hypocras et la carafe d'eau avant de les laisser seules, non sans les saluer d'une révérence au préalable.

« Je vous en prie, appelez-moi Agnes. J'espère que vous ne voyez pas d'impolitesse à ce que je vous appelle Iskeann de mon côté. » Une fois encore, c'était moins une question qu'une exigence voilée, mais maintenant qu'elles se faisaient face, Agnes pouvait agrémenter ses mots d'un sourire affable et de l'expression innocemment douce qui lui permettaient bien souvent de récolter ce qu'elle désirait. En outre, cela rendait ses propos bien moins froids et impersonnels qu'à l'écrit : il semblait plus simple de lui opposer un refus dans ces circonstances.
Et Agnes avait la bienséance en très haute estime ;  si elle n'avait pas tellement l'habitude qu'on lui refuse quoi que ce soit, elle respecterait les désirs de l'érudite.
« C'est moi qui vous remercie d'avoir accepté mon invitation. Je m'excuse d'avoir été si pressante et si je vous ai pris au dépourvu : l'occasion s'est présentée et je trouvais le moment adéquat. »

Elle eut l'air honnêtement contrite ce disant, aussi bien dans son expression que dans son langage corporel. Ce faisant, elle jaugeait les réactions de sa vis-à-vis pour mieux pouvoir la cerner, définir la meilleure des marches à suivre : elle n'avait pas pour objectif de lui mentir ou de la manipuler plus que nécessaire, mais Agnes avait un rôle à tenir et il était essentiel qu'on l'apprécie. Ou tout du moins qu'elle soit parfaitement irréprochable aux yeux de tout un chacun ; il était alors nécessaire qu'elle cherche à définir les qualités que son interlocutrice semblait valoriser chez autrui.
Mais tout ceci était un processus parfaitement inconscient, un mécanisme bien mal acquis et Agnes prit le temps de boire une gorgée de son verre tandis que les lumières de la salle se tamisaient peu à peu au profit de celles de la scène.
Ce qui était plus volontaire, néanmoins, c'est d'avoir achevé sa phrase sur le mot adéquat sans préciser exactement ce qui l'était.

« Ce que je vous propose, Iskeann, c'est d'apprécier la musique à votre convenance. Mettez-vous à l'aise, goûtez à ces pâtisseries, profitez du moment. » Agnes désigna d'un mouvement de main chaque élément au moment où elle l'évoqua : la scène, le plateau à étages posé sur la petite table devant elles, le théâtre dont les reliures du décor semblaient s'animer dans la pénombre. « Lorsque vous serez prête à évoquer la raison pour laquelle je vous ai invitée, alors nous parlerons. Vous êtes mon hôte et, en cela, c'est désormais à moi d'être à votre disposition. » Elle lui glissa un dernier sourire aimable et, fidèle à sa parole, retomba dans le silence en détournant son regard vers l'orchestre.
MessageSujet: Re: Sous le doux miel se cachent de cruels poisons.   Ven 30 Nov - 14:08

°*°

Je n’avais toujours aucune idée de ce qu’attendait de moi celle qui m’avait invitée à partager son balcon. Ce qui était surprenant, c’était qu’Agnès Von Rosen juge opportun de prolonger un certain suspense jusqu’au moment où je m’estimerais « prête » à briser cette attente. Étrange manière d’en reporter la responsabilité sur mes épaules d’ailleurs. Je me retins d’arquer un sourcil perplexe en entendant sa « justification ». Ainsi, elle était à ma disposition ? La teneur de son message laissait cependant présager le contraire.

Mais soit. Après tout, c’était elle qui m’avait conviée en ce lieu et puisqu’elle me proposait si aimablement de profiter de cet intermède musical ô combien apaisant, je n’avais nul intérêt de l’écourter. Et c’eut été que manquer de respect au travail d’Ulrich Klein que de converser alors qu’il nous offrait son art avec autant de talent.

Si Agnès Von Rosen n’était pas pressée, moi non plus. Plus maintenant du moins puisque le fil de ma soirée avait été modifié dès la réception de son invitation.

J’avais tout de même remercié Lucia par un sourire tandis qu’elle était revenue avec une carafe d’eau et opiné du chef quand mon hôtesse m’avait demandée de l’appeler « Agnès » tout simplement.

Conservant alors le silence, je posai mon regard sur la scène et les musiciens, me laissant porter par la mélodie et appréciant ces moments où les notes nous menaient vers d’autres chemins. Il y aurait certainement un entracte. J’aviserais alors.

°*°
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MessageSujet: Re: Sous le doux miel se cachent de cruels poisons.   

 
Sous le doux miel se cachent de cruels poisons.
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